26 janvier 2015

Valons-nous vraiment ce que nous gagnons ?

Rare sont les entreprises qui, hors information aux actionnaires, publient la rémunération de leurs dirigeants.
Exemple celle-ci :
http://www.fortuneo.fr/fr/actualites/-/397410/cgg-veritas-d-eacute-tails-sur-les-r-eacute-mun-eacute-rations-des-dirigeants-.jsp

CGG VERITAS (ex GEOPHYSIQUE) est une entreprise de "bonne" taille (compartiment A), mais reste encore loin des plus importantes (en France du moins) et n'est pas cotée au CAC40 (40 plus importantes entreprises Françaises de par leur capitalisation boursière).

Comme tout le monde s'en doute, la rémunération d'un dirigeant est généralement proportionnelle à la taille de "son" entreprise (CA ou autre paramètre lié), beaucoup moins souvent à ses résultats et encore moins à son endettement. Cet exemple de rémunération n'est donc pas exceptionnel, loin s'en faut, la moyenne annuelle dépassant très largement 2 à 5 millions d'euros par an pour un dirigeant d'une entreprise du CAC, qu'elle "gagne" ou "perde" (dernier exp : Patricia RUSSO, pdg d'Alcatel, rémunérée 1.8 M€/an + prime de départ et quelques millions d'euros de stock-options, alors que depuis son plus haut et pendant son mandat, le titre de la société a dévissé de plus de 98% !) . 

Pour Mr BRUNCK, pdg de CGG VERITAS, nous disions donc 526.840 € fixe + 687.230 € variable, soit un salaire annuel (donnant bien sûr droit aux ASSEDIC à proportion si il est licencié ou si l'entreprise coule) d'un million deux cent mille euros (100.000 €/mois). Si on le vire, il percevra une indemnité supplémentaire de 200% de cette rémunération. A ce salaire, s'ajoute 200.000 actions gratuites ("stocks-options") d'une valeur actuelle d'environ 10 € (le titre, dans ses plus bas historiques oscille entre 8 et 10), soit 2 millions d'euros.
http://www.zonebourse.com/CGG-VERITAS-4653/actualite/-13147859/

Sachant que l'action a déjà atteint plus de 45 €, on peut estimer sa valeur à environ 30 €. dans 5 ans quand il pourra en décider la vente. Valeur : 6 millions d'euros.   
Pour les dirigeants de plus grandes entreprises européennes vous pouvez multiplier ces rémunérations et avantages par 5 et 10 pour celles des USA.

Le PDG de 3M a été rémunéré 12,9 millions de dollars en 2008
Le PDG du groupe industriel 3M George Buckley a été rémunéré au total 12,9 millions de dollars en 2008, dont plus de 2,8 millions de dollars de primes de performance, selon un document de la société adressé aux actionnaires daté de mercredi.
Cette rémunération est le quadruple de celle attribuée au deuxième dirigeant le mieux payé, le directeur financier Patrick Campbell (3,9 millions).
Mais elle est en baisse de 25% par rapport à la rémunération de M. Buckley en 2007 (17,3 millions).
L'année 2008 a notamment été marquée pour 3M par une chute de 32% de la valeur de l'action, et un recul de 14% du bénéfice net à 3,5 milliards de dollars.
Le groupe avait annoncé début décembre la suppression de 1.800 emplois et des réorganisations sur 10 sites de production et administratifs à travers le monde, mesures devant permettre 225 millions de dollars d'économies en 2009.
Des négociations difficiles sur les réductions d'effectifs prévues sur le site français de 3M-Santé à Pithiviers (centre de la France) ont entraîné la séquestration d'un cadre-dirigeant du groupe durant une journée et demie, entre mardi et jeudi.
L'action 3M gagnait 3,67% à 50,82 dollars jeudi à 17h45 GMT à la Bourse de New York.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=42d895f43879c70b74201f208a3f0630

Société Générale : 1 million d'euros par an pour la retraite de Daniel Bouton
La Tribune.fr - 30/03/2009
.../... Daniel Bouton a par ailleurs conservé ses droits au régime surcomplémentaire de la retraite des cadres, selon l'Express.fr. Or, "à la date du 12 mai 2008, M. Bouton avait ainsi acquis des droits à pension à la charge de la Société Générale représentant 58,2% de sa rémunération au titre de 2007", laquelle s'élevait à 1.250.000 euros, indique le document de référence 2009.

http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20090330trib000361329/societe-generale-1-million-deuros-par-an-pour-la-retraite-de-daniel-bouton.html

J'avais noté un lien sur "la forte baisse de salaire des dirigeants d'UBS" (banque Suisse en difficulté). Rien que les montants "restants" à ces dirigeants maladroits donnaient une idée de l'échelle dans laquelle il faut se situer quand on parle de rémunérations à ces niveaux. Ce lien a disparu ... bien sûr ! Après le scandale des primes contractuelles pour les traders d'AIG (banque-assurance sauvée de la faillite par le contribuable américain à coups de milliards), on se fait de plus en plus discret sur les "hautes" rémunérations.

Dans une émission télévisée vue dernièrement, un économiste estimait qu'il était normal qu'un patron gagne 10 à 20 fois ce que gagne son employé, mais moins acceptable que ce soit plus. Les convives de l'émission, toutes tendances confondues, partageaient cet avis (tout comme moi, cela dit en passant).

La réalité est bien supérieure, et carrément astronomique quand on fait une comparaison de la "distribution des richesses" à l'échelle mondiale. Pour rappel, la poignée d'hommes les plus riches du monde gagnent en moyenne (à la louche) prés de 50 Millions de fois ce que gagnent les plus pauvres (pour eux, le smic est déjà un très très haut salaire).

Un homme peut-il valoir, par son travail, son intelligence et ses autres qualités, plusieurs millions de fois un autre ?
Si oui, je n'ai certainement pas tout compris.
Si non, c'est bien que contrairement à ce que nous ont appris nos parents et maîtres d'école quand nous étions petits, personne n'est rémunéré en fonction de son travail et de sa valeur, mais bien en fonction d'autres paramètres beaucoup moins volontaires (opportunités, chances, naissance, ...).

Cela dit (je me répète), je ne suis pas jaloux et loin d'en vouloir à ces messieurs (j'en ferais et en profiterais tout autant), mais ne fait que montrer du doigt un système qui le permet. C'est aussi ma façon d'exprimer mon exaspération sur les "petites jalousies franchouillardes moyennes" qui se manifestent "entre voisins" (employés et cadres) pour des différences de rémunération qui n'ont rien à voir avec les proportions que je cite. Rien de nouveau sous le soleil : quand les "petits" se battent pour quelques miettes, les "grands" se régalent.

Méfions-nous des moralistes, des hypocrites et des imbéciles ("le travail c'est la santé", "nous n'avons que ce que nous méritons", "la valeur se juge à ce que l'on gagne").
Non non, je ne suis pas trotskiste, ni même de "gauche" (ou de "droite" d'ailleurs, cela n'ayant pas vraiment de sens pour moi).











25 janvier 2015

Richesses produites et partage, mécanisation et chômage

Il est peut-être temps de réviser et réadapter les vieux raisonnements ancestraux, qui aujourd’hui n’ont plus aucun sens.

On ne résoudra pas des problèmes nouveaux avec de vielles solutions. Le danger n’est pas dans la vitesse avec laquelle les choses changent (d’autant que c’est une marche que personne n’arrêtera), mais la rigidité d’esprit de ceux qui y participent, ne serait-ce par un simple vote.
Comme le disait une parlementaire Allemande, « il faut en finir avec cette idée fausse selon laquelle seul le travail rémunéré constitue une contribution méritoire à la société, alors qu’en réalité, c’est souvent exactement l’inverse ».
Vous n’êtes pas convaincu ? Pensez donc aux « bienfaits sociaux-économiques » apportés par les personnes les mieux rémunérées sur la planète, … qui seraient donc les plus « méritoires » ! … N’est-ce pas ?
Sans oublier toutes les personnes qui se dévouent à des tâches caritatives ou dans l’humanitaire international, avec comme seul « salaire », leur propre satisfaction (en plus de celle de ceux qu’ils aident).
A celui qui perçoit un revenu et qui estime qu’il n’a pas à cotiser pour celui « qui ne fout rien » (sans même chercher à savoir si la possibilité « de faire » lui est seulement offerte), j’ai toujours eu envie (et l’ai déjà fait) de lui demander d’aller au bout du raisonnement, au bout de sa logique. Celle-ci répond au concept que « tout ce qui est inutile doit disparaître » (citation de je ne sais plus qui). Les chômeurs et les retraités étant inutiles, il faut donc les faire disparaître (… rouvrir les camps de concentration ?).

Il n’échappera qu’aux plus demeurés que l’accès au travail est de nos jours une véritable course qui relève plus de la ruse et de la chance, que de la volonté. C’est le jeu des chaises musicales, avec quatre chaises et dix participants. La charité pour les malchanceux ou la solidarité de ceux qui comprennent qu’ils auraient pu se retrouver à leur place ?

Il y a cinquante ans on pouvait encore dire, et encore il fallait être sacrément égoïste, qu'un sans emploi n'avait que la part de richesse qu'il avait contribué à produire, c'est à dire rien ou presque. Dire la même chose aujourd’hui, reviendrait à reprocher à un Bangladeshi de crever de faim. Si quelqu'un ne mange pas à sa faim, c'est bien évidemment qu'il ne le peut pas. Cela tombe sous le sens. Et encore, on pourrait se poser la question de savoir s'il n'est pas volontairement privé de nourriture par quelques mains accaparantes au bord de l'indigestion.
A l'heure actuelle, le raisonnement devait être le même vis à vis d'un sans emploi (indemnisé ou pas). Tout comme celui qui a faim, le privé d'emploi l'est tout simplement parce qu'il y a pénurie en la matière. Il ne l'est pas par volonté ou par plaisir. Et personne, hors ceux qui n'ont rien compris ou vivent encore sur leur douillet nuage, ne peut sérieusement dire que l'on peut volontairement se contenter d'aides sociales pour vivre. D'abord parce qu'elles sont loin d'être suffisantes pour y arriver, et ensuite parce qu'il faudrait être sacrément masochiste pour s’en satisfaire, matériellement comme moralement.

Quant aux tricheurs, que ce soit en ce domaine ou dans d’autres, il y en aura toujours et ils ne constitueront toujours qu’une toute petite minorité, l’incontournable exception qui ne peut être un prétexte pour refuser de voir le principal. Même en Somalie il y a des tricheurs. Est-ce une raison pour refuser l’aide humanitaire au reste de la population ? Seuls ceux qui ont le vendre plein et pensent naïvement qu’ils n’auront jamais faim un jour, opposent la tricherie au devoir de solidarité. Seuls ceux qui en accaparent que les avantages, peuvent croire qu’un système social peut se concevoir sans solidarité. L’un ne va pas sans l’autre et il en est ainsi dans tous types de systèmes, même dans le règne animal.

Mais pourquoi une pénurie d'emplois ? Pensez-vous vraiment que ce soit une question de choix politique, en France ou ailleurs ? Ceux qui continueraient à le penser, auraient sans doute raté quelques épisodes de l'évolution humaine.
Qu'une entreprise ait remplacé 1000 ouvriers par une machine et 10 secrétaires par un ordinateur, le tout pour produire plus et mieux, personnellement je trouve cela génial. C'est un bien pour l'humanité et c'est bien le but profond de tous systèmes organisés. Toute « l’organisation humaine », depuis ses origines, tend à seul objectif : produire plus et mieux à moindre effort. La première tribu de l’histoire de l’homo sapiens a réparti le travail entre ses membres, selon qu’ils étaient plus ou moins doués pour la chasse, la pèche ou la culture, dans un objectif d’efficacité. Ce n’est que bien plus tard que cette répartition des tâches fut détournée par les plus forts pour s’accaparer une part plus importante des richesses produites. Il n’en reste pas moins que dans l’ordre des choses, l’organisation produit la richesse, et ce n’est qu’ensuite que celle-ci crée les castres. Supprimer la richesse pour supprimer la jalousie et l’injustice, serait bien sûr la plus stupide des solutions.

Avec une cadence d’automatisation exponentielle, une démographie en hausse et une population vieillissante, la proportion « actifs-inactifs » risque bien de passer de 4/10 aujourd’hui à 1/10 demain. Quant aux richesses produites, constamment en augmentation, elles seront largement suffisantes pour les dix.
Or aujourd’hui, emploi veut toujours dire revenu (mérité), ce qui revient à dire « droit à une part des richesses produites ». Est-ce à dire que tous ceux qui sont empêchés à cet accès emplois-richesses doivent en être privés, exclus ?

Une meilleure organisation est créatrice de plus de richesses. Nous ne pouvons que souhaiter qu’il en soit toujours ainsi, que notre société soit encore plus imaginative et qu’en émerge toujours plus de génies pour produire plus et mieux. Non seulement on ne pourra jamais arrêter ce progrès, mais en plus nous avons tout à gagner à ce que les avancées technologiques se multiplient. Tout cela pour notre confort et notre plaisir, en plus de pouvoir peut-être éradiquer des maladies, permettre aux plus démunis de manger à leur faim et d'avoir accès à l'eau potable. N'est-ce pas le but ?

Alors pourquoi, dans cette course à la mécanisation et à l'automatisation certaines personnes y voient  un mal ? Certainement parce que d'autres personnes continuent, à tort ou à dessein, à le leur faire croire. A leur faire croire que la valeur essentielle est "le travail". Un de ces quatre, ils vont déclencher "la guerre du travail". Ha pardon, on est déjà en plein dedans, quoiqu'il n'y ait pas encore de morts … quoique (suicides).
Non ! La valeur essentielle est la production et la richesse qu'elle génère. Que cette production soit assurée par des bras ou par des machines, n'est pas la question. Préférons qu'elle soit assurée par des machines, ce sera moins fatiguant pour les bras.

La vraie question est bien sûr : comment seront partagées les richesses produites ?

« Partage » ne veut pas dire « égal ». Que les plus méritants aient plus, tombe sous le sens. Mais que ceux qui ne peuvent avoir accès au système productif, faute d’emploi ou parce qu’ils en sont empêchés, n’aient rien ou presque, n’a rien de logique. Ou du moins, c’est la logique d’une minorité accaparante qui continue à justifier son accumulation de richesse du fait qu’elle soit la seule à conserver et à gérer, voire même à faire prospérer, mais qu'elle n'a pas créée de toute pièce car préexistante à elle, ce qui fait qu'elle n'en est pas la seule "propriétaire".


C’est le cas des richesses du sol, dans les pays très riches en ressources énergétiques ou minières (Iran, Congo, …), richesses naturelles qui ne sont exploitées et distribuées qu’à la seule petite minorité au pouvoir ou proche de lui, aux côté de laquelle tout un peuple meurt de faim du simple fait qu’il n’est pas autorisé « à participer », donc « à bénéficier » du produit de son sol.
C’est exactement la même chose pour une société hautement automatisée, la richesse n’étant pas celle de son sol, mais celle de son savoir accumulé au fil des siècles.

A l’heure du partage, les richesses du sol ou les avancées technologiques ne sont pas au mérite de quelques’ uns, mais de plusieurs et sur plusieurs générations. Il s’agit donc, ici aussi, d’une richesse commune appartenant à tout un peuple et non à la seule minorité exploitante du moment.

Dans un système ne permettant plus l’accès à l’emploi pour tous, avec une cadence d’automatisation exponentielle, une démographie en hausse et une population vieillissante, la proportion « actifs-inactifs » risque bien de passer de 4/10 aujourd’hui à 1/10 demain. Aucun régime politique ne pourra rien y faire, sauf à arrêter la marche du progrès. La bonne nouvelle, c’est que les richesses produites, constamment en augmentation, seront largement suffisantes pour les dix.

Si nous continuons à raisonner « travail = accès à la richesse produite » nous pourrions bien retourner au féodalisme, tel nombre de pays qui y sont encore, d'Afrique ou du moyen orient où seule une toute petite minorité de privilégiés nage dans l’opulence, alors que la majorité de la population meurt de faim.

Sincèrement, je pense que ceux qui ont le plus intérêt à faire perdurer le concept d’un partage de richesses produite entre « actifs-inactifs », selon un raisonnement dépassé et inadapté à notre époque, est la minorité accaparante qui cherche à cumuler « travail et richesses ». Tant que le bon peuple se déchire pour des questions d'emploi, les plus riches sont tranquilles. Et si cela ne suffit pas, ils pourront toujours agiter le spectre du collectivisme inopérant de l’ex-URSS. Enfermer la pensée humaine dans la peur et les stéréotypes, est la méthode habituelle des manipulateurs.

Crise ou pas, le constat est le même dans tous les pays depuis une trentaine d'années : une minorité d'être humains est de plus en plus riche, alors que la majorité s'appauvrit toujours plus. Personne de sensé ne conteste ce fait établi. Quoique j'en sois moins certain, les richesses mondiales produites auraient augmenté plus vite que la démographie. Ce qui semble sûr, c'est qu'elles n'ont pas diminuées.

Un petit film … pour mieux comprendre le film qui se déroule en ce moment même dans les sociétés occidentales. Un reportage en fait, proposant une solution réaliste, comparée et chiffrée, pour réconcilier les tenants de la juste récompense du travail et ceux du juste partage des richesses :http://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0
Je m’étends sur ce concept dans un autre post consacré au "revenu de base".

En attendant, bossez bien, tout en vous libérant des raisonnements préconçus, prémâchés.
« Se libérer du connu » est aussi un autre concept (de Krishnamurti), mais là c’est un peu plus long à développer (j’en ai déjà parlé par ailleurs et j’en reparlerai encore).

13 janvier 2015

De la bonne foi des imans

On pourrait légitimement douter de la totale bonne foi de certains imans quand ils affirmaient publiquement, à l’occasion de la grande manifestation du 11 Janvier 2015, leur attachement aux valeurs républicaines et laïques de la France et autres pays occidentaux qui ont choisi de faire passer les croyances et convictions religieuses de chacun au second plan, au rang de la philosophie.

Mais si personne ne commence à faire confiance à l’autre, on ne s’en sortira jamais.

Nous attendons d’eux qu’ils dénoncent l’intégrisme, non seulement publiquement (vis-à-vis de nous, l’écrasante majorité des laïques Européens, quelque soit la religion de baptême) mais surtout à l’intérieur de leur propre communauté, qu’ils participent avec nos institutions (services secrets notamment) à faire la chasse aux fanatiques, et ce non seulement en France, mais partout dans le monde.

Jusqu’à présent, de par leur silence, on ne savait pas trop ce qu’ils en pensaient. Aux dernières manifestations leur message semblait clair. Voyons s’il sera suivi d’effets, à savoir une réelle coopération avec nos institutions, une franche déradicalisation de leur prêche dans les mosquées et leurs médias (journaux, blogs, ...).

Si dans un deux ou trois ans, on constate toujours autant de jeunes de chez nous, en Occident, Europe et Amérique du Nord, partir faire le Djihad, c’est qu’il aura un problème, soit d’efficacité dans leur message, soit d’hypocrisie entre paroles et pensée.  

Ailleurs, dans les pays arabes ou en Afrique, la problématique est très différente. Les imans modérés d’Occident ne pourront rien faire pour arrêter la guerre de l’état islamique en Syrie et en Irak, s’agissant avant tout d’une guerre entres arabes, entre chiites et sunnites, d’influences géopolitiques (Pakistan par exemple) ou de simples guerres clans des pays où il n’y a plus d’État (Somalie par exemple), avec en toile de fond, en Afrique comme au moyen Orient, une dispute de pouvoir et de richesses locales (pétrole, eau et mines).

Je n’écarte pas une part de responsabilité des pays occidentaux dans ces conflits, pour des raisons économiques bien évidemment. C’est donc aussi à nous, citoyens de la République, de faire pression sur nos politiques pour qu’ils moralisent de façon contraignante les décideurs de nos hautes sphères de pouvoir, publiques et privées.

Je n’évacue pas non plus que nos interventions extérieures servent de prétexte aux salafistes pour embrigader au djihad de jeunes épris d’une naïve justice planétaire. Mais si nos médias, nos institutions et les imans font bien, chacun à leur façon, leur boulot d’information, l’engouement à l’islam radical devrait se tarir, devenir ultra marginal et sans influence, comme le sont tous groupuscules extrémistes dans le monde.

Au point où nous en sommes, nous avons tous, eux comme nous, tout à gagner à laisser les imans faire le ménage dans leur propre maison. Je suis persuadé que la grande majorité de cette « confession » (et comme les catholiques ou protestants, ils sont loin d’être tous pratiquants) a vraiment envie de vivre comme nous, de partager nos valeurs, démocratiques, républicaines et laïques.

 

« Wait and See » … !

 

@+

Jack 

11 janvier 2015

Ne ratez pas le tirage de CHARLIE HEBDO Mercredi 14 prochain !

... Non spécifiquement pour le lire, non parce que vous appréciez leur humour (personnellement je n’ai jamais été fan, ni de Charlie, ni de son prédécesseur Hara-Kiri, limite vulgaire et mauvais goût de mon point de vue), ... MAIS parce qu’il mérite de survivre justement en raison de son humour extrême qui est la preuve que nous vivons dans une société où la liberté d’expression est bien réelle (quant à l’humour extrême, il est parfaitement adapté pour répondre aux extrémismes de tous bords).
Également pour saluer le courage de ces journalistes-dessinateurs qui malgré les menaces, ont continué à s’exprimer comme ils l’entendaient, donnant la priorité à la libre expression sur leur propre vie (« la liberté ou la mort » comme le scandaient les révolutionnaires Français de 1790). 

Mais encore et surtout pour poursuivre cet élan massif et international de soutien, toutes confessions et opinions philosophiques ou politiques confondues, à nos valeurs républicaines, à notre attachement à la liberté de la presse, quelque soit-elle par définition, sans laquelle il n’y aurait pas de liberté tout court.

Ce message international, intercommunautaire, qui comme moi a du vous réchauffer le cœur, démontre à l’évidence que les fondamentalistes religieux ne sont qu’une infime minorité tapageuse et agissante. Minorité qui fait mal, certes, mais dont les idéaux ne rencontrent dans nos sociétés dites « modernes » qu’un écho insignifiant (quelques individus gravement instables, abrutis ou parfaitement inculte).

Les assassins que nous oublierons vite, ne sont que les petites mains, pour ne pas dire les « outils à usage unique » de bien plus intelligents qu’eux, poursuivant une stratégie beaucoup plus subtile et insidieuse qu’il n’y parait au premier abord.

Pensez-vous que les stratèges fondamentalistes cherchent à convertir les non musulmans ? Certainement pas !
Leur objectif bien compris de tous, est la démolition par l’intérieur de notre civilisation en dressant les communautés les unes contre les autres.

En agissant au nom de la religion musulmane, comme les nazis agissaient au nom du socialisme et de la démocratie (parti « social démocrate ») avec pour finalité de détruire les deux, les maîtres pensants du fondamentalisme espèrent que les occidentaux non musulmans se laissent aller aux amalgames d’ordre religieux ou racial. Il s’agit d’une stratégie politique aussi vieille que la civilisation pour déstabiliser un ordre établi : celle de la terreur et de la division en désignant (ou faisant émerger) une communauté bouc émissaire.

La subtilité stratégique est qu’ils s’attendent à ce que les non musulmans désignent eux-mêmes cette communauté bouc émissaire pour installer la division sociale, nous dresser les uns contre les autres, justement par le biais des amalgames.
Autrement dit, les intégristes sacrifient les membres de leur propre communauté religieuse vivant sur nos sols et partageant nos valeurs (les « apostats » comme ils disent, qui ne respectent pas leur interprétation stricte et imbécile du coran ... justification hypocrite pour motiver leurs guerriers, mais qui n’est en fait qu’une manipulation de plus pour atteindre le but final).

A nous, laïques et croyants modérés de tous ordres de ne pas nous faire berner, de tenir et de continuer à croire en nos valeurs républicaines dont le multiculturalisme fait partie.

Ne cédons pas à la peur et aux amalgames. Au contraire, rassurons et encourageons dés que nous le pouvons l’immense majorité des musulmans avec qui nous partageons le même mode de vie, à poursuivre leur mouvement de désapprobation de l’intégrisme, en Europe comme partout dans le monde.
Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons espérer que les organisations djihadistes finissent par se déliter faute de combattants, les musulmans tentés par l’aventure du djihad comprenant enfin qu’ils sont manipulés d’un bout à l’autre pour servir des intérêts particuliers, voire carrément mafieux et en tout cas, très éloigné de leur religion.

Il existera toujours des groupuscules tout aussi ultra-violents qu’ultra-minoritaires comme les néonazis, skinheads ou autres dégénérés, l’important étant qu’ils restent sans audience.
Vu le tsunami de désapprobation auquel nous venons d’assister, je pense que le mouvement intégriste musulman finira par se réduire à la dimension des autres mouvements intégristes religieux et sectaires, dans la marginalité des aberrations intellectuelles.   

Depuis la nuit des temps humains, la religion n’a été qu’un outil de manipulation, de pouvoir, voire un commerce rentable. C’est encore le cas dans les pays où règnent toujours la misère matérielle et morale.
En apparence c’est une guerre entre le savoir et l’obscurantisme, alors que dans le fond c’est une révolte des plus démunis, de ceux qui n’ont rien contre ceux qui détiennent tout, de la connaissance aux richesses matérielles.

La crise exacerbe encore plus ces écarts. Si dans l’urgence nous devons énergiquement défendre notre civilisation par les armes comme nous le faisons (coalition en Irak-Syrie, déglinguer les terroristes sur nos sols), à plus long terme il est essentiel que les États les plus riches de la planète aident les plus pauvres à lutter, d’abord contre la faim et la corruption, et ensuite contre l’ignorance. Non seulement par charité, mais aussi par simple calcul économique et social pour stabiliser le monde et garantir le mode de vie auquel nous tenons.

En attendant, le phénomène étant mondial, aucun pays ne sera à l’abri. C’est une nouvelle forme de guerre mondiale, contre un ennemi multinational et multiforme, qui se fond dans la population et dont la cible prioritaire est cette même population.

Pour l’heure et c’est rassurant, la majorité est enfin sorti de son silence coupable pour dénoncer les théories malsaines et aberrantes d’une minorité bruyante.

En tout état de cause, si au moins une chose devait être sacrée en ce monde, c’est bien la liberté de penser et de s’exprimer, non par la violence mais par la parole, l’écrit et le dessin.
Les religions et leurs dieux ne sont d’ailleurs qu’une expression de la pensée humaine et la liberté de culte est tout aussi essentielle que la liberté de critiquer le culte.
 
Alors bien évidemment que je suis CHARLIE !
Lequel ou laquelle d’entres vous aurait-il pu en douter ?

 
@+
Jack  
 
... Que demeurent les caricatures de toutes les expressions de la bêtise !