19 décembre 2021

Manipulations

Un article intéressant trouvé dans mon journal local (une fois n’est pas coutume) :

"Des ingérences étrangères à craindre pendant la campagne présidentielle", prévient le sociologue Gérald Bronner

Les ingérences étrangères, on s’en doute. Mais j’y ai trouvé une assez bonne description des mécanismes à l’œuvre (ceux que je dénonce très souvent au fil de mes différents posts), ici regroupés et simplement expliqués (mieux que je ne sais sans doute le faire) faisant que la désinformation se répand si facilement dans le grand public :

  • Citoyens perdus dans une information abondante et tous azimuts (qu’il s’agisse des auteurs et des vecteurs),
  • Biais de confirmation (si l’on n’y prend pas garde, le nécessaire tri de cette information avantage nos aprioris),
  • Solutions simples à des problèmes complexes (l’arme de désinformation massive des populistes),
  • Coupables facilement identifiables : sachants, élites, groupes ethniques ou religieux (rien de nouveau sous le soleil des civilisations en périodes de crise et de doute),
  • Vecteur principal de la désinformation : les réseaux sociaux (un peu « les ragots du village » puissance dix et à l’échelle du monde),
  • Objectif des extrémistes et influenceurs à l’origine des théories complotistes (auxquelles certains initiateurs ne croient même pas) : diviser la société civile,

Le tout représentant un réel et grand danger pour la survie des démocraties dans le monde entier.

Le conférencier rajoute les catégories de personnes les plus vulnérables à la désinformation

  • Personnes âgées,
  • Et/ou aux convictions politiques extrêmes (droite ou gauche),
  • Et/ou d’un faible niveau d’étude.

… Ce qui ne fait sans doute qu’agacer et surtout braquer les publics visés qui se retranchent d’autant plus dans leurs convictions erronées, les confortant dans leur idée que ce sont les élites et les gouvernants qui leur mentent.

J’y rajoute les algorithmes des opérateurs de réseaux sociaux multipliant les échanges clivants, sans distinction de ceux qui approuvent ou dénoncent, du moment que le sujet « fait le buzz ». Ces mécanismes font que la vérité se retrouve vite noyée sous un flot d’âneries dans lequel certains se complaisent. Lu quelque part qu’il faudrait sept fois plus d’énergie (de contre-argumentaires si vous préférez) pour démentir un fake new, que de donner la même information de façon juste et vérifiée.

A ce train, et particulièrement en France et en ce moment, si la majorité d’entre-nous ne fait pas preuve de vigilance et d’esprit critique, se laisse aller aux lectures rapides, à la facilité des vidéos de YouTube et aux 140 caractères des tweets qui trompent plus qu’ils ne synthétisent l’information, notre démocratie est mal barrée !

Si vous ne l’avez pas déjà fait, lisez-donc cet article émanant de Mozilla.org, l’éditeur du navigateur libre et indépendant Firefox. Si vous avez la flemme de tout lire, je vous y avais sélectionné les principaux extraits ici (fin de post).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.