24 septembre 2017

Ordre de lancement du feu nucléaire

A qui appartient l’ordre de lancement, à un homme seul ou à un collectif ?

Une personne non autorisée, peut-elle seule, déclencher le feu nucléaire ?

Nous aurions tendance à penser qu’en raison du risque, nous sommes à l’abri de la décision d’un seul homme, qu’il soit autorisé ou non (nul n’est à l’abri d’un coup de folie ou d’une erreur).

La réalité est plus inquiétante.

Extraits (sources non ésotériques ou complotistes) :

http://www.sortirdunucleaire.org/Vassili-Arkhipov-l-homme-qui-a-empeche-la-guerre

Vassili Arkhipov, l’homme qui a empêché la guerre nucléaire

« La décision de ne pas lancer la troisième guerre mondiale n’a pas été prise au Kremlin ni à la Maison-Blanche, mais dans l’atmosphère étouffante de la salle de commande d’un sous-marin. Pour lancer la torpille nucléaire du B-59, il fallait le consentement des trois officiers supérieurs présents à bord. Arkhipov fut le seul à refuser son accord. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Arkhipov

Vassili Arkhipov

« En décembre 1961, Vassili Arkhipov est nommé officier à la 69e brigade de la Flotte du Nord. Le 1er octobre 1962, dans le cadre de l'opération Anadyr lors de la crise des missiles de Cuba, il est envoyé avec son équipe à Cuba et sert à bord du sous-marin B-59, équipé d'une ogive nucléaire.

Peu avant le départ du B-59, Vassili Arkhipov avait demandé à son supérieur, l'amiral Vladimir Fokhine, dans quel cas utiliser l'arme nucléaire. La réponse n'avait pas été très claire, le sous-marin devant utiliser son arme nucléaire en cas de dommages qui lui seraient portés (trou dans la coque) ou sur ordre spécial de Moscou.

D'après Thomas Blanton, directeur de la National Security Archive, Vassili Arkhipov a « sauvé le monde » en s'opposant à ce que le sous-marin soviétique réplique aux bombardements d'un navire de guerre américain, demandant d'attendre les instructions de Moscou avant de lancer une attaque nucléaire1. »

Cela dit en passant, 2 films à voir (si pas déjà fait) relatant les deux évènements cités dans le lien précédent :

  • K-19 piège des profondeurs : incident dans le cœur du réacteur d’un sous-marin Russe en 1961

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28522.html

  • USS Alabama : quoique l’histoire se passe dans un sous-marin US (réellement arrivé ?), elle relate assez bien celle du conflit de décision qui a dut avoir lieu dans le sous-marin Russe en 1962

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=13015.html


Code de tir nucléaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_tir_nucl%C3%A9aire

USA : « Cependant, il semble qu'à l'époque la rapidité de réaction primait sur la sécurité du monde, car il suffisait en fait de saisir huit zéros pour déclencher le feu atomique. En effet, pendant à peu près vingt ans et jusqu'en 1977, le code de lancement nucléaire des silos de missiles Minuteman était « 00000000 ». Le code fut changé à huit zéros durant la crise des missiles de Cuba, dans le but de pouvoir utiliser la force atomique le plus rapidement possible, que le président soit disponible ou non pour donner son accord. »

On a eu chaud aux fesses, non ? …Mais on ne le savait pas.

Et aujourd’hui ? Que ne sait-on pas ?

Ce qui nous parait maintenant aberrant, ne l’était pas à l’époque. … Et ce qui ne le parait pas maintenant (décision d’un seul homme au prétexte qu’il est élu par le bon peuple et qu’il faut se décider vite), le sera certainement dans le futur.

Comme je l’avais entendu dans je ne sais plus quel film, où un pilote de bombardier stratégique dit à l’autre : « pourquoi les présidents ne passent-ils pas des tests psychotechniques pour jauger leur degré d’équilibre mental avant d’arriver à leurs fonctions, comme on nous en fait passer pour exercer les nôtres ? » .

11 août 2017

Démocratie en danger, démocratie à revoir

Ecoutez (ce n’est ni prise de tête, ni long : 6 mn environ) :

https://www.youtube.com/watch?v=0wZet1J8E_8

Tout est dit … et bien dit. On ne peut être plus clair et de mon point de vue, difficile de ne pas être d’accord.

Cela fait longtemps que je le pense, mais jamais je ne l’aurais aussi bien formulé.

Ce sympathique orateur appelle à l’auto-formation et la prise de conscience de chacun lorsqu’il vote. Ce serait l’idéal, mais à priori utopique, en tout cas pour ce siècle et tenu compte des risques que nous sommes en train de courir (notre dernière présidentielle nous a montré à quel point nous avons eu chaud).

Sans nécessairement trop s’écarter de son principe de base, il me parait donc urgent de réadapter notre modèle démocratique à notre environnement actuel (ce qui ne veut pas dire, comme il est dit dans la vidéo, troquer notre système démocratique avec l’un de ceux que l’humanité a déjà essayé).

La démocratie (le « pouvoir au peuple ») n’a en fait jamais existé puisque jamais le peuple n’a gouverné, mais ceux qu’il désigna (c’est très différent).

Le vote n‘a jamais été complètement éclairé et a toujours été sous influence, c’est un fait et c’est incontournable.

Mais à mon avis, cela ne pourra fonctionner que jusqu’à un certain point.

Dans un monde aux interactions commerciales et politiques (jamais l’un sans l’autre) de plus en plus complexes, le niveau de culture et de savoir de l’électeur en ces domaines, doit suivre.

Dans le cas contraire, « l’enfumage du bon peuple » par les bonimenteurs va se poser de façon de plus en plus cruciale et il finira par porter au pouvoir une équipe totalement incompétente, voire dangereuse, … pour tous et à long terme (ce qui a bien failli nous arriver).

Il n’échappera à personne que le choix de nos gouvernants n’est pas une chose à prendre à la légère. Et pourtant, dans le fonctionnement et dans les faits, c’est bien le plus léger et le plus inconséquent des mécanismes sociaux qui le permet. 

La démocratie ne sera jamais un système parfait, mais effectivement, comme le rappel l’orateur, c’est le moins pire (citation Churchill : « …. »). Par contre, faute de l’améliorer, de l’adapter à notre monde, nous pourrions bien finir par la perdre totalement.

Retour aux grands électeurs ? Permis de vote ? Tests psychologiques et d’aptitudes des candidats à l’élection ? Garde-fous après élections ? Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Encore faut-il commencer par en discuter, par les imaginer et les proposer. Mettre ce sujet « tabou » sur la table … avant que ce ne soit trop tard, avant que le problème ne se pose plus, la démocratie ayant été balayée par un autre régime.

Mais quelle formation politique prendra le risque d’aborder un sujet aussi tabou pour une grande partie de l’électorat ?

Sachant de surcroit que plus l’électeur est idiot ou sous-instruit, plus il est manipulable.

Actuellement, nous portons au pouvoir des dirigeants au petit bonheur la chance. Et malheureusement, beaucoup pensent qu’en cas de mauvais choix, on pourra se rattraper à l’élection suivante, oubliant qu’entre temps les dégâts (proportionnels à la taille du mauvais choix) pourraient bien être irréversibles et le plus souvent subis sur plusieurs décennies, voire plusieurs générations.

Si après avoir écouté, vous êtes encore en forme pour lire, lisez cet article au sujet du choix « démocratique » des Britanniques :

Chapman qualifie le Brexit de "pire calamité" depuis la Guerre

Par latribune.fr | 10/08/2017

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/james-chapman-qualifie-le-brexit-de-pire-calamite-depuis-la-seconde-guerre-mondiale-et-veut-creer-un-parti-anti-brexit-746767.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20170811

Manipulations à l’œuvre sur fond de carence en connaissances économiques et financières de la grande majorité de l’électorat.

On n’a pas fini de voir des économies s’effondrer et des Trumps à la tête de nos démocraties, … jusqu’au jour où, elle ou autre chose, nous explosera à la figure (et à défaut, dans nos porte-monnaie).

03 mai 2017

FN, cette fois-ci ou la prochaine, on aura été prévenu !

Comme je l’ai souvent écrit dans mes billets « politico-économiques », la politique et l’économie sont les deux faces d’une même pièce.

Voici un article qui l’explique à sa manière, mais qui démontre surtout comment, même en France, un parti peut transformer notre démocratie en dictature (oui-oui, lisez et recoupez l’information, notamment notre constitution, c’est possible et ce n’est pas de l’intox) :

Le FN s'apprête à gagner la présidentielle, et il n'y aura pas de billet retour

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-front-national-gagnera-la-presidentielle-et-il-n-y-aura-pas-de-billet-retour-693372.html

Les régimes autoritaires peuvent s'installer graduellement, sans violence

LA TRIBUNE - Par Aurélien Leblay, consultant et expert externe pour la Commission Européenne, basé à Londres.

Extraits :

« …/…

Ceux qui se rappellent l'Allemagne des années 1930 se demandent toujours : « comment a-t-on pu sombrer dans cette folie barbare » ? L'époque montre de façon limpide comment les opinions basculent dans l'irrationnel. : l'appauvrissement ou sa menace, la sensation ou l'expérience du déclassement, l'impossibilité d'envisager l'avenir des siens avec sérénité, le délaissement de l'État. Justifiées par l'assainissement des finances publiques, les politiques déflationnistes (baisses des salaires, des retraites ou des allocations, compression des dépenses publiques) renforcent la conviction que la politique ne peut plus rien. Elles créent la désespérance économique et l'attrait pour les options extrêmes. Dans ce contexte, des entrepreneurs politiques sans scrupules constatent qu'il est facile d'attiser les haines xénophobes, et excellent dans les analyses binaires et outrancières.

…/…

Rien ne s'oppose à ce que le FN glisse vers l'autoritarisme une fois élu : attaques violentes contre la presse ou la justice, proximité avec les milieux identitaires, néo-nazis, et autres groupes violents, persistance de la ligne historique chez les militants, scores mirobolants chez les policiers ou les militaires, et surtout l'existence de l'article 16 de la constitution. Il faut bien se persuader que Marine le Pen sera réélue en 2022 si on lui laisse le pouvoir aujourd'hui. La propagande ou la manipulation des opinions est le principal danger, et rien ne dit du reste que les élections d'après seront libres, car on peut faire énormément de choses en 4 ou 5 ans.

…/…»

Précédemment, j’ai déjà largement argumenté sur l’aberration économique du financement du « programme social » que propose Mme Le Pen (« redistributions » qui ne pourront pas être tenues faute de moyens, ou qui seront presqu’immédiatement laminées par une inflation incontrôlée, car ne pouvant être financées que par de la création monétaire, le bonne vieille « planche à billets » des années folles).

Dire pendant des mois qu’elle financera son programme par une sortie de l’euro, puis dire maintenant que ce n’est plus un « préalable » ou que l’on peut instaurer un mécanisme à deux monnaies, est la preuve qu’elle raconte n’importe quoi.

Nul besoin d’être économiste pour comprendre qu’une monnaie intérieure dévaluée (retour au franc) « cohabitant » avec une monnaie internationale d’échange (l’euro conservé), n’a aucun sens. Si nos exportations restent en euro nous ne gagnons aucune compétitivité (comme elle le soutenait auparavant). Par contre, nous consommateurs, payerons au prix fort les produits importés (incluant ceux qui composent tous les produits finis fabriqués en France).

Décidément « notre populiste à nous » doit penser que s’agissant d’économie, l’électorat n’y comprenant rien, elle pourra lui faire avaler n’importe quelles âneries, même les plus incohérentes.

Ce qui est sûr, c’est qu’une fois au pouvoir s’il elle y arrive, elle coulera notre économie et se défaussera ensuite en accusant les marchés financiers. Ben voyons ! Si vous n’arrivez pas à rembourser votre crédit, vous pourrez toujours dire que c’est la faute de votre banque.

Pour les autres risques, non économiques, je vous laisse les apprécier au travers l’article précité de LA TRIBUNE.

Je ne vois rien à rajouter, si ce n’est (quand même) :

1 / Que je suis (quoique non syndiqué, ni syndicaliste) quand même d’accord avec le message des principaux syndicats ayant manifesté ce 1er Mai : « les reculs sociaux font le terreau de l’extrême droite ».

Je suis sûr que les prochains gouvernements (et pas qu’en France), que les actuels et futurs décideurs Européens, l’ont maintenant bien compris depuis la monté des populismes un peu partout en Europe, qu’ils la réformeront dans le bon sens, avant qu’elle ne finisse par imploser.

2 / Que le FN est un parti dangereux, non démocratique, qui finira par s’installer grâce à la démocratie si nous ne restons pas vigilants. Prendre le pouvoir en utilisant les mécanismes d’un système qu’il rejette, est le propre de tous les mouvements extrémistes. Le FN ne justifie-t-il pas d’avoir détourné les fonds européens versés, justement par qu’il rejette l’Europe ?

Et si vous pensez que le FN est devenu un parti « propre », aux idées humanistes et vraiment proches du peuple, lisez cet article :

Qui sont les trente proches de Marine Le Pen qui comptent au sein du FN ?

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/26/qui-sont-les-trente-proches-de-marine-le-pen-qui-comptent-au-sein-du-fn_5118119_4355770.html

3 / Que les affirmations de Marine pour étayer son programme (immigration, Europe, Emploi, Sécurité) sont fausses pour la plupart, trompeuses pour les autres :

Les arguments de campagne de Marine Le Pen passés au crible

http://factoscope2017.blog.lemonde.fr/2017/04/27/marine-le-pen-ses-intox-ses-verites/

Ne loupez pas le débat de ce soir (sur A2). Observez bien ses « esquives » dès qu’on lui pose des questions sur son programme économique ou qu’on la contredit sur ce sujet.

Elle commence généralement par un « c’est faux » ou « c’est inexact », puis enchaine par une phrase du genre « nous n’allons pas ennuyer les téléspectateurs avec ces questions complexes, des experts s’y sont penchés, ce qui est important c’est le fond, pas le détail, … » et vas-y que de ne pas répondre, répondre à côté ou changer de sujet. C’est à cela qu’on reconnaît la fourberie et la perfidie.

Vous en êtes convaincu. Reste à convaincre ceux qui ne le sont pas … avant qu’il ne soit trop tard, cette fois-ci … ou la suivante (nous aurons encore cinq ans pour ce faire).

Un mauvais choix avec un parti comme celui-là, ne nous embarquera pas pour seulement cinq années, mais pour beaucoup plus longtemps (dégâts économiques et sociaux) et beaucoup plus loin (démocratie en danger).

30 avril 2017

Choisissez votre programme : Marine la ruine, ou Macron à fond

Pour ce qui concerne les programmes, sûr qu’avec Marine les petits revenus (hors ceux issus des placements) y trouvent leur compte (retraites, fiscalité, successions, prestations, …).

En fait, les « petits inactifs » seraient gagnants avec le programme FN (sur le papier), alors que les actifs le seraient avec Macron (baisse cotisations, incitations à l’emploi tant pour les chômeurs que pour les employeurs avec la révision de la législation du travail).

Quant aux petits épargnants que Marine peine à essayer de rassurer, il ne faut pas être grand économiste pour comprendre que ce sera catastrophique pour eux si Marine est élue, d’abord et immédiatement par réaction des marchés financiers (les taux d’intérêt comme les cours de bourse obéissent à des mécanismes plus psychologiques que réels, basés sur des projections économiques futures), ensuite par répercussion du chaos économique qui s’en suivrait (déjà expliqué messages précédents).

Si on schématise,

  • L’une promet d’abord de distribuer de l’argent et on verra ensuite comment et où on le trouve,
  • L’autre promet d’abord de faire de l’argent et on verra ensuite comment on le redistribue.

Macron ne fait pas autant de promesses que l’électorat centriste aurait souhaité (majorité des Français à mon avis). C’est un peu la raison pour laquelle certains disent que son programme manque de précision. Il annonce surtout des mesures pour favoriser l’économie et ses acteurs (salariés et capitaux). Au bout du compte, quand une économie va bien, tout le monde y gagne, … y compris nous les « petits », actifs ou inactifs.

Marine ne fait que promettre sans rien derrière. Elle veut redistribuer aux petits revenus des richesses qui n’existent pas encore, sans dire précisément comment elle financera son programme coûteux, si ce n’est par une sortie de l’euro qui permettrait de dévaluer notre monnaie (et améliorer nos exportations, ce qui est évidemment faux pour des raisons déjà dites) et du protectionnisme économique (le contraire de ce qu’il faut faire dans le monde actuel). De telles mesures n’auront que des effets néfastes dans un monde économique qui est capitalistique et mondialisé, qu’on le veuille ou non, que cela plaise ou non.

Dans un tel environnement, la seule stratégie économique viable, est l’adaptation. C’est la vision Macron.

Mon avis est que cette sortie de l’euro ne génèrera que de l’inflation (perte de pouvoir d’achat, hausse dette d’Etat, taux d’intérêts, fuite capitaux et savoir-faire).

Mais depuis son alliance avec ce faux-cul de Dupont-Aignan (qui cherche à sauver ses dettes de campagne et son avenir politique, quitte à se déshonorer), Marine dit maintenant que la sortie de l’euro n’est plus un « préalable » … alors que c’était son argument central et principal pour financer son programme comme elle n’a cessé de le marteler depuis le début de la campagne, soit depuis plusieurs mois. Et tout d’un coup, à moins de 7 jour de l’élection, elle met cette sortie au placard ?

C’est bien la preuve qu’elle raconte n’importe quoi, que son programme n’a aucune assise économique, qu’elle est prête à promettre tout et son contraire dans le seul et unique but d’arriver au pouvoir.

Au bout du compte, les petits revenus ne verront pas la couleur des mesures alléchantes promises, soit parce qu’elles ne pourront pas être mises en œuvre faute de moyens, soit parce qu’elles seront anéanties par l’inflation et la destruction d’emplois.

Le programme du FN ne redistribuera que de la pauvreté !

Quitte à me répéter, je maintiens que la politique et l’économie sont les deux faces d’une même pièce. On ne peut pas analyser l’un sans évaluer l’autre.

Si l’économie va mal, ce sont toujours et invariablement les petits revenus qui trinquent en premier. La bourse et l’épargne sont le reflet de la santé économique d’un pays. Plus exactement, un reflet précurseur car essentiellement fait de confiance et d’espoirs, qui présage ou non de l’avenir économique. Si la bourse se porte bien, tout le monde en profite. Dans le cas contraire, les hauts revenus se barrent et les petits restent sur le carreau, seuls à payer l’addition.

Je ne fais pas un rapprochement avec le Venezuela par hasard. Certes ce pays se classe dans la catégorie des pays émergents, mais il est l’exemple type de promesses électorales catastrophiques pour le petit peuple.

Sur la base d’une richesse essentiellement pétrolière, Ugo Chavez a promis et entamé sa redistribution vers les plus démunis, sans prévoir un risque de baisse des cours, ni une orientation équilibrée de l’économie (diversification), en se fâchant de surcroit avec son seul appui dans la région, les USA (un peu comme si nous décidions de nous passer de l’appui de l’Europe).

Résultat : inflation galopante, magasins vides, plus de travail, des gens dans la rue et des dizaines de morts par jour !

Tous les candidats font des promesses. A nous de faire la distinction entre celles qui sont crédibles et celles qui ne le sont pas.

Trump a embobiné son électorat qui commence déjà à s’en rendre compte. Côté Tsipas, c’est fait : le peuple trinque déjà bien plus qu’avant son arrivée au pouvoir. Les politiques les plus convaincants pour pousser les électeurs Britanniques à sortir de l’Europe, … se sont carapatés le lendemain du résultat, laissant ceux qui ont eu la naïveté de les croire dans une belle merde « à venir » (encore un mensonge de Marine qui dit que la sortie ne leur a pas posé de problème … alors qu’ils ne sortiront que dans deux ans).

Allons-nous tout aussi naïvement succomber aux sirènes de « notre populiste à nous » ?

Marine ne fait qu’adapter son discours aux frustrations sociales et sécuritaires. Elle dit ce que les déçus des élections passées (du Hollandisme comme du Sarkozisme) et qui viennent de sentir passer la crise économique de 2007-2008, aimeraient bien entendre. Mais ce que l’on souhaite et ce qui est possible, sont deux choses très différentes. Croire le contraire c’est l’assurance d’être encore plus déçu et frustré. 

Même les mesures protectionnistes du travail que les immigrés « prendraient » aux Français, sont économiquement mauvaises et argumentées à partir d’une réalité faussée. Nous avons besoin des immigrés pour les emplois que les Français ne veulent pas prendre (nombreux secteurs où l’offre d’emploi n’est pas satisfaite). Le seul point où je suis d’accord, c’est celui des « travailleurs détachés » (disparité de coût en raison d’une différence de charges sociales). Mais comme Fillon, Macron en convient et une solution sera trouvée.

Quant à promettre plus de sécurité en rétablissant les frontières, c’est également un leurre. Les auteurs des précédents attentats étaient déjà sur le territoire, outre d’être le plus souvent Français. Et s’ils devaient y entrer, il y aura toujours assez d’espace entre deux poste-frontières. Par ailleurs, que vont faire les pays voisins si on bloque les migrants à nos frontières ? Ouvrir des camps de réfugiés ? Ou plus probablement les laisser forcer tous les points de passage non surveillés ? 

Mais plus grave (ou en +), en dehors de ces aspects économiques et sécuritaires, essentiels et primordiaux de mon point de vue, il y a aussi « l’idéologie » de base du FN, profonde. Derrière son nouveau maquillage, rien n’a changé. N’oublions pas que dans l’ombre de Marine, il y a toujours les anciens du GUD (dont son compagnon actuel), un mouvement néonazi des années 70-80.

Les fuites sur les petites phrases (xénophobes, négationnistes, haineuses) qu’ils échangent entre eux sur les réseaux sociaux en disent long sur leur état d’esprit, à l’image de la dernière « sortie » de JM Le Pen au sujet du policier tué dans la dernière fusillade à Paris (il n’a rien eu de mieux à dire qu’il était homosexuel). Toutes ces fuites que les conseillers en communication du parti n’arrivent pas à contenir, donnent « le ton ». Elles sont le reflet de la vraie nature de ce mouvement, de ce qu’il veut. Et ce qu’il veut n’est certainement pas ce qu’il cherche à faire croire !

Deux qualificatifs me viennent à l’esprit pour cerner au mieux le FN = fourberie et perfidie.

Définitions Larousse : « hypocrisie, fausseté » et « Qui est funeste, dangereux, sous des apparences favorables » (exactement ça).

Et quand Macron dit « Les gens du FN sont habitués à ne pas régler les problèmes, mais à les exploiter … », je suis bien d’accord avec lui.  Source (visite sur site Whirlpool) :

http://www.latribune.fr/economie/presidentielle-2017/macron-aux-ouvriers-de-whirlpool-mme-le-pen-elue-cette-entreprise-fermera-697725.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20170427

Pour conclure :

Il est évident que lorsque nous votons, nous choisissons selon ce qui nous arrange personnellement (redistribution, fiscalité), mais je crois qu’il faut aussi le faire pour le pays, par conviction de ce qui est bien pour lui, au-delà de notre condition personnelle.  

Et au-delà de tout cela, Macron n’incarnerait t’il pas le changement attendu ? Un nouveau venu et jeune de surcroit. Pour les Canadiens (le jeune et dynamique Justin Trudeau), leur choix leur a réussi. Macron serait le plus jeune président de notre république. Certains disent même qu’il pourrait bien être le futur « Kennedy Français ».

Danger FN (aspect économique)

Programmes des candidats :

Dans ses mesures sociales et économiques, le programme Le Pen n’est pas très éloigné de celui de Mélenchon. La grande différence est la sortie de l’Europe (que n’envisage pas Mélenchon), et à mon avis ce qui les sous-tend : utopie côté Mélenchon, hypocrisie et xénophobie côté Le Pen.

Maintenant tout n’est pas à jeter dans le programme FN, comme l’accroissement de moyens et de fermeté côté justice (tolérance zéro pour les petits délits, suppression remises de peines automatiques, places prison, effectifs police, …) et affirmation de notre laïcité (chasse aux extrémistes religieux, interdiction d’expression des salafistes, …). Mais on retrouve ces propositions chez Macron, certes formulées beaucoup plus timidement. Comme il va devoir « composer » avec le camp des Républicains, certaines orientations claires de Fillon sur ces aspects, seront à mon avis reprises. S’il veut ramasser des voix, c’est d’ailleurs sur ce thème que Macron devrait insister dans la semaine qui arrive (plutôt que d’en chercher chez les Mélenchonistes). 

Et il y a aussi quelques « conneries » dans celui de Macron, comme un service national d’un mois (coûtera très cher pour pas grand-chose).

Donc, il y a de bonnes et mauvaises propositions dans tous les programmes, … et parmi ces propositions, celle qui fait que l’ensemble tient ou pas. Pour ma part, le point central est l’Europe. D’ailleurs, je me sens plus Européen que Français. Il y a tellement de bonnes idées chez nos partenaires, alors que certaines des nôtres, très Françaises, sont dépassées ou étriquées. En ce sens, je partage la vision large et résolument européenne de Macron.

Marchés financiers :

La bourse n’est pas le reflet de ce qu’est l’économie maintenant, mais de ce que les intervenants (investisseurs comme spéculateurs) croient qu’elle sera demain. Les marchés anticipent toujours avec une tendance à l’exagération, dans le l’optimisme comme dans le pessimisme. Or une sortie de l’euro avec en toile de fond une prochaine implosion de l’Union Européenne, ne sera pas catastrophique que pour les épargnants, mais pour toute l’économie européenne dans son ensemble. Ce sera un tsunami sur les marchés financiers mondiaux et pour nous, une explosion de notre dette et de ses intérêts !

Nous sommes dans une économie mondialisée, et que ça plaise ou non, nous devons nous y adapté. Nous ne pourrons pas en sortir sans en payer le prix. Nous sommes dans un monde capitalistique, et que ça plaise ou non, il faut bien faire avec, sauf à choisir un système du type ex-URSS ou Cubain (on a vu le résultat).

Outre qu’elle n’aura jamais de majorité pour appliquer ses mesures sociales et fiscales, l’abandon de l’euro (et de l’Europe), plongera inévitablement le pays dans le chaos économique (mes messages précédents).

Même si finalement, elle ne le fait pas dans l’immédiat comme elle l’avait pourtant martelé avant son mariage récent avec l’autre enfoiré (« dans les 6 mois de mon élection » avait-elle dit), le simple fait de l’annoncer, fera fuir les capitaux.

Loi travail (dite aussi "loi El Khomri") :

L’un et l’autre veulent abroger la « loi travail » (loi El Khomri), alors que l’emploi et toute l’économie qui va avec sont depuis longtemps bridés par un code du travail d’une autre époque et une emprise trop politisée des syndicats, particulièrement la CGT qui sous couvert de la défense des travailleurs, ne vise que le pouvoir (n’oublions pas qu’elle est une émanation du front de gauche d’après-guerre, d’idéologie Marxisme).

Même les socialistes « réalistes » (comme Valls) ont compris que ce code devait être revu et corrigé pour s’adapter à l’économie d’aujourd’hui (je crois qu’il n’existe pas un seul pays au monde où les employeurs sont à ce point privés de marges de manœuvre dans la gestion de leurs effectifs).

Macron veut aller beaucoup plus loin et rapidement sur ce toilettage de notre législation du travail (c’est surtout là qu’il parle d’ordonnances). Ce n’est qu’à ce prix que le chômage diminuera. Par rapport à nos voisins européens, notre code du travail est notre principal frein.

Certes Macron ne va pas se faire des copains chez les CGeTistes (toujours prêts à casser l’outil de travail), mais comme ils sont de moins en moins nombreux (les salariés commençant enfin à comprendre où est leur véritable intérêt : celui de l’entreprise), sa réforme devrait passer, ce qui sera très bénéfique pour notre économie et donc pour tout le monde

En revenant sur la loi El Khomri, Marine entravera à nouveau la flexibilité de l’emploi nécessaire à nos entreprises, en ne révisant pas l’ISF et en n’allégeant pas la fiscalité des revenus placés à risque, elle continuera à appauvrir notre pays avec un hémorragie continue des capitaux nécessaires à son économie, en revenant à la retraite à 60 ans (alors que la grande majorité des pays européens sont à 65-67 ans), en fustigeant la banque et le capital pourtant nécessaires à toutes économies, elle ne fera que ruiner le pays.

21 avril 2017

Europe entre obscurité et lumière (un dernier mot avant de voter)

Côté « lumières » :

Le programme antieuropéen de Marine Le Pen dénoncé par 25 Nobel d’économie

Dans une tribune au « Monde », des lauréats du célèbre prix, dont Joseph Stiglitz et Jean Tirole, se prononcent en faveur de l’Europe.

LE MONDE | 18.04.2017

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/18/25-nobel-d-economie-denoncent-les-programmes-anti-europeens_5112711_3232.html

Côté « obscur » :

L’Europe, cette entité peu facile à comprendre car politiquement et économiquement complexe, mal expliquée de surcroît, est le coupable idéal. On peut l’accuser de tous les maux sans la moindre démonstration approfondie. Quelques croyances populaires suffisent (nationalisme, xénophobie et racisme, ça marche à tous les coups avec les gens de peu de culture).

Il n’y a pas que Marine qui utilise la « technique du bouc émissaire ». Tous les « populistes » antieuropéens, en France comme chez nos partenaires, l’utilisent (généralement tous les partis extrémistes, de droite comme de gauche).

C’est la technique d’hier et d’aujourd’hui, de tous ceux qui cherchent le pouvoir en s’appuyant sur des mensonges.

Avez-vous remarqué que lorsque Marine est interrogée de façon précise sur la manière dont elle fera face à certaines conséquences économiques et financières d’une sortie de la zone euro, elle élude la question par une phrase du genre « c’est faux (sans démontrer le moins du monde en quoi), mais nous n’allons pas ennuyer les auditeurs avec ces questions complexes qui nous éloignent des raisons fondamentales » ? Et là, elle repart sur ses poncifs de campagne, simplistes, avec quelques clichés populaires pour seuls arguments.

Je suis sûr que certaines personnes ne voulant pas une sortie de l’euro, sont néanmoins prêtes à voter Marine Le Pen (le plus souvent par dépit vis-à-vis de la sphère politique, sans se douter avec quoi « elles jouent »), tout en croyant que cela n’aura pas lieu en raison du référendum annoncé et qu’à ce moment la réponse sera négative (pas de sortie).

C’est oublier deux choses :

  • La forme de la question : répondre par « oui » ou par « non » à une question bien tournée, donne généralement la réponse attendue par ceux qui l’ont formulée,
  • Elle a dit qu’elle démissionnera si la réponse est négative : après tant d’année à la poursuite du pouvoir, qui peut penser un instant que le FN lâchera l’affaire une fois atteint son but ultime ? On peut donc s’attendre à une habile manipulation pour ce référendum ou plus simplement, sa contestation ou le non-respect de son résultat.

Autre sujet complexe présenté de façon simpliste : l’immigration et ses liens avec le terrorisme.

Pour exemple, petite démonstration du Monde sur les contre-vérités de Marine (ici, au sujet de l’immigration) :

Immigration et terrorisme : Marine Le Pen multiplie les intox

LE MONDE | 18.04.2017

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/18/immigration-et-terrorisme-marine-le-pen-multiplie-les-intox_5113168_4355770.html

La candidate du Front national attaque la dernière ligne droite de sa campagne en multipliant les contre-vérités. Démonstration.

P’tit dicton pour la circonstance :

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » (certains disent que cette petite phrase est de Pasqua, d’autres qu’elle serait de Chirac, mais il semble que ces derniers n’aient fait que reprendre une citation beaucoup plus ancienne, … Grèce antique ?).

20 avril 2017

Cette Europe tant décriée

C’est vrai qu’elle présente de nombreux défauts, notamment dus à sa lourdeur de fonctionnement, à ses règles décisionnelles en perpétuel conflit entre égoïsmes nationaux et solidarité européenne (tous veulent le beurre et l’argent du beurre).

Mais ces inconvénients importants (largement perfectibles), ne doivent pas occulter ses immenses avantages.

Outre d’être un rempart contre la guerre en Europe (origine de la création de l’UE) … ou contre elle (le projet d’une défense commune va certainement remplacer d’ici 5 à 10 ans le seul que nous ayons pour l’instant : l’OTAN), et bien sûr sa force de négociation économique face aux géants Chinois et Américain, qu’a fait et que fait l’Europe ?

  • Elle a sauvé ses pays membres d’une véritable dépression, qui à la différence d’une « récession » (5 à 7 ans) peut durer plus de 20 ans. En fait, une récession économique mal comprise et donc non maîtrisée, se transforme en dépression. La crise financière de 2007-2008 (cause récession) n’avait rien à envier à celle de 1929 dans ses sources, ses mécanismes et ses conséquences (dépression … puis guerre).

C’est bien la crise US des « subprimes » de l’été 2007 (symbole de la dérégulation des marchés financiers) qui a déclenché la crise Européenne de la dette de 2008 à 2012 (schématiquement, la dette cumulée des banques et la baisse de la consommation avec celle du crédit, ont été compensés par de la dette d’Etat dans la grande majorité des pays Européens).

Or une petite révision de notre histoire nous rappellera si besoin était, que le Krach boursier d’Octobre 1929 aux USA (également conséquence d’une dérégulation des marchés financiers), est à l’origine d’une brutale asphyxie de l’économie allemande qui se relevait tout juste de son hyperinflation des années 20 (conséquence de la guerre 14-18 et du traité de Versailles), grâce à des emprunts majoritairement contractés auprès de banques américaines. Celles-ci, au bord de la faillite, ont exigé le remboursement immédiat de leurs prêts, ce que l’Allemagne leur refusa bien sûr, d’autant qu’elle ne pouvait y satisfaire, ce qui entraina son « défaut » sur les marchés internationaux (plus possible d’emprunter à qui que ce soit). La conséquence fût une aggravation des conditions de vie de la population et corrélativement, une montée encore plus radicale du populisme (et comme toujours avec des nationalistes au pouvoir, la guerre au bout du chemin).

  • Elle a maintenu et même amélioré notre niveau de vie depuis qu’elle existe, bien au contraire de ce qu’en disent ceux et celles qui visent bien autre chose que les aspirations de ceux qui les écoutent, oubliant un peu trop facilement ses bienfaits économiques et sociaux entre les années 60 et 80, son protectionnisme contre les excès de la mondialisation depuis.
  • Elle nous protège tous les jours, nous consommateurs (et encore une fois, au contraire de ce que disent les anti-européens mal informés ou mal intentionnés), des excès d’un capitalisme international débridé grâce à une multitude de règlements et directives s’imposant aux pays membres comme aux importateurs hors UE (obligations d’information et batteries de contrôle sur les produits vendus ou importés dans l’UE, tant au titre de la qualité que des prix).

Cette protection est bien sûr encore insuffisante et largement perfectible, mais dans un marché mondialisé (qu’on le veuille ou non, il faut faire avec), seule une communauté de pays peut l’assurer. Un pays seul ne peut se protéger qu’à son échelle, dans les limites de son marché intérieur et de celle de sa dissuasion sur les marchés internationaux, c’est-à-dire de façon très limitée et peu efficace.

Par ailleurs, la commission Européenne surveille, interdit et sanctionne les ententes et les abus de position dominante, tout comme elle autorise ou non les fusions d’entreprises. Contrairement à ce que disent les nationalistes-souverainistes, elle est la seule force pouvant s’opposer à celles du grand capitalisme mondial toujours plus avide de concentrations pour mieux maîtriser les prix face aux consommateurs. Un pays isolé ne peut plus le faire. Pire, un pays qui se referme sur lui-même est condamné à l’asphyxie.

Qui peut être assez naïf pour croire le discours de Marine qui promet une meilleure compétitivité de nos produits à l’export par la dévaluation ? Qui peut croire un instant que les pays concurrents vont rester les bras croisés sans dévaluer leur propre monnaie (ce qui inclura nos voisins, car si la France sort de la zone euro, l’Euro disparaît avec l’Europe) ?

Qui peut croire qu’une taxation des produits importés n’entrainerait pas une taxation sur nos exportations (par rétorsion) ? Qui peut croire que la majorité des produits finis que nous exportons ne sont pas eux-mêmes constitués d’une multitude de composants importés ?

Mais encore et surtout, une sortie de l’euro ne nous exonèrera de payer nos dettes et leurs intérêts libellés en euros (environ 2000 milliards d’euros il me semble), auxquelles s’ajoutent celles des grandes entreprises Françaises. Comme nous seront alors incapables de les honorer, nous ferons ce que l’on appelle « défaut » (c’est une forme de faillite d’Etat), à l’image de la Grèce encore maintenue sous « respiration artificielle » grâce à l’Europe, et notamment la BCE.

Quant à imposer nos conditions de remboursement aux créanciers comme le prône mensongèrement Marine Le Pen, il n’y a là aussi, qu’à se pencher sur les promesses de Tsipas avant d’être élu et ce qu’il a obtenu après (très exactement le contraire : un durcissement drastique des conditions d’emprunt).

Les grandes agences internationales de notation (dont Standard & Poor’s) ont déjà annoncé que si la France sortait de l’Euro, elle serait de facto considérée comme faisant « défaut ».

Qui voudra bien nous prêter sur les marchés internationaux après cela ? Or il n’existe pas un seul pays développé au monde qui puisse se passer de l’emprunt international. Penchez-vous sur les pays qui, hors protection Européenne, connaissent ou ont connu ce genre d’aventure : Venezuela, Zimbabwe, Argentine (elle s’en sort, mais a trainé son discrédit sur la place internationale pendant plus de 30 ans), … pour ne citer qu’eux.

Ce serait une grave erreur que de croire que nous, « la France », ne risquions pas de connaître le même sort si nous décidions de sortir de la zone euro. Et dans ce genre de faillite nationale, ce ne sont jamais les plus riches qui payent les pots cassés !

A contrario, dans une Europe solidaire et consolidée, l’Euro pourra s’imposer devant le Dollar d’ici 10 ans comme monnaie-étalon internationale, et ça c’est un atout considérable pour nos économies, et donc pour notre pouvoir d’achat et notre niveau de vie.

La monnaie unique n’est pas une source de problème (comme les populistes s’égosillent à le crier car simple à faire croire), mais bien au contraire une protection. C’est certes plus compliqué à expliquer.

Avant elle, c’était la « guerre des monnaies » en Europe. Pour y mettre fin et ainsi éviter la déconfiture des économies, il avait été mis en place le « serpent monétaire » (rappelez-vous), une sorte d’ajustement forcé pour stopper la dégringolade en cascade des monnaies nationales et avec elles, celles des économies.

Ceux qui pensent que nous vivions mieux du temps du Franc ont une mémoire sélective et oublient surtout qu’une crise internationale majeure est passée par là. Si nous n’avions pas eu l’euro et le soutien de la BCE de 2008 à 2012, notre Franc aurait dévalué de plus de 20%, notre pouvoir d’achat avec, sans compter la faillite de quelques ’unes de nos grandes banques nationales (comme celles de nos voisins) qui nous auraient probablement mené au chaos économique et social.

Le plus gros défaut de l’Union Européenne, outre sa complexité (mais en démocratie, plus on est nombreux, plus c’est compliqué d’entendre et de satisfaire tout le monde), c’est d’être mal expliquée !

Espérons que le Brexit et les discours anti-européens de ces derniers mois fassent que l’UE se ressaisisse en simplifiant ses règles de fonctionnement et de vote, en prenant rapidement des positions claires et fortes en matière d’harmonisation sociale et fiscale (en réglant notamment l’aberration de disparité de coût des travailleurs détachés), mais également en s’attelant à expliquer aux peuples qui la composent, de façon hautement pédagogique, le pourquoi et le comment de l’Union Européenne (car il est vrai qu’en raison de son montage et ses imbrications tant politiques qu’économiques, l’Europe n’est pas quelque chose de simple à expliquer).

… Alors n’oublions pas d’aller voter et incitons notre entourage à le faire, du moment que ce n’est pas pour tourner le dos à l’euro et à l’Europe. Cette élection est importante, … historique. Ne loupez pas l’occasion d’y participer.

Quelles que soient nos convictions, nos aspirations, réfléchissons par nous-mêmes et non au travers de ceux et celles qui disent détenir la vérité (pour ma part, je ne dis pas la détenir mais propose mon point de vue en vous invitant à vous forger le vôtre).

Pour ce qui est de la question Européenne, quelles que soient notre condition et nos aspirations sociales, nous aurons tous à perdre d’une déconfiture de l’Union Européenne, et tout à gagner de sa consolidation.

Deux citations à avoir à l’esprit avant de voter :

Pour ne pas suivre aveuglément un mouvement (quel que soit-il) :

« Les hommes deviennent fous en masse, mais retrouvent la raison un par un. » (Charles Mackay).

Le problème dans une démocratie, c’est que si la foule se trompe, lorsque la raison est retrouvée, c’est souvent trop tard.

Pour se prononcer en notre âme et conscience :

« Ne crois rien des maîtres ou des prêtres, mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie, satisfera ta raison et tendra vers ton bien et celui des autres êtres vivants, cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie ». SIDDHARTA GAUTAMA dit « Bouddha » (l’éveillé)

06 mars 2017

Elections à haut risque ! ... Pronostics, hypothèses, choix

Comme vous devez maintenant le savoir, Fillon maintient sa candidature (réponse sans ambiguïté au JT de la 2 ce Dimanche soir). Qu’il fasse perdre la droite est une chose, qu’il fasse gagner Marine Le Pen en est une autre et là est justement le problème. Le risque est celui de la mise en danger non seulement de notre pays, mais aussi de l’Europe et par extension, peut-être du monde entier (retour aux idéologies nationalistes et mégalomanie Trump).

Comme tous les discours « populistes », celui du FN suit toujours et invariablement les mêmes recettes : mélanger 20% de vrai dans 80% de faux, rester dans les généralités (pour ne pas avoir à démontrer ce qui ne peut l’être) et jouer sur l’émotionnel en actionnant tous les leviers des peurs et des désirs. Pour le reste, il brille par une absence totale d’objectivité et une parfaite méconnaissance des réalités économiques.

Faut franchement être obtus pour croire aux inepties énoncées par Marine et pas besoin de sortir d’une école de commerce pour comprendre que nous replier socialement et économiquement sur nous-même, sera catastrophique pour tout le monde :

  • D’abord pour le pays : à part le pinard, le fromage et quelques autres produits de base du genre, rien n’est aujourd’hui 100% Français. La majorité des composants de nos produits finis sont importés. Par ailleurs, si nous taxons l’importation, nos exportations seront bien évidemment taxées par rétorsion.

Ne confondons pas non plus multiculturalisme (aucun pays évolué n’est resté ancré dans une culture originelle pour autant qu’il en existât une, aucune invention ou progrès n’est issu d’une seule civilisation ou culture, aucune évolution n’est possible sans ouverture sur le monde et sa diversité) et choc de cultures (ce qui se passe quand l’une essaie de s’imposer à une autre). Le FN fait l’amalgame des deux pour aboutir à un rejet indifférencié de celui qui ne ressemble pas à l’image consanguine qu’ils ont d’eux-mêmes.

  • Ensuite pour l’Europe : si le couple Franco-Allemand ne s’entend plus, elle explosera inévitablement avec de très graves conséquences à plus ou moins long terme … et pas qu’économiques. N’oublions jamais que l’Europe a d’abord été construite pour la paix. Ne perdons pas non plus de vue que toutes les guerres, depuis que la civilisation existe (voire même les tribus), ont une origine essentiellement économique (si tous les peuples vivaient convenablement, ils ne se disputeraient pas), tout le reste n’étant que faux prétexte (idéologie, religion, race, hégémonie), et c’est donc bien à juste titre que les fondements de l’Europe sont économiques.  

Face au reste du monde, dans les discussions et les traités internationaux, un pays seul ne fait pas le poids devant les grandes puissances économiques et militaires telles que la Chine, la Russie ou les USA. Seule l’Europe peut discuter d’égal à égal (économiquement en tout cas).

Sur le plan géopolitique, la Russie pourrait à nouveau lorgner vers les pays de l’ex-URSS, comme elle a déjà commencé à le faire avec l’Ukraine (si elle s’est pour l’instant arrêté à la Crimée, c’est bien sous la pression d’une Europe unie).

« La guerre en Europe c’est du passé » … Pas si sûr si l’Union Européenne se disloque.

Mais je prêche à des convaincus et vous avez bien sûr conscience de ces questions crutiales. Seul l’indécrottable électorat FN croit que c’est en se regardant le nombril que l’on sera plus fort. Il ne changera pas d’avis, quoiqu’il arrive, quoique l’on démontre. Il se compose de ceux qui ne comprennent rien à rien (qui avaleront tous les mensonges et pardonneront toutes les malversations de leurs idoles), et ceux qui veulent renverser la table (tout casser par dépit). Ces derniers me font penser aux Allemands de 1933 qui ont cru qu’ils n’avaient rien à perdre à « essayer » le beau parleur Adolphe. Au résultat, en 1945, ceux qui n’avaient pas perdu la vie se sont aperçu un peu tard qu’ils avaient finalement perdu bien plus qu’ils ne l’auraient cru.

Pour l’heure, nous avons tous compris que ces élections sont extrêmement importantes pour notre avenir à tous. Quel que soit notre choix, ce qui inclut l’abstention, nous porterons notre petite part de responsabilité sur ce qui arrivera ensuite, en bien ou en mal.

RISQUE ELECTORAL :

Comme beaucoup, je vois Marine au 2ème tour. Au contraire de certains « experts », je pense qu’il y a un réel risque qu’elle passe, qu’elle se dresse à la tête de l’Etat. Le fameux « plafond de verre » (score inférieur à la majorité qu’elle ne pourrait pas dépasser tenu compte du report de voix des candidats évincés au 1er tour), pourrait bien exploser. A mon humble avis, tout va donc dépendre de son challenger.

Tout se jouera aussi sur l’abstentionnisme qui devrait être très important, surtout si c’est un duel avec Fillon (nombre de sympathisants socialistes ne remettront pas « au pot » comme en 2002 dans le duel LePen/Chirac) ou avec Hamon (là, ce sont les inconditionnels de la droite qui s’abstiendront massivement).

Comme tous les partis extrémistes, Marine peut compter sur son électorat indéfectible (pas d’abstention dans leur camp). A celui-ci se rajoutera quelques déçus de Fillon et au deuxième tour quelques report de voix de Mélenchon (extrême droite et gauche se rejoignent toujours). Au-delà des sondages et des scores constatés dans les élections précédentes, il y aura comme dans la présidentielle Américaine ayant porté Trump au pouvoir, un réservoir d’électeurs FN « silencieux » (qui dans le secret des urnes, voteront pour Marine, sans l’avouer ou impulsivement, déçus par la classe politique, par la société ou plus simplement par eux-mêmes).

Pour les autres, le plus grand nombre des électeurs Français qui n’est généralement pas très motivé pour se déplacer vers les urnes, ce sera l’abstention, les derniers évènements ayant de quoi les avoir rendus encore plus dubitatifs ou démotivés que d’habitude.

PRONOSTIQUES :

Duel Marine/Benoit ?

Improbable, mais si tel est le cas, je donne Marine gagnante.

Hamon et le « revenu universel ». Une belle idée que j’avais déjà développée et argumentée il y a quelques années (Avril 2012) dans un long « billet » dont l’objet était « le revenu de base » (film-reportage à l’appui). Je pense toujours que nous y viendrons dans quelques décennies. C’est l’avenir d’une société équilibrée, humainement et économiquement. Mais pour que ça marche, il faudra les conditions économiques adéquates et une majorité de pays occidentaux intéressés par le concept. Autrement dit, une économie mondiale prospère et à relativement stable (un peu celle des années 70 qui ont permis de concrétiser les avancées sociales les plus significatives). Nous ne sommes pas dans le bon cycle économique pour lancer un tel projet.

De mon point de vue, c’est la seule bonne idée du candidat, mais c’est malheureusement encore beaucoup trop tôt. La population n’est pas prête d’en accepter le principe (trop de gens y voient encore un passeport au farniente alors que c’est au contraire un boulevard à la créativité et à la paix sociale). Mais surtout, le revenu universel n’est pas encore finançable (même en tenant compte qu’il remplacerait l’ensemble de toutes les autres aides sociales). Il nous faudrait encore creuser gravement un déficit déjà abyssal, qui mécaniquement augmenterait encore plus du fait de la hausse des taux d’emprunt internationaux, de la perte de confiance, de la fuite des capitaux et de la récession économique qui suivraient (maelström de l’endettement pouvant aboutir à une faillite à la Grecque). Sans compter une augmentation de la charge fiscale qui est déjà à son maximum … sur ceux qui ne peuvent y échapper (comme en Grèce, les capitaux et ceux qui les détiennent quitteront le pays avant d’avoir à payer quoique ce soit de plus).

Je reste toujours sur l’idée que, toute raison gardée (sans rentrer dans les exagérations et les clichés), l’économie passe toujours avant le social qui ne peut en être qu’une conséquence (pour redistribuer des richesses, encore faut-il en produire). Le gentil Benoit, dans la plus pure « idéologie socialiste non réformée », veut mettre la charrue avant les bœufs (le social avant l’économie). Son plan n’est absolument pas adapté au contexte économique actuel.

Il ne réunira que les idéalistes de la gauche de la gauche et si par extraordinaire il devait se retrouver face à Marine au deuxième tour, il n’aura que peu de chances de gagner. A part quelques rares comme moi qui voteront systématiquement contre le FN, quel que soit le candidat qui lui fera face au 2ème tour, le report de voix en provenance du centre et de la droite sera sans doute trop faible (le plus grand nombre s’abstiendra).

Duel Marine/François ?

Probable. Je donne Marine gagnante, car depuis le « Penelope Gate » Fillon n’a qu’une très faible chance de gagner. Cette élection n’est devenue à haut risque qu’en raison de cette affaire et l’attitude de celui qui en est le centre.

Il y a quelques mois de cela, j’aurais bien voulu avoir à hésiter entre Fillon et Valls (les deux personnages et leurs idées me plaisaient bien). Valls hors course, ne me restait que Fillon. C’est certes mon intérêt perso, principalement pour des questions fiscales, mais aussi pour son plan (économiquement viable). J’appréciais aussi la personnalité (apparente), austère, directe et parlant franc. Enfin un type droit me disais-je, à la stature présidentielle, au-dessus de tout soupçon, se réclamant de la rigueur et de l’honnêteté morale du général De Gaule (on pouvait lui reprocher certains travers, mais certainement pas sa droiture).

… Et patatras, derrière Fillon se cachait filou. Lui qui parle de « faux nez » à propos des autres, avait carrément un masque. Il n’y a pas pire menteur que celui qui se vante de ne jamais mentir. Je suis un fervent partisan de la présomption d’innocence et n’insinue donc pas qu’il soit coupable de détournement caractérisé de fonds publics, que les emplois de sa famille aient été fictifs, mais petite conviction perso mise à part, je trouve que l’homme n’est plus crédible, tant depuis ses explications suite aux premiers soupçons (minimisation des reproches et théorie du complot), que dernièrement en se maintenant à cette présidentielle après avoir clairement affirmé que s’il était mis en examen, il se retirerait de la course (quoiqu’à ce jour, il n’est pas encore mise en examen).

Ce n’est donc pas un éventuel enrichissement personnel (familial) sur les deniers publics qui me parait le plus critiquable, mais le fait d’avoir affirmé haut et fort qu’il était plus blanc que blanc (sous-entendant, au contraire de ses adversaires) et que tout élu, et d’autant plus un prétendant à la plus haute fonction de l’Etat, se devait d’être irréprochable. C’est raté ! Avait-il « oublié » ou perdu le sens des réalités ?

Mais à la déception sur sa probité, s’ajoute principalement le risque bien trop grand qu’il se fasse battre par Marine au 2ème tour s’il y arrive. De mon point de vue, le problème n’est donc pas que Fillon se fasse finalement élire (son plan reste bon pour le pays et à titre personnel j’y trouve mon compte), mais bien qu’il perde face à la chef du clan Lepéniste, ce qui propulserait le pays dans l’inconnu, … et probablement l’Europe dans l’abîme.

Pas question que je participe à un tel désastre et merci Bayrou qui par sa décision intelligente, rend les probabilités plus claires et éloigne un peu le risque majeur de cette élection en appuyant celui qui parait le plus apte à gagner face à Marine.

Duel Marine/Emmanuel ?

… Probable. Je donne MACRON gagnant et même largement.

Il vient enfin de dévoiler son plan et s’il sert moins mes intérêts (fiscaux) que celui de Fillon, je ne le trouve pas trop mal et économiquement réaliste. Quelques bonnes idées nouvelles (quoiqu’en disent ses détracteurs), servant autant l’économie que les revenus moyens, sans pour autant faire peur au grand capital (peut-être un peu aux grands propriétaires fonciers, actuels et futurs, notamment étrangers).

Les autres thèmes « non économiques et fiscaux » sont également passés en revue (sécurité, immigration, justice, santé, école, Europe, …). Je n’ai pas grand-chose à y redire, si ce n’est que les propositions manquent de précision (c’est aussi le cas pour les autres candidats) mais surtout, qu’elles manquent de hardiesse

A vous de juger : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme

Dans l’ensemble et à mon avis, c’est un vrai programme « centriste », ni trop à droite, ni trop à gauche (bien éloigné du « socialisme mou à la Hollande » et de « l’utopie hypocrite à la Aubry »), qui ne sert pas le capital mais l’économie (ce qui est très différent), tout en protégeant les plus faibles (redistribution) et le consommateur des excès du tout libéralisme économique (principal rôle d’un Etat, avec la sécurité et l’enseignement).

Quant au bonhomme, on peut capitaliser sur sa formation d’économiste, son âge et sa fraicheur politique (ses dernières bourdes verbales sur l’Algérie et le mariage pour tous, en témoignent). Autre élément favorable : sous l’impulsion de Bayrou, enfin des propositions claires et concrètes pour assainir et moraliser notre classe politique (meilleure transparence, non cumul mandats, réduction nombre et coûts représentation législative, responsabilisation des élus). Présage d’un vrai changement dans la sphère du pouvoir ?

En l’état actuel des candidatures, je pense que Macron est le seul à pouvoir vraiment écarter le « risque Le Pen » (si elle continue à se maintenir dans les 2 premières positions dans les sondages).Encore faudra-t-il qu’il arrive deuxième tour !

Pour éviter la cata, j’ai donc dans l’idée de voter pour lui au premier tour. Encore une fois et je ne serai certainement pas le seul, je voterai plus « utile » que « convaincu » (… quoique que depuis que je m’intéresse à lui, sa personnalité, ses idées et son plan, je commence à l’apprécier).

Au deuxième tour je voterai contre Marine si elle y est comme j’en ai peur, quel que soit son challenger. Si par chance elle n’y arrive pas, alors mon choix s’orientera plus logiquement, comme dans une élection « normale », selon les candidats et plans en présence (pas forcément Macron).

Forgez-vous la vôtre (d’idée) et surtout ALLEZ VOTER … sauf si c’est pour Marine (quoique n’ayant que des personnes intelligentes dans mon carnet d’adresse, je n’ai pas d’inquiétude là-dessus), ni même pour Fillon (pour des raisons différentes, notamment celle que je viens d’évoquer : ouvrir le passage à Marine).

… Et convainquez votre entourage d’en faire autant !

… échanger, essayer de convaincre sans jamais forcer, c’est cela la démocratie !

Profitons-en tant qu’elle existe encore (rien, jamais rien n’est acquis).

Mais dans ce monde qui semble un peu se déglinguer, tout n’est pas négatif. Il y a au moins un secteur qui marche très bien et qui depuis quelques temps, se porte de mieux en mieux : l’industrie de l’armement !

05 mars 2017

Le bon côté du Penelope Gate

Certainement aucun pour le candidat comme ceux qui croyaient en lui et en son plan (dont je faisais partie).

En première analyse, comme on l’entend souvent, c’est une très mauvaise affaire qui jette une fois de plus l’opprobre sur tout notre système politique, détournant encore un peu plus les citoyens des urnes ce qui est préjudiciable à la démocratie.

Mais à y réfléchir ne serait-ce pas au contraire le meilleur moyen d’assainir un système à la dérive, habitué à accumuler passe-droits et privilèges d’un autre temps ?

Explication (très personnelle) :

On peut quand même s’étonner qu’un tel scandale éclate en pleine campagne présidentielle. Drôle de hasard, non ?

Dans le monde des élus et ce n’est un secret pour personne, tout le monde abuse plus ou moins de privilèges, d’une manière ou d’une autre, plus ou moins consciemment. Parfois la frontière entre privilèges et abus de la fonction est floue. La distinction entre petits arrangements pour service rendu et corruption, est souvent très subjective. Vous m’avez compris, dans ces milieux chacun « s’arrange » avec sa conscience et la morale.

Dans des proportions bien différentes « tout le monde se sert un peu, tout le monde sait plus ou moins qui magouille quoi, tout le monde se tait ». Tradition ancestrale entre élus oblige. Tant pis pour celui qui se fait prendre la main dans le pot de confiture, mais personne ne se dénonce. Règle chevaleresque ou plus bassement opportuniste (« laisse-moi tranquille et tu seras tranquille ») ?

L’omerta donc … Du moins jusqu’à présent … peut-être.

Imaginons un peu qu’après la petite phrase assassine de Fillon lors d’un meeting de campagne des primaires de la droite (discours rappelé par A2 dans son reportage sur l’affaire, celui où Mme Fillon est interviewée par une journaliste anglaise) « Qui imagine un seul instant le Général De Gaule mis en examen ? », clairement à l’intention de Sarkozy (mis en examen dans l’affaire Bygmalion depuis Février 2016), ce dernier ait vu rouge, n’ait pas apprécié la « petite leçon de morale et de droiture Gaulliste », … au point de rompre avec « la tradition de l’omerta ». On peut le comprendre.

Ce pourrait donc être ainsi que l’indiscrétion sur « les petites libertés de la famille Fillon avec les deniers publics » fut, de manière très indirecte mais assurée, transmise au Canard (étayée de quelques documents qu’un ancien président n’avait aucune peine à se procurer).

Voilà pour le « drôle de hasard », mais rien n’excuse l’attitude de Fillon-Filou qui aurait mieux fait de la fermer en matière d’honnêteté morale des élus.

Comme je l’ai récemment entendu : « quand on monte au cocotier, il faut avoir le cul propre » (dicton Africain).

Les traditions ne sont jamais éternelles et de mon point de vue, leur meilleure place est dans le folklore (ou les livres d’histoire). Terminé donc l’omerta sur les petits arrangements des élus avec l’argent public.

Si mon hypothèse est exacte et que la carrière politique de Fillon finisse à la poubelle, je pense qu’il ne va pas souhaiter s’y retrouver tout seul … dans la poubelle. Attendons-nous à quelques autres indiscrétions à l’endroit d’autres personnalités politiques, et finalement c’est tant mieux ! Grand ménage de printemps, c’est le bon moment.   

On pourra faire toutes les lois que l’on voudra pour « moraliser » la classe politique et réduire la corruption institutionnelle, la seule garantie efficace est, avec les lanceurs d’alerte, est la levée de l’omerta dans ces milieux.

Avec pour exemples les affaires « Cahuzac », « panama papers », « Penelope Gate » … et celles qui vont venir, nos élus vont se tenir à carreau et se surveiller les uns les autres.

Il ne s’agit pas de rentrer dans un monde de délation de bas étage, où chacun épie l’autre. Encore un fois et comme souvent, c’est une question de proportion et de bon sens. Comme à toute époque et à toute génération, le curseur sur ce qui est tolérable ou non bouge en permanence. Disons que ce qui était jusque-là admis comme fatalité dans les sphères du pouvoir et de l’argent, ne doivent maintenant plus l’être.

Nous sommes dans un monde où les écarts entre riches et pauvres, les tricheries de haut niveau et l’entubage politique ont pris une telle ampleur, qu’il devient urgent et vital d’y mettre un terme, d’inverser le processus avant que notre système démocratique s’écroule.

La seule manière d’y arriver, c’est l’auto-surveillance et une punition exemplaire pour celui qui se fait prendre à tricher, à abuser. Aucune circonstance atténuante pour un élu, un détenteur de l’autorité publique, un représentant de la justice. Celui qui se fait prendre doit payer pour tous ceux qui ont la chance de passer au travers. En matière de triche fiscale, c’est le principe. Reste à l’appliquer à tous les tricheurs et toutes les malversations d’envergure, celles qui ont un réel impact sur la collectivité, sur son équilibre social et financier.

On ne pourra jamais mettre totalement un terme aux passe-droits et privilèges, mais ceux qui en bénéficient vont maintenant devoir prendre conscience qu’ils auront peut-être un jour à rembourser avec intérêts. A défaut d’intégrité et de probité, les plus prudents préfèreront sûrement ne pas en abuser.

Il ne faudrait plus avoir à entendre (comme encore dernièrement sur interrogation des passants dans la rue) « de toute façon ils trichent tous ». C’est en acceptant cela comme une fatalité, que l’injustice sociale s’enracine et que le citoyen finit par ne plus croire aux vertus de la démocratie. C’est un bien difficilement acquis, fragile, que nous devons entretenir et chérir, car lui seul peut garantir nos libertés.

La complexité et la fragilité de nos sociétés modernes, ajouté à l’explosion démographique en cours, ne permettent plus les excès passés et actuels dans le partage des richesses que notre monde produit.

Finalement, le « Penelope Gate » est une bonne chose.

03 février 2017

Grand foutoir à prévoir ?

On attendait :

  • que les anglais restent dans l’UE, … et ils en sortent (25% seulement de la population en ayant décidé ainsi),
  • Clinton aux présidentielles US, … et c’est Trump (mégalomane c’est sûr, psychopathe c’est probable),
  • Jupé aux primaires de la droite … et c’est Fillon … « adulé », … puis « lynché » (un peu à l’image de DSK, pour des raisons différentes),
  • Valls à celles de la gauche, … et c’est Hamon.

Donc logiquement, pour l’avenir :

  • on espère la reprise économique, … et il faudra s’attendre à un grand plongeon, le vrai de vrai (pas tout de suite, mais avant 5 ans),
  • on espère la paix ou tout du moins un apaisement, … et il faudra s’attendre à la guerre, la vraie de vraie aussi, mondiale, dans le prolongement de la crise économique.

Les conflits armés ne sont que la conséquence des guerres économiques, et ce de façon quasi-mécanique dans l’histoire des civilisations. Et comme elles, ils peuvent rester locaux ou s’étendent au monde entier … avec la même amplitude et la même gravité.

En tout cas, si ce sont les populistes qui prennent le pouvoir un peu partout dans le monde occidental, … on est réellement en marche pour la 3ème.… Mondiale et atomique cette fois. Tous les populistes promettent le rêve économique et social en passant par le protectionnisme national … Exactement ce qu’il ne faut pas faire en période de tensions économiques. Exactement ce qu’ont fait les USA dans les années 30 avec pour effet de durcir et d’étendre leur propre crise au monde entier (à commencer par l’Allemagne, trop fragile à l’époque pour accuser le coup).

Trump-Lepen, le meilleur tandem pour le grand foutoir qui commencera par celui de l’Europe.

En plus « moderne », les mécanismes sont quasi-strictement les mêmes que ceux qui se sont mis en place dans les années 30 pour nous amener 10 ans plus tard là où on sait.

Plus que jamais, nous avons une responsabilité dans le choix que nous ferons aux prochaines élections.

Et si la personnalité des politiques que nous portons au pouvoir a son importance, intéressons-nous d’abord et avant tout, à leur programme (à son réalisme économique et à ses conséquences, non pas que pour notre propre pomme, mais pour la société dans son ensemble).

Le petit dicton pour la circonstance :

« Je ne sais pas à coup de quoi on fera la 3ème guerre mondiale, mais ce qui semble sûr c’est qu’on fera la 4ème à coups de bâtons et de pierres. » (Albert Einstein).

Un peu alarmiste, moi ? … Très sincèrement, je l’espère.

Face aux USA, l’Europe a une extraordinaire opportunité de prendre une place de première importance dans l’économie mondiale et dans l’échiquier géopolitique qui va avec. C’est le moment pour elle de simplifier et de renforcer ses règles de fonctionnement, et ce d’autant plus que la GB avec ses exceptions en sort. Si l’Europe éclate, et ce sera le cas avec Marine, il y aura franchement de quoi s’alarmer.

25 janvier 2017

Nos sociétés en danger (fake news)

Il n’y a pas que le terrorisme et l’obscurantisme religieux qui menacent.

Il y a ce qui est à la base du terrorisme et de l’obscurantisme, ses graines : les contre-vérités (avec l’ignorance comme terreau). Et à en croire les dernières élections importantes dans nos démocraties occidentales, ces graines ne seraient pas semées que par les salafistes ou pour servir une cause religieuse.

Le mensonge et la manipulation ne datent pas d’hier me direz-vous, mais c’est sans compter le désespoir engendré par les crises économiques majeures (comme la dernière de 2007) et l’ère du numérique avec son raz de marée d’information dans lequel se noie la bonne. 

"Fake news" vs "fact checking" : la post-vérité, ou la raison du plus fou

Par Charles Hadji  |  30/12/2016

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/fake-news-vs-fact-checking-la-post-verite-ou-la-raison-du-plus-fou-627538.html

Extrait :

« À l'ère de la « post-vérité », les affabulations semblent avoir plus de poids dans les esprits que la réalité. …

Les fables sont plus appréciées que les faits. Un bon « bobard » vaut mieux que l'austère, ou dérangeante, vérité.

Sommes-nous victimes, ou complices ? »

Un article intéressant sur ce qui est en train de se passer dans nos démocraties.

Ne manquez pas de lire et de répondre par vous-même à la question : « Sommes-nous victimes, ou complices ? »

Ce faisant, penchez-vous sur ce qu’est « le biais de confirmation » :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation

C’est un travers dangereux auquel nous n’échappons pas si nous n’en avons pas conscience. Je le connais depuis que j’opère en bourse. Il est à l'affût chaque fois que nous avons un choix à faire, quel que soit-il. Il nous amène souvent à faire le mauvais, celui qui ne tient pas assez compte des réalités du moment. Il est donc à l’œuvre quand nous votons. En fait nous ne nous affranchissons jamais totalement de ce biais, notre raisonnement n’étant jamais parfaitement objectif et complètement informé, mais plus nous sommes sous son emprise, plus nos choix sont déconnectés de la réalité et plus ceux-ci nous amènent droit dans le mur.

Mais en matière électorale, y-aurait-il aussi un mécanisme psychologique qui fait que lorsque nos dirigeants déçoivent, nous serions prêts à croire les nouveaux candidats, même s’ils racontent n’importe quoi ?

Comme si les électeurs n’étaient plus en capacité de faire la distinction entre rêve (utopies) et réalité (économique). Ce qu’ils oublient, c’est qu’il y a toujours un prix à payer. En matière financière, la sanction d’un mauvais choix est immédiate. En politique, le couperet tombe généralement à retardement et il ne « punit » pas que ceux qui ont fait le choix inadéquat.

Quand le peuple se trompe en élisant un beau parleur promettant un avenir meilleur, les premiers à payer les pots cassés sont toujours les plus démunis et les classes sociales les plus fragiles, à savoir celles qui y ont cru. Ensuite, tout le monde casque (sauf la minorité des plus riches qui aura toujours les moyens de se prémunir ou de quitter le pays).

Si l’exemple extrême de l’Allemagne de 1933 ne suffisait pas (ou paraitrait trop « éloigné »), il y a ceux plus récents du Venezuela (Hugo Chavez qui sur de belles promesses, a mis son pays pourtant riche en pétrole, complètement à sac) et de la Grèce (Alexis Tsipras qui promettant un assouplissement des conditions imposées par les créanciers du pays, n’a obtenu qu’un résultat diamétralement opposé). Le problème principal étant que les populistes au pouvoir font des dégâts sur de longues périodes, bien au-delà de la durée de leur mandat (quand ce n’est pas sur plusieurs générations).

Je pense que les Anglais vont d’ici 2 à 3 ans, payer cher les conséquences de leur choix, en fait celui de la majorité des votants qui en gros ne représentait que 25% seulement des électeurs inscrits (inconvénient majeur d’une démocratie sans obligation de vote). Les Turcs commencent à régler l’addition du choix qu’ils ont fait il y aura bientôt 3 ans (Août 2014). Quant au choix des Américains, j’ose espérer que ce ne sera pas au monde entier de trinquer.

Et en France ? Allons-nous aussi faire le mauvais choix sous le charme de belles et prometteuses paroles (en provenance de la gauche-gauche ou de la droite-droite) ? Allons-nous voter de façon émotionnelle (pour ce dont nous rêvons ou contre ce qui nous fait peur) ou de façon rationnelle (pour ce qui est socialement possible et économiquement viable) ?

Il est temps d’augmenter luminosité dans nos cerveaux (et pour certains électeurs, de commencer par allumer la lumière) et plus que jamais d’aiguiser notre esprit critique.

Dans la lignée de l’article précédent, un article qui annonce la vision du monde selon Trump :

"Alternative Facts" ou la version des faits selon l'administration Trump

Par Jean-Christophe Catalon  |  23/01/2017

http://www.latribune.fr/economie/international/alternative-facts-ou-la-version-des-faits-selon-l-administration-trump-632502.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20170124

Conclusion de l’article :

« … si la Maison-Blanche s'écharpe avec les médias et conteste des faits aussi légers que la taille de la foule ou l'état de la météo, que se passera-t-il lorsqu'il sera question de politique étrangère, ou d'évaluation de la politique économique ? »

Tous ces signaux sont assez inquiétants, ne trouvez-vous pas ?