20 décembre 2019

Les dés de la présidentielle 2022 seraient-ils jetés ?

Tout me semble dit là :

"Tout ceci n’aura ajouté aucune voix à Emmanuel Macron, et lui en aura fait perdre, notamment au profit de l’abstention.

Finalement, un certain nombre de ceux qui ont voté pour lui en 2017 auront été tellement déçus, voire écœurés, qu’ils ne tiendront plus le raisonnement qui en fait sinon le meilleur candidat face à Marine Le Pen, du moins le moins pire : ceux-là se diront qu’il existe des institutions, une justice, un droit ; que Marine Le Pen et son parti ne pourront pas faire tout ce qu’ils voudront, et qu’après une période limitée dans le temps, en tout cas à l’échelle de l’histoire, à l’issue de ce qui aura été une crise salutaire, le bon sens et les valeurs humanistes et démocratiques reprendront leurs droits.

Ils déchanteront ensuitemais trop tard.

Il faut donc, si cette analyse est fondée, regretter que le pouvoir semble vouloir se préparer à rejouer un scénario de type « 2017 », alors que ce qui se prépare pourrait plutôt annoncer « 1984 », un millésime qui nous rappelle que le parti qui était alors celui de Jean‑Marie Le Pen avait réalisé un score impressionnant à une élection nationale, lors du scrutin européen. Un millésime auquel le célèbre roman de George Orwell a aussi donné, si on peut dire, quelques lettres de noblesse."

Extrait de cet article :

Après la réforme des retraites, un horizon politique qui profite à l’extrême droite pour 2022 ?


Et à y réfléchir, que risquons-nous à laisser le pouvoir à un parti extrémiste (qu'il soit de droite ou de gauche), s'entend aux idées et projets de changement radicaux ?

1er risque (surtout si d'extrême droite) : qu'il change les règles de la démocratie une fois aux affaires !

C'est une constante dans l'histoire (Allemagne de 1933 bien sûr) et c'est en cours dans les démocraties actuelles où ils ont été élus (Turquie par exemple, Brésil à voir mais il y a fort à parier que Bolsonaro ne va pas se gêner pour aussi faire le ménage dans son opposition, sans parler des fausses démocraties où les dés sont pipés à chaque élection, Russie, Algérie, Égypte, … et bien d'autres).

Cela s'explique aussi simplement que logiquement : par essence, un parti extrémiste est contre la démocratie puisque celle-ci implique des contre-pouvoirs propres à lisser, voire contrecarrer ses projets. Par contre, il ne peut arriver au pouvoir que par la démocratie. Une fois qu'il y est, c'est une autre histoire (" …  mais trop tard" !).

2ème risque (extrême droite ou gauche) : qu'il détériore gravement l'économie !

Ces partis aveuglés qu'ils sont par leur idéologie et leurs tentatives (vaines) de répondre aux promesses qu'ils ont fait pour être élus, sont très mauvais en économie … et même en diplomatie internationale (Trump en est l'exemple type), ce qui n'arrange rien.

En économie les mauvaises décisions se payent sur plusieurs décennies. L'Argentine est toujours au fond du trou depuis 70 ans, payant encore les choix économiques désastreux du gouvernement Perón des années 50. Le Vénézuela basculant de très à gauche avec Chavez à très à droite avec Maduro, est tout aussi mal barré pour de nombreuses décennies (alors que c'est l'un des pays les plus riche en pétrole de la planète).

Autre constante : les populistes viennent au pouvoir grâce aux électeurs les plus défavorisés, enthousiasmés par de belles paroles. Par suite, ce sont eux qui payent le plus lourd tribut d'une économie déficiente, quand elle n'est pas purement et simplement en faillite (dans le jargon de la finance internationale, on n'appelle cela "faire défaut", avec pour conséquence l'impossibilité d'emprunter sur les marchés financiers internationaux pour relever l'économie).

Un gouvernement ne quitte pas le pouvoir (si c'est encore possible, si la démocratie n'a pas totalement disparu) en emportant avec lui les dégâts économiques qu'il a fait !

Les américains vont certainement chèrement payer ces prochaines années les initiatives erratiques de Trump et surtout la perte de confiance en leur pays à l'international, cette fois-ci non pas sur les marchés financiers (merci "roi dollar"), mais sur la parole donnée dans les accords. … Et ce pour longtemps (si "un Trump" peut arriver au pouvoir dans ce pays, rien ne dit que plusieurs années après son départ, n'en arrivera pas "un autre").

Au-delà du raisonnement logique, il y a l'impression, l'émotionnel : sur ce plan je rajouterais qu'outre l'idéologie malsaine qui se cache derrière le FN (je continue à les appeler ainsi et non "RN", car de mon point de vue ils n'ont rien de "rassembleur"), je ne sens de leur part, tant de leurs représentants que de leurs électeurs, que haine et intolérance !

Pas vous ?

Et comment, si l'on est de bonne volonté, accepter de donner les rênes du pays à des gens haineux ? Et qui, à part eux, pourrait souhaiter vivre dans une société repliée sur une seule identité culturelle, xénophobe et intolérante, vouée à s'asphyxier culturellement et donc économiquement ?

Pas moi, c'est sûr !


Jack

19 novembre 2019

Distinction islamophobie-racisme et “biais de confirmation”

« On a le droit d’être athéophobe comme on a le droit d’être islamophobe. En revanche, on n’a pas le droit de rejeter des hommes ou des femmes parce qu’ils sont musulmans. Le racisme, et ne dévions jamais de cette définition sinon nous affaiblirons la lutte antiraciste, le racisme c’est la mise en cause d’un peuple ou d’un homme ou d’une femme comme tel. Le racisme antimusulman est un délit. La critique de l’islam, la critique du catholicisme, la critique de l’humanisme athée n’en est pas un. »

C'est un bon résumé. Je l'ai trouvé ici :
De la mauvaise défense de l’« islamophobie »

Cet article parle aussi de la nécessaire diversité culturelle de notre société. Et bien entendu, pour que la diversité perdure, il ne faut pas qu'une identité culturelle prenne le pas, l'ascendant sur les autres. C'est là sans doute que se situe le malentendu, la controverse inutile. C'est aussi toute la différence entre "religion musulmane" et "islamisation" (prosélytisme de l'islam, religion politisée, élevée au niveau de l'État).

C’est cela la laïcité : la neutralité de l’État pour préserver la liberté de conscience et l’expression culturelle de chacun, dans le respect et la tolérance d'autrui. Ce n’est donc pas l’interdiction d’une religion, mais la garantie de l'État à ce qu'aucune n'empêche l'expression d'une autre ou ne vienne interférer dans le fonctionnement des institutions.

Nous ne devons donc pas basculer dans l'excès, dans un sens comme dans l'autre, et rester attentif à ce qu'aucune culture ne phagocyte les autres, tout en préservant leur diversité.

Je pense que notre civilisation sera d'autant plus forte et pérenne que les individus qui la composent seront différents. La diversité culturelle est source d'innovation (tout comme l'infinie diversité des gènes, garantit la régénérescence d'une espèce).

L'islamisme qui est la politisation de la religion musulmane, prône un idéal sociétal, religieux et culturel qui s'impose à tous. Il rejette toutes les autres religions et est hostile à la laïcité qu'elle trouve nocive, tout comme elle trouve le mode de vie occidental dépravé.
L'islamisme nie l'intérêt de la diversité. Je suis donc islamophobe, mais pas "antimusulmans" car je n'ai rien contre leurs croyances ou leurs pratiques religieuses, tant que celles-ci ne menacent pas, directement ou indirectement, à court ou long terme, ma façon de vivre et l'expression de mes idées. Autrement dit, tant qu'elles ne cherchent pas à m'imposer ou m'interdire quoique ce soit, ne serait-ce que le droit de les critiquer ou de les moquer (tout comme je pourrais le faire avec les autres religions).

Quant au racisme, je préciserais que c'est le mépris d'une personne, non pas pour ce qu'elle est ou ce qu'elle pense, mais de la simple croyance que l'on a de sa soi-disant appartenance à un groupe (ethnique, religieux, politique, …) dont on n'apprécie pas la culture ou l'idéologie, le tout sur fond de généralités et de connaissances peu approfondies

Les populistes usent et abusent de cette fénéantise intellectuelle qu’est le "biais de confirmation" (ne s'intéresser et ne croire que ce qui va dans le sens de nos premières impressions, souvent préconçues, ou ne rechercher que les preuves qui vont dans le sens de nos opinions en écartant systématiquement celles qui pourraient les contredire).

Ah le "biais de confirmation" ! C'est un "travers couteux" bien connu des traders, mais il est partout et on devrait en parler aux enfants dès l'école primaire pour qu'ils apprennent à s'en méfier tout au long de leur vie, et ce d'autant plus en raison de l'attrait et l'influence grandissante des réseaux sociaux (rumeurs et commérages de village, rapportés à l'échelle planétaire).

"L’esprit humain est comme un ovule, il possède un dispositif de fermeture. Quand un spermatozoïde est rentré, il se ferme pour que le suivant ne puisse pas rentrer. (Charlie Munger)".

J'ai relevé cette petite phrase très à propos dans cet article. Si vous n'avez pas le cœur de lire la définition de Wikipédia (très complète et donc un peu austère), lisez au moins cet article.

C'est en cherchant d'autres définitions que celles de Wikipédia sur le sujet, que je suis tombé sur ce blog (d'intérêt) qui s'appelle "La Toupie". Tout un symbole pour ce qui concerne (à mon sens comme sans doute à celui de l'auteur du site), la meilleure orientation de la pensée : aucune !

Bon, si vous n'avez vraiment pas le temps de lire et qu'il vous faut un résumé de "chez résumé", voici cet article : Éviter les pièges de la pensée : Les biais cognitifs
Un autre blog que je découvre aussi et qui dans l'esprit, n'est pas très éloigné du mien (rejeter les dogmes, refabriquer ses propres pensées, toujours tout remettre en question).
Convaincu des méfaits du "biais de confirmation", en serait-ce un que de s'intéresser aux blogs qui en parlent et offrent des définitions similaires ?

@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

















12 novembre 2019

Moins de libertés pour plus de liberté ?

Entre une Chine répressive et Occident liberticide, un article intéressant :

Péril réel et pouvoir virtuel (La Tribune - 11/11/2019)

Extrait (conclusion) :

Bien loin de la promesse originelle d'Internet qui était de permettre l'expression de la liberté et de la différence, les réseaux sociaux sont devenus une formidable machine de consensualisme des esprits et de formatage des corps. Et c'est là que subsiste le paradoxe de notre époque : pour être libres et pouvoir bénéficier des effets positifs de la toile, il y a urgence que nos comportements soient encadrés.

Ce qui est sûr, c'est qu'il ne peut y avoir de liberté sans règles, autrement dit, la liberté sans restriction est privative de liberté.

S’il est évident que "la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres", faut-il maintenant penser à instaurer des règles pour "protéger" notre "libre arbitre" ?

Depuis que la civilisation existe, nous “pensons sous influence" (du groupe, familial, national, politique, culturel, religieux, …), mais nous ne pouvons nier la formidable emprise des réseaux sociaux sur la libre pensée et le risque des ravages intellectuels, voire psychiatriques, qu'ils peuvent causer (… et pas que sur les ados).

Alors devons-nous, comme la Chine, légiférer sur le droit et la manière de les utiliser ?

Entre une société "formatée" où plus personne ne pense vraiment et le libre accès à l'information, quel qu'en soit sa forme ou son contenu, il va peut-être falloir trouver le juste milieu avant que les choses ne dégénèrent, ce qui pourrait revenir à faire le choix entre les "bons" et les "mauvais" vecteurs d'information. Et dés que l'on fait cela, on limite l'information … et donc la liberté de penser.

23 septembre 2019

docteur Folamour

Les nouveaux missiles russes signent-ils la fin de la domination américaine ?

The Conversation - 15 septembre 2019

Un article (à lire en entier pour comprendre en quoi il rappelle le film précité) aussi intéressant … qu'effrayant !

… Et ce d'autant plus dans le contexte actuel d'instabilité et d'inquiétudes exacerbées sur tous les plans (économique, culturel, politique, géopolitique).

Extraits :

Une machine n’a pas d’état d’âme

Les Russes ont repris ce concept en lui apportant une amélioration majeure : des éléments d’intelligence artificielle le rendant complètement autonome, l’engin détermine lui même sa trajectoire afin de déjouer les systèmes de détection ennemis, il est également apte à « choisir » ses cibles.

…/…

Docteur Folamour, un documentaire ?

Certes, le film Docteur Folamour nous avait révélé le principe de la dévolution (Stanley Kubrick, 1964) mis en place par Eisenhower dans les années 50. À ce titre, pour Daniel Ellsberg, un ancien consultant de la RAND, ce film doit plus être considéré comme un documentaire que comme une fiction satirique.

Pour rendre crédible la dissuasion et décourager les Russes de décapiter le haut commandement en lançant une attaque massive sur Washington, le pouvoir de lancer une attaque nucléaire est déléguée aux commandants de terrain qui peuvent eux-mêmes la déléguer à leurs subalternes.

Mais comme l’exposait le personnage du docteur Folamour, en grande partie inspiré par l’ouvrage d’Hermann Kahn On Thermonuclear War, pour être crédible la dissuasion nucléaire ne peut s’appuyer sur l’élément humain qui constitue le maillon faible.

…/…

C’est ainsi que les Russes avaient conçu le système Mertvoya Ruka ou Dead Hand dans les années 70, également connu sous le nom de « Perimeter ».

…/…

Aujourd’hui les militaires russes n’ont plus cette appréhension puisqu’ils ont prévenu en 2017 par l’intermédiaire de la Pravda que « Perimeter » était de nouveau opérationnel.

Le « launch on warning », une option effrayante

Si ce système peut paraître effrayant, il n’est qu’une alternative à une option beaucoup plus dangereuse : le « launch on warning » (LOW) qui consiste à déclencher une riposte après avoir été averti d’une attaque ennemie par le biais du système de détection.

Plusieurs erreurs ont montré la dangerosité de cette doctrine. Ainsi le 3 juin 1980, le NORAD annonça que plus de 2 200 missiles soviétiques se dirigeaient vers les États-Unis. Il ne s’agissait que d’une fausse alerte.

Il paraît plausible d’envisager aujourd’hui, ne serait ce que pour rendre crédible leur dissuasion nucléaire, que les États-Unis travaillent à la mise en place d’un tel système.


De mémoire, dans le film "Docteur Folamour", il s'agissait de "la machine infernale" (attaque thermonucléaire massive déclenchée automatiquement par un système non désactivable).

Comme le disait Alain (philosophe), il est encore plus vrai que "Si le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté".

Par les temps qui courent, à défaut de prier ou de serrer les fesses, c'est bien ce dont il nous faudra avoir le plus, … de la volonté … pour rester optimiste.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

17 août 2019

Économie et politique : histoire de cycles

Une explication simple des cycles politico-économiques par François LENGLET :

"Si on ne s'occupe pas des peurs des français, cela risque de mal finir !", selon le journaliste François Lenglet

Question de mondialisation (mise en concurrence des savoirs, des produits … mais aussi des salaires) et de cycles (l'économie n'est que "cycles") ! Dans le fond, sous des formes et des aspects différents, l'histoire ne fait que se répéter depuis que la civilisation existe.

Les phases de libéralisme et d'interventionnisme se succèdent dès que l'une d'elle atteint son paroxysme, son seuil d'acceptabilité par le plus grand nombre de citoyens (dans les démocraties en tout cas).

Outre que ces "moments de bascule" sont économiquement et politiquement délicats à gérer, les populistes profitent du mécontentement populaire pour se faire une place sur la scène en surfant sur les peurs (de ce qui est, de ce qui pourrait être). Qu'importe que leur programme soit viable ou non, quand bien même ils en aient un, du moment que leur discours va dans le sens de leur auditoire angoissé (confirmer et attiser les craintes, puis promettre des solutions, rien de plus facile).

Mais tout étant absolument et irrémédiablement lié, on ne peut expliquer et solutionner un problème particulier sans s'occuper du reste.

C'est malheureusement ce que font les populistes pour capter des voix : présenter des solutions simples à des problèmes complexes. Et dans les phases de changement de cycle, c'est là le plus grand danger qu'une démocratie court.

La variante la plus importante dans ces mécanismes répétitifs est leur ampleur (tant économique que politique, les deux faces d'une même pièce). Plus il y a de monde, plus le risque est grand. Et donc, à chaque fois et plus on avance dans le temps, plus la civilisation “risque sa vie".

Je pense qu'au retournement qui arrive et qui a sans doute commencé à se produire, notre civilisation survivra (sauf guerre thermonucléaire ou pandémie de type Ébola), mais pas forcément nos démocraties qui, fragiles par essence, sont en réel et imminent péril (en France comme ailleurs). Peut-être vivons-nous ses dernières décennies. Démocratie et dictatures sont aussi une histoire de cycles, longs certes, mais cycles quand même.

Une autre constante s'applique en économie comme en politique (et sans doute en tous domaines) : tout excès porte en lui les germes de l'excès inverse. Elle explique aussi, en partie seulement, les phénomènes de cycles.

Mais comme le journaliste économiste, restons optimistes.


Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

08 août 2019

Faites vacciner vos gosses, sans oublier ...

… le vaccin contre les papillomavirus !

Ce sont des tueurs à long terme (cancers) généralement "oubliés" dans la panoplie des vaccins indispensables.

Ils touchent surtout les filles ("Les papillomavirus sont responsables de près de 100 % des cancers du col de l'utérus"), … mais celles-ci sont généralement infectées par les garçons, raison principale pour laquelle ils doivent aussi être vaccinés (quoiqu'eux aussi peuvent développer certains cancers avec cette classe de virus, leur vaccination est indispensable pour en limiter la propagation).

… Et si vos gosses sont grands, déjà vaccinés ou que vous n'en avez pas (ou pas encore), dites-le autour de vous !

Extrait de l'article qui suit :

Malheureusement, en France le déficit d’information scientifique et médicale solide et l’audience des fake news diffusées sur le sujet via les réseaux sociaux aboutit notamment à réduire la couverture vaccinale contre le papillomavirus en dessous de 20 % pour les jeunes femmes. Ce niveau est dramatiquement inférieur à l’objectif de 70 % théoriquement fixé par les autorités de santé et ne montre aucun progrès.

L’insuffisante vaccination contre le papillomavirus, un futur scandale sanitaire

Autre article intéressant (toujours de TheConversation) plus généraliste sur les MST (ou IST) :

Retour des infections sexuellement transmissibles : vers une épidémie de l’ampleur du sida ?

A oui, quoique non lu dans les articles précédents, il me semble qu'une fois acquis on ne se débarrasse plus de ce type de virus !

Comme l'herpès, il reste tapi au fond de l'organisme sans grandes conséquences immédiates pour celui qui le porte, si ce n'est celle de continuer à se transmettre, et parfois, de développer un cancer bien des années après son acquisition, comme le dit l'article.

Vaccinés ou non, informez vos ados sur les IST.

A bon entendeur …

12 juin 2019

Addiction aux réseaux sociaux

Plus que les écrans eux-mêmes, ce serait la consultation compulsive des réseaux sociaux qui finirait par avoir des conséquences négatives sur la santé mentale. Cela commencerait par la perte de capacité à soutenir l'attention et pourrait, à l'extrême, mener à la dépression, voire à la paranoïa.

À voir tous ces gens (et pas que les ados) hypnotisés par leur smartphone, en tous lieux et à tous moments, on dirait que "la maladie" se propage tel un virus. En tous cas, il s'agit d'un phénomène de société à grande échelle, qui au mieux pose question et au pire commence à inquiéter.

On en parle pas mal en ce moment et c'est bien. Voici un interview qui fait une bonne synthèse des mécanismes à l'œuvre (captation addictive de l'attention et ses conséquences).

"Notre addiction compulsive aux smartphones n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'un modèle économique !", selon Bruno Patino (Directeur éditorial d'Arte France)

Tout est donc fait pour vous rendre accro, … avec pour conséquence (outre de vous gaver de pubs et d'idioties diverses) de vous rendre mentalement malade, tel un drogué piégé dans son addiction. On parle alors de "nomophobie" (peur d'être séparé de son téléphone mobile) et "d'athazagoraphobie" (peur d'être oublié).

Autotest (pour ce qui concerne l'attention) : si vous arrivez à regarder cette vidéo jusqu'au bout (de façon concentrée), c'est que vos processus cognitifs ne sont pas encore trop "atteints" puisque vous seriez arrivés à soutenir votre attention bien plus de 9 secondes (1" de + qu'un poisson rouge) !


@+

Jack

16 mai 2019

Richesse d'entreprise et partage : entre actionnaires et salariés, qui reçoit le plus ?

On entend souvent, trop souvent, que "ce sont les actionnaires qui s'enrichissent le plus, qui captent le plus les richesses produites par une entreprise". Pire, que "les actionnaires s'enrichissent sur le dos des salariés".

C'est bien évidemment faux, totalement faux ! De l'intox distillée par ceux qui y ont intérêt (politiques) et avalée par d'autres qui ne savent pas vraiment de quoi on parle (le grand déficit bien Français en culture économique, source de bien des aprioris, des incompréhensions et autant de fakes news).

En réalité, les salariés sont les premiers servis dans la distribution de cette richesse produite, et ce dans la plus forte proportion : 70% en moyenne. Cela me parait bien normal. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est de dire et faire croire le contraire.


Pourquoi il faut arrêter de répéter bêtement que le CAC40 n'enrichit que ses actionnaires !

https://www.boursorama.com/videos/actualites/pourquoi-il-faut-arreter-de-repeter-betement-que-le-cac40-n-enrichit-que-ses-actionnaires-ae27c93a827626d8ed76c1de891a55e1

"Les entreprises du CAC40 enrichissent certes leurs actionnaires, mais selon une étude de l'institut économique Molinari, les vrais gagnants ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. Passage en revue des grands bénéficiaires avec Marc Vignaud, journaliste au Point." Ecorama du 16 mai 2019, présenté par David Jacquot sur boursorama.com.

D'après cette étude, la France serait même le pays où les entreprises distribuent le plus de leur richesse produite à ses salariés (et le moins à ses actionnaires).


Quelques notions élémentaires pour mieux comprendre :


Qu'est-ce que "la Valeur Ajoutée" ?

Schématiquement, c'est la richesse produite par une entreprise et partagée entre ses différents acteurs, ceux qui participent à cette création de richesse.


Qui sont ces acteurs et sous quelle forme cette richesse est-elle distribuée ?

Les acteurs sont donc tous ceux qui "participent" à cette création de richesse, à savoir (ordre décroissant de richesse distribuée) :

1) Les salariés bien sûr qui reçoivent leur part sous forme de salaires.

2) Les dotations aux amortissements et aux provisions (notion comptable) représentant la part des investissements (comme les installations techniques, le matériel fixe ou roulant, …) participant directement à la production. Plus une entreprise sera robotisée, plus cette part sera importante, remplaçant la main d'œuvre (et donc la part "salaires"). Une partie de la richesse produite est consacrée non pas à payer du personnel, mais à payer des machines. Les "provisions" (notion plus complexe) sont en quelque sorte des sommes mises de côté pour financer des dépenses ou déboires à vernir (risque et charges futurs, d'impayé ou de procédure). Elles sont également une part de richesse produite ("en attente" d'être ou non distribuée plus tard).

3) L'État qui participe de par les infrastructures et services divers (protection des salariés comme de l'entreprise, sociale, judiciaire, voire même militaire, aide à l'exportation, …), en vue d'assurer à l'entreprise une production et commercialisation dans les meilleures conditions. Il reçoit sa part sous forme de charges sociales et d'impôts. 

4) Les banques qui assurent le financement des moyens de production (investissements, crédit client et fournisseurs, …).

5) Et enfin, les actionnaires qui participent au "risque industriel et commercial" de par leurs apports en capital (pas d'entreprise sans capital).


Pourquoi appelle-t-on "valeur ajoutée" la "richesse produite" par l'entreprise ?

Tout simplement parce que c'est ce que l'entreprise "ajoute" aux produits, services et matière premières qu'elle achète pour fabriquer ses propres produits finis (ou services), ceux qui sortent de son usine (ou de son établissement) et qu'elle vend (à d'autres entreprises ou directement aux consommateurs).

Le calcul (ou composition) de la "valeur ajoutée" (VA) peut légèrement varier d'une activité économique à l'autre et sa définition peut-être strictement "comptable et fiscale" ou "économiquement interprétée", mais sa définition (ou notion) reste celle-ci :

Chiffre d'Affaire (CA), à savoir tout ce que l'entreprise encaisse de ses ventes, déduction faite de toutes ses dépenses "externes" :

- matières premières incluant les produits finis qu'elle va incorporer dans ses propres produits,

- services extérieurs et sous-traitance (TFSE pour "Travaux, Fournitures et Services Extérieurs), incluant les loyers

Reste donc bien ce qui la compose (énumération ci-avant) : les salaires, les investissement, les impôts et taxes, les frais financiers et éventuellement, les bénéfices (ou marge nette après impôts).

Une définition (comptable) simplement et bien expliquée :

https://www.compta-facile.com/valeur-ajoutee-va-definition-calcul-interet/


La VA sert au calcul de la TVA ("Taxe sur la VA") et du PIB (Produit Intérieur Brut) comme du PNB (idem, mais National, incluant les produits issus de l'exportation). C'est toujours une notion de "richesse produite", une mesure économique essentielle (à tous les niveaux).


Quant aux actionnaires, ces "vilains actionnaires" qui se gavent de "dividendes" ! 

Ce sont eux qui prennent le plus de risque dans l'affaire (perte totale de leur mise si l'entreprise se casse la figure), et pourtant, ils sont les derniers servis : toutes les entreprises ne versent pas systématiquement un dividende et celles qui le font, ne le font pas chaque année. Par principe, le dividende n'est qu'une part de bénéfice NET (ce qui reste après avoir "désintéressé" tous les autres acteurs précités). Donc par principe, pas de dividende si perte annuelle, et pas forcément de distribution de dividende même en cas de bénéfice (pour différentes raisons, notamment en vue d'investissements à venir ou d'un risque futur important, l'entreprise peut décider de ne rien distribuer). Je parle de ce mécanisme ici.

Mais quoiqu'il arrive, les autres acteurs (salariés, État, banques) reçoivent leur part de richesse produite (et même plus que théoriquement dû, si ce n'est pas un bénéfice mais une perte qui est constatée en fin d'année). En fait, seuls les actionnaires supportent les pertes, sans même être sûrs de recevoir des dividendes en cas de bénéfice.

Au contraire de ce que trop de gens croient, les actionnaires sont non seulement les moins bien lotis dans la redistribution de richesse produite par l'entreprise, mais ce sont également eux qui paradoxalement permettent que cette richesse soit produite. Aucune entreprise ne peut exister sans une mise de fond initial (le capital) et aucune ne peut prospérer sans investissements (en partie assurés par les augmentations de capital, sans lesquelles aucune banque ne prêterait). Les actionnaires alimentent l'entreprise en argent frais, à leur risque et péril. Normal que ce risque soit un peu rémunéré (dividendes aléatoires).

Bon d'accord, personne n'est obligé de prendre le risque de miser dans une entreprise en devenant l'un de ses actionnaires.

Ces derniers prennent et assure seul ce risque sans attendre qu'on les en remercie. C'est entendu. Mais jusqu'à les montrer du doigt et les traiter de "parasites de l'économie", il y a des limites à ne pas franchir sauf à être de très mauvaise foi ou totalement inculte.

Il est également vrai que les actionnaires ne sont pas tous animés de bonnes intentions. Comme partout et en tout, il y a des malversations, des manipulations (comme les "fonds prédateurs" rachetant des entreprises pour les revendre après les avoir vidées de leurs forces vives), mais quoique les plus médiatisées, ces opérations financières malhonnêtes restent exceptionnelles.

Personne ne dit que tout est parfait et que nous vivons dans monde des bisounours. Après tout et si on y réfléchi un peu, l'économie est capitalistique par essence, depuis qu'elle existe, à savoir depuis les origines de la civilisation quels qu'en soit ses modes de redistribution et "habillages politiques" (l'économie communiste Chinoise est capitalistique tout comme l'était l'ex-URSS, et même le monde de "Castro" ou de "Kim Jong-un"). Seul le capital permet le développement économique. Croire le contraire n'est qu'utopie.

Quant à la "juste redistribution des richesses", elle n'a jamais réellement existé (si ce n'est sous forme d'utopie ou d'hypocrisie nationale), ne serait-ce parce que la notion de "mérite" est tout aussi variable que celle de ce qui est "juste".

On peut simplement espérer faire au mieux, mieux que s'est fait dans le passé et ce qui se fait ailleurs. Je crois qu'en France et en Europe, on n'y arrive pas trop mal, même s'il est certain que des progrès sont encore et toujours à faire en matière de redistribution (un sujet que j'ai souvent abordé).


@+

Jack

23 février 2019

Justice fiscale

Où se situe la France en matière d’impôts et taxes par rapport aux autres pays industrialisés ?

Ce ne sont pas les articles qui manquent pour faire des comparaisons. Elles ne sont pas toujours faciles tenu compte de la variété des taxes possibles et de leurs mécanismes d’application (directs, indirects, seuils, …). Mais globalement, en voici quelques-uns pour se faire une bonne idée de la réponse à la question :

Les impôts en Europe (carte comparative de la charge fiscale comparée au PIB) :

https://www.touteleurope.eu/actualite/les-impots-en-europe.html

Comme on pouvait s’y attendre, nous sommes dans le peloton de tête (45.6% du PIB).

Autres sources (“officielles” ou fiables) de comparaisons fiscales :

http://www.oecd.org/fr/fiscalite/statistiques-des-recettes-publiques-25227092.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiscalit%C3%A9_dans_l%27Union_europ%C3%A9enne

Un aspect à ne pas négliger quand on parle de fiscalité : la concurrence fiscale

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-mondiale/concurrence-fiscale-en-europe/

Alors ? Peut-on vraiment, en France, alourdir la charge fiscale et pour qui ?

Ma réponse est non. Au delà de la charge fiscale actuelle, nous ne trouverons plus personne à imposer (entreprises comme particuliers se seront “évadés” avant) et l’effet sera même contraire : la fuite des capitaux fera qu’une hausse fiscale aboutira à une baisse des recettes fiscale. Ce n’est pas plus compliqué que cela !


Et qu’en est-il de la redistribution des richesses nationales produites ?

C’est une question étroitement liée à la fiscalité (redistribution des minimas sociaux et niveau des infrastructures offertes aux citoyens, tous services publics confondu, de l’enseignement à la santé, en passant par la justice, la sécurité et la défense). Elle fait polémique, mais si la France est l’un des pays qui taxe le plus, c’est aussi l’un des plus redistributifs.

Quelques articles fiables abordent assez bien cette question :

http://impotsurlerevenu.org/la-fiscalite-francaise/908-redistribution-qui-finance-et-qui-profite-.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Redistribution_des_revenus

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-fiscalite-francaise-est-l-une-des-plus-redistributives-781941.html


COMPARER !

C’est cela que devraient faire « les gilets » si mécontent de notre système (social, politique, fiscal). Comparer les possibles et ce qui se fait ailleurs (de mieux s’ils trouvent, mais aussi de pire) … au lieu de rêver à ce qui ne peut se faire (du moins, peut-être, pas avant quelques siècles dans un monde unifié, techniquement, économiquement et socialement prêt à offrir une vraie égalité entre humains), … au lieu de refuser obstinément de comprendre que leur situation pourraient bien dramatiquement empirer si le système qu’ils mettent en cause venait à partir en vrille. … Ce qui arrivera à force de vouloir tout casser, le matos comme des institutions politiques qui, certes perfectibles comme tout, ont quand même fait leurs preuves par rapport aux autres systèmes testés à travers le monde et l’histoire (comme le disait Churchill, « la démocratie est un mauvais système, mais on n’a pas encore trouvé mieux »).

Mais revenons à notre “fiscalité comparative” :

En France les revenus sont imposés de 31% (14% + CSG 17.2) à 62% (45% + 17.2%) et ceux du capital à 63% (flat-tax 30% + 33% d’IS payé par l’entreprise avant distribution du dividende, … et oui, c’est indirectement une charge fiscale supplémentaire dont tiennent compte les investisseurs quand ils comparent la fiscalité entre pays). 

A cet impôt direct s’ajoutent les impôts locaux, la TVA , l’IFI (impôt sur le patrimoine immobilier ayant remplacé l’ISF), la taxe sur les hauts revenus, l’imposition des plus-values, sur la transmission de patrimoine (droits sur donations et héritages où nous sommes également champions) et je ne sais encore quels autres impôts ou taxes qui font qu’au final, ceux qui les paient travaillent plus pour l’État (et donc en grande partie « pour les autres ») que pour eux-mêmes et leur famille.

Sarko avait institué une limite d’imposition globale de 75% des revenus, ce qui veut dire que certains contribuables étaient imposés au-delà !   

… Et « nos gilets » voudraient que l’on augmente encore la charge fiscale ? … Sur les revenus supérieurs aux leurs, bien évidemment.

Entendons-nous bien : je ne suis pas contre le fait de payer des impôts pour financer, outre les infrastructures d’État dont nous profitons tous, les aides et services publics à ceux qui n’en paient pas. Pas de problème. Je dis juste qu’il y a des limites (et des revendications) à ne pas dépasser.

Pour ma part je suis imposé à 30% de mes principaux revenus (essentiellement constitués de PV boursières) … alors que je prends 100% de risque sur mon capital (l’État lui, n’en prend aucun). A la différence d’une banque ou d’un fonds de pension, « je ne joue pas avec l’argent des autres ». Je risque mes propres économies, sans filet et en toute responsabilité. La prise de risque ça se rémunère. Où est-ce que Macron me fait un « cadeau » en passant à la flat-tax ?

À mon niveau et mon type de revenu (prise de risque importante), 30% de taxation est un « maximum supportable ». Qu’est-ce que cela signifie ? Lisez (ou relisez) cet article qui explique pourquoi “trop d’impôt tue l’impôt” (démonstration et faits historiques à l’appui).

Pourrais-je expliquer ce qu’est « la juste rémunération du risque » à un « pauvre gilet gavé d’idées préconçues »  qui croie encore que les placements rapportent sans rien faire et sans risque comme à la fin du XIX° siècle ? Il pourrait bien me répondre que lui aussi il prend un risque : celui d’avoir un emploi dans une entreprise qui pourrait fermer ses portes … après lui avoir assuré un salaire régulier, des congés payés et des assurances … pendant quarante années. Sûr qu’à ce niveau de discussion, le débat pourrait être difficile !

Quant à parler d’utilité de l’investissement, ce serait expliquer qu’une entreprise a autant besoin d’ouvriers, d’ingénieurs que de capitaux pour se développer. Ce serait aussi aborder la notion de risque économique, de l’indissociable couple risque/gain qui accompagne tout investissement, qu’acheter une action c’est acheter une part d’entreprise et donc participer à son « aventure économique » (même si ce n’est que pour une durée limitée), qu’acheter une obligation c’est lui prêter de l’argent sans être sûr d’en revoir la couleur ou de n’avoir aucune certitude sur sa valeur ou ses intérêts (l’un progressant toujours inversement de l’autre). Alors quand Besancenot dit en interview que « les actionnaires sont les parasites de l’économie », je ne m’aventurerai certainement pas à essayer de faire comprendre quoique ce soit en matière de placement financier à un « gilet ».

Alors, plutôt que de chasser les investisseurs du pays, chassons les tricheurs !

C’est la voie que montre un pays qui concentre pourtant tout ce que dénoncent les anti-capitalistes : les USA. Et avec leur “loi FACTA”, les américains n’épargnent pas entre-eux.

On ferait bien de nous y mettre nous aussi (plus sérieusement qu’on le fait à ce jour).

Pour moi, c’est toujours le même principe : ne pas en vouloir aux tricheurs ou « profiteurs », mais aux systèmes qui ne les sanctionnent pas ou trop peu. La nature humaine est ce qu’elle est, et il serait hypocrite de faire croire qu’on peut la changer du jour au lendemain, alors qu’on peut le faire avec les règles d’un système.

Le système Trump rend les paradis fiscaux obsolètes !

https://taj-strategie.fr/reforme-fiscale-americaine-aboutit-a-nouvelle-forme-de-protectionnisme/

Je n’aime pas Trump, mais à ce sujet, les Européens (et non la France toute seule) feraient bien de s’en inspirer ! « S’en inspirer », ne veut pas dire appliquer la même méthode et les mêmes calculs à visée purement protectionniste.


Pour en conclure avec ce qui me met (en ce moment) « en colère » :

Je « comprenais » le mouvement des gilets jaunes au début, croyant qu’il s’agissait surtout, entre autres revendications légitimes, de la défense de ceux qui ne s’en sortent pas, ceux dont les revenus n’atteignent pas 1.000 € mensuel, quel qu’en soit la raison (spirale chômage, maladie, retraite). Une société qui se dit évoluée, ne peut laisser personne dans la misère (même les flémards, car à y réfléchir, on ne l’est jamais sans raison).

Avant que ce mouvement ne dégénère en ce qu’il est maintenant, un aspirateur à la jalousie, la haine et aux extrémistes de tous bords, je me suis aperçu que la majorité d’entre-eux avaient des revenus qui me paraissent corrects pour vivre (2000/3000 €/mois) et qu’en plus ils n’avaient pas grand-chose à faire des “RSA”, des “minimums vieillesse” et autres minimas sociaux (ce n’est pas moi qui l’ai constaté, hors le fait qu’effectivement je n’ai pas vraiment entendu de revendications au sujet de la hausse de ces minimas, et les ai parfois entendus traiter ceux qui en bénéficient de “profiteurs”).

En fait et contrairement aux apparences qu’ils veulent donner, la justice fiscale ou sociale n’est pas vraiment leur combat, qui n’est que le leur, celui d’avoir plus (salaires, services publics) en donnant moins (fiscalité). Ils ne s’intéressent qu’à leur propre cause, quand certains d’entre eux ne regardent pas ceux qui gagnent plus avec jalousie et ceux qui ont moins avec mépris.

Là, avec mes caricatures (quoique ?), je ne me suis pas fait des copains !

Bien évidemment que nombre de “gilets jaunes” ne méritent pas un tel regard. Beaucoup ont certainement de la compassion envers ceux qui ont moins qu’eux (comme j’en avais au début pour leur mouvement), dénoncent à juste titre certains excès du capitalisme et anomalies fiscales, tout en admettant que l’on ne résoudra pas les problèmes en cassant tout et en divisant la société. Mais à l’heure où j’écris et à mon avis, ceux-là se sont désolidarisés du mouvement.

Ma critique s’adresse donc aux extrémistes et aux idiots qui les écoutent, ceux qui restent et refusent le dialogue, envers et contre toute logique.

Ceux-là, je ne les veux pas comme “copains” ! 


Jack

21 février 2019

Dividendes : démystification nécessaire

Démystification :

Marchés : ces gros mensonges à propos des dividendes …

https://www.boursorama.com/videos/actualites/marches-ces-gros-mensonges-a-propos-des-dividendes-c97d3c0d3a6d6c2949353c7133519e40

… Article qui nous rappelle (comme je l’ai déjà fait par ailleurs) :

1) toutes les sociétés cotées en bourse ne délivrent pas toutes des dividendes (loin de là),

2) il faut tenir compte de l’évolution de la valeur des titres détenus et donnant droit à dividendes, non seulement au moment de leur distribution (baisse mécanique du titre le jour même et pour la valeur du dividende) mais tout au long de leur détention (en 2018, les actionnaires ont globalement subi une moins value sur leur portefeuille, même y incluant les dividendes distribués pour ceux qui auraient eu le bon flair d’acheter les actions des entreprises qui en distribuent),

3) le dividende est en quelque sorte une “prime de risque” à la détention d’actions et sa distribution n’est ni obligatoire ni automatique (décision du CA de l’entreprise, indépendamment du fait qu’elle réalise des bénéfices, une société pouvant distribuer des bénéfices réalisés les années précédentes ou par avance sur ceux de l’exercice en cours, avec pour objectif de fidéliser ou attirer des actionnaires),

4) chaque dividende génère de l’impôt doublement (qui profite à tout le monde), de la part de la société avant qu’elle ne décide de le distribuer (impôt société) et de la part de l’actionnaire individuel qui le touche (impôt sur le revenu ou flat-tax). Actuellement, avec un IS de 33% et une flat-tax de 30%, les dividendes sont imposés à 63% !

5) les “anti-capitalistes enragés (je suis tout aussi conscient des dangers d’un capitalisme débridé, que de sa nécessité dans la création de richesses au bénéfice de tous) aiment, si ce n’est à parler de sujets qu’ils ne comprennent pas, divulguer des informations tronquées ou déformées pour ameuter et énerver ceux qui ne savent pas.

Il est certes beaucoup plus facile d’entretenir et alimenter des stéréotypes, et ce d’autant plus dans des matières complexes (comme le sont l’économie et la fiscalité), que d’expliquer.

16 février 2019

Fiscalité comparative France-USA

Petite comparaison rapide (et perso) avec une fiscalité hors d’Europe, celle des USA (“comme par hasard”) :

Aux USA, pays qui parmi les nations industrialisées est loin d’avoir une fiscalité aussi avantageuse que beaucoup le croient, les impôts sont globalement (revenus, immobilier, local + fédéral) moins lourds qu’en France (3 à 5 fois moins selon les états) tout en offrant un cadre de vie comparable au notre (hors système de santé et protection sociale, il est vrai) qui pourrait attirer bien des capitaux encore investis chez nous et qui “s’évaderaient” à coup sûr si ”notre” pression fiscale devait s’accentuer.

Un article récapitulant les principaux impôts US (Déc. 2017) :

https://www.lepoint.fr/economie/la-reforme-de-la-fiscalite-americaine-en-5-chiffres-19-12-2017-2181218_28.php

Soit (analyse rapide) un IR à 37% maximum à partir de 300 KUSD (600 K$ couple) = 265 K€ par an (personne seule), soit environ 22.000 € de revenu par mois !

Alors qu’en France c’est 62% (45% + CSG 17.2%) dès que l’on atteint 156 K€ par an (IRPP 2019 sur revenus 2018), soit presque le double d’impôt sur un revenu presque moitié moindre !

Quant aux exonérations diverses pour faire baisser l’assiette imposable, il en existe autant sinon plus aux USA.

… Le tout hors impôts locaux (faibles aux USA), TVA (il n’y en a pas aux USA, quoiqu’ils aient à la place des taxes locales propres à chaque Etat) … et sans même parler de l’IFI, ni de la taxe sur les hauts revenus, ni des plus-values, ni de la taxation sur la transmission de patrimoine où nous sommes également champions (en Australie par exemple, l’héritage n’est pas taxé), ni de je ne sais quelle autre impôt ou taxe qui font qu’au final, …

ceux qui les paient travaillent plus pour l’État (et donc en grande partie « pour les autres ») que pour eux-mêmes et leur famille.

12 février 2019

Con comme un gilet ?

Une évidence que les gilets jaunes qui « s’accrochent à l’ISF » ne comprennent pas (entre autres évidences) : plus on taxe les riches, moins ils paient d’impôts !

« … depuis près de sept siècles, divers économistes expliquent qu’il existe une relation inverse entre les taux d’imposition élevés et les recettes fiscales publiques.

Il est possible de faire remonter cette théorie fiscale au XIVe siècle, avec Ibn Khaldoun. Au XVIe siècle, l’économiste et conseiller du roi Henri IV, Barthélémy de Laffemas, constate déjà que, plus on taxe les riches, moins ils paient d’impôts. L’Ancien Régime français affirme que « l’expérience, cette leçon souvent tardive, a démontré une vérité dont il n’est pas permis de douter : c’est que les impôts ont des bornes au-delà desquelles ils se nuisent réciproquement ; c’est que, ces bornes passées, ils ne sont plus qu’une charge pour les peuples et une ressource faible, quelquefois même illusoire pour l’État » (Arrêté du parlement, 1782). Au même moment, Adam Smith souligne dans le livre V de La richesse des nations (1776) que l’impôt pouvait « entraver l’industrie du peuple et le détourner de s’adonner à certaines branches de commerce ou de travail ».

Après la Révolution française, Jean‑Baptiste Say, dans son Traité d’économie politique (Livre III), indique quant à lui qu’un « impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte ». Say explique qu’une diminution d’impôt augmente les recettes fiscales et fait voir aux gouvernements ce qu’ils gagnent à être modérés.

À son tour, l’ingénieur-économiste français Jules Dupuit observe le même phénomène fiscal en 1844. C’est Joseph Barthélemy, défenseur de la démocratie libérale avant son tournant réactionnaire, qui formule ainsi ses observations : « les hauts taux tuent les totaux ». » 

C’est un extrait de l’article :

ISF et « gilets jaunes » : pourquoi Macron ne peut pas céder (11 décembre 2018)

Pour info, « The Conversation » n’est pas un « journal de droite » ou d’obédience LRM, mais un éditorial soutenu par des universitaires (https://theconversation.com/fr/partners).

Je ne commenterai pas l’évidence fiscale rappelée dans cet article (trop d’impôt tue l’impôt … et fait fuir le capital), mais rajouterai tout de même quelques autres évidences au sujet de l’ISF, le « thème favori des gilets jaunes » :

1) rappelons que l’ISF n’a pas vraiment disparu, mais s’est transformé en IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) et lorsque l’on étudie cet impôt dans le détail, les propriétaires imposés le sont plus que du temps de l’ISF en raison de la suppression de certaines exonérations et charges déductibles de l’assiette.

Pour ma part, je reste persuadé que cet impôt est toujours contre-productif, puisque les biens que les étrangers (ou expatriés) n’achètent pas en France sont autant de devises qui échappent à l’économie nationale, d’abord dans l’immobilier (et tout ce qui va avec, dont travaux d’entretien et de rénovation), mais aussi dans les économies locales de par les dépenses de consommation que ces acheteurs potentiels auraient pu faire.

Comme l’ISF, son plus gros défaut est d’ordre psychologique : il a été institué pour satisfaire une certaine idée de « justice sociale », ne rapporte pas grand-chose et son aspect confiscatoire n’a rien d’une invitation aux grandes fortunes à venir s’installer ou investir chez nous (faire plaisir aux pauvres et peur aux riches, ne me parait pas être une stratégie gagnante).

2) quant à la « part restante » de l’ISF (capital et revenus mobiliers sortis de l’ex-impôt), si on devait vraiment en « mesurer » l’impact économique (comme envisage de le faire le gouvernement en fin d’année), à savoir l’effet attractif ou répulsif de l’investissement étranger en France, il faudrait tenir compte des capitaux qui reviennent (ou reviendront) après exonération, ou au contraire qui s’expatrient avant même d’être imposés (ce qui s’est passé avant que l’ISF fût voté, dès que le gouvernement l’a envisagé, et qui risque de se passer à nouveau pour les capitaux « revenus », si commence à s’ancrer l’idée que l’ISF fera son retour).

Mesurer les contribuables assujettis ou pouvant l’être, ne mesure que le patrimoine des résidents Français (au sens fiscal) et non ceux qui « pourraient l’être » (intention de s’installer) ou « auraient pu l’être » (s’expatriant avant d’être taxés). Or ces capitaux « fiscalement insaisissables » représentent certainement la part la plus importante, mais aussi la plus difficilement « mesurable ».

3) il faut également avoir à l’esprit que lorsque l’ISF a été institué, en fait « l’IGF » (Impôt sur les Grandes Fortunes) créé en 1981 sous Mitterrand, son taux s’étalait de 0.50 à 1.50% (max) alors qu’à cette époque le capital placé sans risque rapportait 12 à 17% (rendement des obligations d’État entre 1980 et 1983). Les « assujettis » avaient largement « de quoi payer ».

Le dernier taux de l’ISF en 2017 allait de 0.55 à 1.80%, … alors que le rendement du capital placé sans risque n’était et n’est toujours guère supérieur à 0.50% (comme ci-avant, base OAT 10 ans France), soit moins que l’impôt à payer et largement moins que l’inflation. Dans ces conditions, faudrait être un capitaliste un peu abruti ou trop altruiste, pour laisser ses capitaux se faire taxer en France sans réagir.

4) dans un monde où l’économie est mondialisée (que cela plaise ou non, c’est ainsi et il faut faire avec), n’oublions pas qu’il existe une « concurrence fiscale » tout aussi mondialisée (que cela plaise ou non, il faut également faire avec).

Les capitaux, mais encore et surtout les savoirs et les compétences, vont naturellement (c’est humain) et mécaniquement (c’est économique), là où ils y ont le plus intérêt (niveaux de rémunérations, coût de la vie, charges fiscales et sociales, forment un tout indissociable).

Les gilets jaunes ne veulent plus voir les « élites » en peinture ? Je gage que s’ils devaient rester entre eux, avec « leurs solutions », ils ne seront pas prêts de résoudre « leurs problèmes » !

Je suis le premier à dénoncer l’anormal et injuste partage des richesses produites (je me suis souvent et largement étendu là-dessus), mais je l’ai toujours analysé au niveau mondial et au niveau des systèmes, non pas celui des individus.

La solution d’une plus juste redistribution, nécessairement fiscale, ne sera que mondiale. Les pays offrant la même qualité de vie, doivent se mettre d’accord sur une fiscalité commune, sans quoi les capitaux et les compétences iront toujours aux plus offrants. Sauf à changer la nature humaine, il en sera toujours ainsi.

Alors en attendant de nous mettre d’accord avec les nations qui offrent un cadre de vie similaire au notre et avec lesquelles nous partageons les valeurs essentielles (toutes les démocraties industrialisées), gardons « nos riches » avec nous et si possible, attirons ceux des autres pays, … cela ne nous appauvrira pas (faut être con comme un gilet pour croire le contraire).

Par ailleurs, entre « ressentis » et « études chiffrées », il ne faudrait pas perdre de vue que la France est l’un des pays le plus redistributif de la richesse nationale (voire même celui qui redistribue le plus). À force de trop tirer sur la ficelle, elle finira par casser et le pays pourrait bien ne plus avoir grand-chose à redistribuer.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

09 janvier 2019

CQFD

Une bonne et très réaliste synthèse de ce qui fait actuellement débat.

Entre :

  • demandes des gilets jaunes et justice fiscale
  • égalité devant l’impôt … et les services publiques
  • solutions improbables … et raisonnables
  • logique et évidence démocratique

Il est temps de revenir à la réalité, de voir les choses en face, d’aborder les problèmes par le bon bout. Dans le cas contraire, le débat public annoncé (et sans doute le gouvernement) va droit dans le mur.

Cette vidéo (interview) me semble bien résumer la situation (on n’y parle pas de mes thèmes favoris qui vous saoulent sans doute le plus, économie et mondialisation, mais seulement du problème « franco-français », de nous tous devant l’impôt entre autres) :

https://www.boursorama.com/videos/actualites/je-ne-comprends-pas-pourquoi-l-etat-n-arrive-pas-a-maitriser-3-500-manifestants-a-paris-affirme-jean-christophe-lagarde-president-de-l-udi-f28d732ac38851f334b0fe5637887ac8

Cacophonie autour de la suppression de la taxe d'habitation, crise des gilets jaunes, réponses sécuritaires apportées par Edouard Philippe : Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, député de Seine-Saint-Denis, réagit à l'actualité économique et politique. Ecorama du 9 janvier 2019, présenté par David Jacquot sur boursorama.com.


Et ce n’est pas parce qu’on ne partage pas les idées de l’UDI, que ce député dit des conneries (loin de là) et qu’il ne faut pas l’écouter (tel le gilet jaune de base qui n’écoute que lui-même, plane en dehors des réalités tout en se gavant de fakes news sur Facebook).

En tout cas, Personne, sauf à être de mauvaise foi, ne pourra trouver à redire à sa conclusion sur la démocratie et la façon dont elle doit s’exercer (fin de l’interview) dont extrait : « dans une démocratie, chacun a le droit d’avoir une opinion, de critiquer et de contester, mais chacun a le devoir de respecter l’opinion de l’autre. Dans la violence vous n’êtes plus dans le respect de l’autre mais dans sa négation, car vous voulez lui imposer par la force ce que vous décidez vous ! … ce qui n’est plus la démocratie ».

Pour ma part, je suis d’accord avec tous les propos tenus dans cet interview. Je les ai trouvé plein de bon sens … à mon sens (et je ne suis pas spécialement acquis à tous les idéaux de l’UDI).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

07 janvier 2019

Parole de gilet jaune

Puisque je veux bien partager ce que je n'ai pas, il est donc normal que ceux qui ont plus partagent ce qu’ils ont.

Je veux plus de service public et continuer à ne pas payer d'impôt sur le revenu, puisque c'est aux autres de casquer pour ces services qui pour moi sont un dû.

En ce moment, j'offre la gratuité des péages, des indemnités versées par l'Etat aux grandes entreprises pour compenser les dommages matériels et commerciaux qu'elles ont subis et du boulot aux PME qui vont devoir reconstruire tout ce que j'ai cassé, du moment que ce n'est pas moi qui paierai l'addition.

Je ne connais pas le mot “relativiser”. Quand on me dit que l’on ne peut comparer la situation économique de la France et “ses pauvres”, à celle de la grande majorité de pays dans le monde (Amérique du Sud, Afrique, Asie) et qu’elle est même plus enviable que celle de la plupart des pays de l’UE, je réponds que je m’en fous puisque je suis franco-français et que la situation du reste du monde ne m’intéresse pas.

Je ne comprend pas pourquoi on me parle d’adaptation économique à la “Mondialisation”. Puisque je ne la comprends pas, tous mes problèmes doivent venir de là. D’ailleurs je suis contre cette mondialisation et ne veux pas savoir s’il est possible ou non de s’en départir, … puisque je suis contre.

Plus globalement je suis “pour” ce qui m’intéresse directement, immédiatement, et “contre” tout le reste (ce qui inclut les mécanismes économiques pouvant améliorer ou au contraire détériorer ma condition à long ou moyen terme).

Enfin, je n'accepte pas qu'on me le dise que je ne comprends rien à rien (mépris de l'intello à l’ignorant). De toute façon, comme le disait Fernand Raynaud, si je ne comprends pas mon président et ses ministres quand ils parlent, c'est bien la preuve qu'ils sont cons et que je serais mieux à même de diriger le pays.

Sachant mieux que quiconque ce qu’il faudrait faire, j’ai décidé de n’écouter plus personne en dehors de moi-même et ceux qui sont de mon avis. Il me parait d’ailleurs normal de l’imposer aux autres par la force, dans la rue comme par tout autre moyen de blocage économique, vu que je n’aurais là aussi, pas à en payer les conséquences.”

A ce gilet jaune je répondrais que dans l’histoire, dans tous pays et à toutes époques depuis que la civilisation existe, la dictature est le fait qu’un groupe d’individus non légitimement élu impose ses idées par la force, et que la “démocratie” directe n’a jamais existée. Elle a toujours été, dans son principe, la représentation du peuple par ceux qu’il porte au pouvoir.

Ne reste qu’à espérer que ces représentants désignés pour nous gouverner, soient au moins les plus intelligents et les plus érudits, car même si ce ne sont pas les plus vertueux, ils sauront comprendre que leur propre intérêt passe par celui de tous.

Dans un post de 2011, je m’étais longuement étendu sur la démocratie et les manipulations dont elle s’entoure (théories du complot). J’y rappelais “ma définition de la démocratie” :

Je mets généralement « démocratie » entre guillemets car j'entends souvent dire que dans les faits, « elle n'existe pas ». Le terme « Démocratie » ne doit pas être pris au premier degré de sa définition (pouvoir par le peuple, ou désigné par lui), mais comme une aspiration. Un but à atteindre, même si ce ne sera jamais le cas, puisqu'au surplus de ne pas être souhaitable, « tout le pouvoir au peuple » est impossible (pour gouverner, il faut bien une concentration des pouvoirs). Quant au libre choix du peuple à désigner le pouvoir, c'est un fantasme qui en restera toujours un, puisqu'en la matière nos choix sont généralement très limités et de toute façon toujours influencés (nous n'aurions rien d'humain dans le cas contraire).

En fait, même si la « démocratie » reste un rêve d'idéaliste, elle se traduit au moins dans la réalité par une volonté de suivre une direction vers laquelle il faut toujours essayer de tendre, car à son opposée il y a la dictature, l'oppression (et là on ne rêve plus, rien n'est impossible et le but peut être rapidement atteint).

Pour être plus réaliste, je crois qu'une « démocratie » se caractérise, non pas par le libre choix d'un peuple à mettre un pouvoir en place, mais par sa possibilité de le faire tomber rapidement sans pour autant faire une révolution, sans effusion de sang. Les détenteurs du pouvoir n'y viennent pas pour leurs compétences, mais en partent du fait de leurs erreurs. C'est le principe de l'essai-sanction. Pour ce faire, en plus du multipartisme et de la libre expression, il faut que le peuple « sache » ce qui se passe. Pas nécessairement « tout », mais le plus possible.

A l’heure et dans la situation actuelle, la démocratie devra attendre 2022 pour s’exprimer à nouveau (à moins que le pouvoir en place, et seulement lui, décide la dissolution de l’assemblée) et non tout “casser” maintenant ce qui ne peut mener qu’au chaos et avec lui, à la dictature (mécanisme quasi-automatique et largement démontré encore aujourd’hui dans tous les pays en déroute économique).

Epargnés de cette menace les pays de l’Europe ? Pas si sûr !  


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.