26 juillet 2015

Europe, Grèce, euros et logique économique

On a de nombreux reproches à faire à la mécanique Européenne et il est vrai que beaucoup reste à faire, mais il faudrait arrêter de n’y voir que les inconvénients. Le problème Grec est un bon exemple de la vision populaire qui trouve dans la monnaie unique et dans l’Europe la source de tous ses maux, faute d’ouvrir les yeux sur ses problèmes internes. Pour ma part je pense que sans cette Europe si décriée, nous n’aurions pas passé la crise financière qui vient de secouer le monde (quant à la Grèce, sans l’aide Européenne, elle serait retournée au niveau des années 70).

Il y a dans les pays européens et surtout dans le notre, un état d’esprit qui commence à être exaspérant : celui de la déresponsabilisation tous azimuts. On commence par les particuliers (pauvre surendetté face au vilain organisme de crédit, salarié esclave de son employeur, délinquant plus victime que sa victime), puis on poursuit dans le monde de l’entreprise (innocent sous-traitant broyé par l’impitoyable donneur d’ordre) et terminons au niveau des petits États acculés à la pauvreté par des créanciers surpuissants.

Je n’insinue pas que ce ne soit pas souvent le cas (sauf pour le délinquant), mais seulement que ce n’est pas « toujours » le cas. La mode est à ne plus se donner la peine de rechercher les causes et les aboutissants, le « fort » étant systématiquement désigné coupable face au « faible ». Cet état d’esprit s’installe partout, C’est le règne de la surprotection et de la déresponsabilisation.

Bien sûr que le faible doit être protégé par rapport au fort (ce n’est pas inutilement que des lois sont faites pour compenser ce que l’on appelle les déséquilibres du consentement dans les contrats, qu’existe des mécanismes de redistribution et d’aide aux plus démunis), mais il faudrait veiller à ne pas verser dans l’excès qui immanquablement, aura des effets pervers contraires à l’objectif premier, finissant par désavantager le faible au lieu de le protéger. On peut déjà le constater dans certains domaines à l’échelle du particulier : frilosité des employeurs à l’embauche, raréfaction des logements à la location, surabondance de garanties à l’emprunt, ...

Nos sociétés deviennent des fabriques d'assistés et d'irresponsables, dont les sujets seraient dénués de libre arbitre, toujours victimes de leur environnement, jamais de leurs choix qui seraient systématiquement faussés par des pressions subies.

Mal barrées nos démocraties ! Pour des peuples de « neuneus » assistés à ce point (et donc à traiter comme des enfants), je ne vois que des régimes autocratiques pour les guider. Ne restera plus qu’à espérer que nous ayons un « bon Roi » ... Et que sa progéniture le soit tout autant !

Voilà que je m’égare du sujet devez-vous penser. Pas si sûr à en croire les réactions et propos que le problème Grec suscite (« Grèce acculée et irresponsable », « créanciers profitant de la situation », « obligation de solidarité », « petits États victimes de vilains États forts », ...)

Quoique que l’on ne puisse comparer la dette d’un État avec celle d’une entreprise (ou d’un particulier), les deux ont néanmoins en commun trois caractéristiques essentielles :

- l’argent prêté, grevant d’autant les budgets des créanciers, qu’il s’agisse de pays ou d’instituions (ce qui a été donné pour aider la Grèce a augmenté le déficit des prêteurs européens et côté FMI, a manqué à d’autres pays dans le besoin, qui peut-être en aurait fait un meilleur usage),

- l’absolue nécessité que le débiteur respecte ses engagements de remboursement (ce que n’a pas fait la Grèce ... au contraire d’autres pays de l’eurozone en difficulté et précédemment aidés),

- l’indispensable confiance (qui fait défaut dans le dossier Grec, et ce n’est franchement pas sans raisons)

 

Ce qui diffère d’une dette d’État d’une dette privée, c’est la durée et la façon de la rembourser. Pas le principe de l’engagement, comme celui que les traités engagent les peuples et non les gouvernements qui les signent (sans cette règle de base, aucun traité ne tiendrait). Depuis qu’elles existent (république de Venise), les dettes d’État sont généralement remboursées par la création de richesse et l’inflation, parfois par des guerres, et très exceptionnellement par un effacement quand il est évident que la dette est trop énorme et les risques sociaux-politiques dangereux. Ce fut le cas des « dettes de guerre » de l’Allemagne vaincue dans les années 50 (on n’a pas voulu refaire l’erreur du traité de Versailles qui a été l’un des déclencheurs de la guerre suivante) ... et ce sera vraisemblablement le cas pour la Grèce sous une forme déguisée (aucun pays de la zone euro ne pouvant faire officiellement défaut sans en sortir), quand les esprits seront refroidis, les tensions relâchées et que le dossier ne sera plus sous les feux de l’actualité.

Dans les derniers plans, les créanciers privés (banques et fonds) ont déjà perdu plus de 60% de leur mise, à savoir une centaine de milliards (sans parler des spéculateurs sur la bourse d’Athènes qui y ont laissé 70 mds environ). Spéculation ou prêts, le fait est que les investisseurs privés ont déjà perdu beaucoup d’argent avec la Grèce, qui sur la place financière mondiale n’a de fait, plus la confiance depuis 2010. Sans l’Europe à son secours (pour ne pas dire « à son chevet »), elle n’en serait pas loin du stade actuel du Zimbabwe.

Seuls le FMI et l’Europe lui prêtent encore par le biais de ses différents mécanismes d’aide, dont le MES (mécanisme européen de stabilité financière), et ce à des taux très bas, à savoir ceux notés triple A (très éloignés des taux éventuellement accordés aux pays à risque). Cela mériterait un minimum de respect (et ben non ! les prêteurs sont insultés !). Le « devoir » de solidarité ? Jusqu’à un certain point !

Avant de poursuivre, évacuons le stéréotype du FMI prêtant aux pays sous-développés, non pas en vue de les aider à s’en sortir, mais avec pour seul objectif de les transformer en esclave condamné à retourner toute leur production en guise d’intérêts sur une dette perpétuelle. Nous sommes loin de la pratique de certaines banques américaines prêtant aux insolvables dans le seul but d’en faire des endettés perpétuels qui passeront leur vie à ne payer que des intérêts (cas notamment des étudiants et leurs parents). La technique ne paye pas au niveau international, car un pays financièrement asphyxié finit par ne plus rien produire (au contraire d’un étudiant qui travaillera ou percevra des aides publiques). En Europe, l’interdiction des taux dit « usuraires » plombent la rentabilité d’une telle pratique sur les particuliers, ne serait pas intéressante envers une entreprise (qui finirait pas déposer son bilan sans rien payer, ni intérêts ni capital) et ne serait politiquement pas admise de la part d’une institution internationale telle que le FMI (seuls les adeptes irrationnels des théories du complot peuvent encore y croire). Aucune logique à une telle pratique.

Le FMI et l’Europe n’ont donc pas fait tomber la Grèce dans un tel piège. Les créanciers publics précités ont réellement prêté en vue de relever l’économie Grecque au niveau moyen de l’Europe du Sud. L’objectif de l’Europe est de faire un grand continent de 350 millions de consommateurs pouvant faire poids face aux 350 millions de consommateurs Américains ... et le milliard qui s’annonce côté Chinois et Indien. Pour que cela marche, le niveau de vie des européens doit être proche (pas nécessairement égal, mais pas trop éloigné). C’est l’exemple type d’un mécanisme qui se veut purement économique, mais qui par répercussion abouti à un progrès social induit par une élévation du niveau de vie.

 

Par ailleurs, l’Europe est pour ses pays membres, la seule protection contre les attaques opportunistes du monde impitoyable et quasi-incontrôlable de la finance mondiale. Seules des institutions internationales peuvent contrer ses effets pervers, certainement pas un pays livré à lui-même. Allez expliquer tout cela à l’électeur Grec lambda.

Mais cette Europe, comme n’importe quelle communauté, ne peut tenir que si l’on applique les règles qu’elle s’est fixées avec la même rigueur pour tous ses membres. Aucun système d’aide financière n’est viable sans conditions, sans un échéancier et sans garanties.

En guise de garanties, l’Europe ne demande généralement que des promesses d’efforts et de réformes internes, et là, les Grecs ont menti. La Grèce a emprunté en promettant notamment de revoir son système fiscal ... et n’a pratiquement rien fait ! Comment continuer à lui faire confiance ? Comment admettre maintenant leurs « exigences » de solidarité ?

L’austérité comme recette économique est une autre problématique (souvent mis en avant pour dénoncer les plans). Pour ma part, je suis de ceux qui pensent qu’elle n’est pas la bonne solution pour relancer une économie. Mais il n’en reste pas moins qu’elle a été imposée à d’autres pays membres qui commencent à peine à s’en sortir après l’avoir subie. Difficile de leur faire maintenant admettre qu’il faille en exonérer la Grèce. A quel titre et pourquoi ? Si les créanciers européens admettent que c’était une mauvaise méthode, alors ceux qui l’ont supportée doivent obtenir des compensations.

C’est bien de prendre en considération les souffrances et les aspirations du peuple Grec, mais c’est tout aussi bien de tenir compte de l’avis des autres peuples. L’Europe finira par aider la Grèce plus qu’elle n’a aidé les autres (très franchement, je ne trouve pas que ce soit mérité, mais au nom de l’unité de l’UE, je veux bien comprendre qu’il leur soit accordé une ultime dernière chance), mais à pas feutrés et de façon diluée dans le temps, de façon non perceptible par les peuples qui y sont déjà passés sans la moindre remise de dette. Politique et diplomatie obligent.

 

Que les Grecs soient déprimés face à au 3ème plan d’austérité qui se profile, je le conçois. J’ai beaucoup plus de mal à comprendre en quoi, en tant qu’emprunteurs, ils se sentent « humiliés » ! .... De devoir se soumettre aux engagements qu’ils ont pris pour rembourser les emprunts qu’ils ont contractés ? ... C’est en perdant de vue ces fondamentaux que je trouve que les politiques (certains) et ceux qui les approuvent, perdent le sens des réalités.

Les Grecs restent responsables de leur entrée dans la zone euro sur des chiffres trafiqués « à l’insu de leur plein grès » avec la complicité de la banque Goldman Sach. Devons-nous considérer que les Grecs sont des enfants irresponsables que les adultes européens auraient entrainés dans une logique de surendettement ?

La réalité, le « fond du problème », est que les Grecs ont plus que tiré sur la corde, et ce depuis plusieurs décennies, profitant de leur position géopolitique et de leur histoire. Le Grec moyen n’a certes pas vu passé grand-chose et leurs dirigeants s’en sont sans doute mis plein les poches, mais cela reste un problème Grec, les lois imparfaites de la démocratie faisant que ce sont les Grecs qui les ont mis au pouvoir.

A chacun de prendre ses responsabilités et de mon point de vue, ils sont les premiers à avoir creusé le trou dans lequel ils se trouvent maintenant. Je ne vois aucun élément historique ou économique permettant d’affirmer que les européens, créanciers, soient responsables de leur situation actuelle, ... si ce n’est sans doute, d’avoir prêté un peu légèrement (pour les raisons invoquées). A ce rythme, les Grecs nous reprocheront un jour notre solidarité.

 

Quand certains perdent le sens des mots, c’est le signe qu’ils perdent le sens des réalités. Il en est ainsi quand j’entends de la part des politiques (surtout venant des extrémistes de droite ou de gauche, en France comme en Grèce) les termes comme « chantage », « pistolet sur la tempe », « esclavage » et tous ces termes dithyrambiques totalement décalés de la réalité pour exciter les foules. Quels termes faudra-t-il utiliser quand la situation sera à l’échelle des images employées (période de guerre, non pas fictive mais bien réelle, par exemple) ?

Autres exemples de « renversement des réalités » :

- « Les créanciers nous font du chantage pour nous prêter plus ! ». Voilà maintenant que c’est à l’emprunteur d’imposer ses conditions au prêteur, ... de surcroit déjà créancier, ... avec en prime, la menace de ne pas le rembourser ! Pas étonnant que les Allemands (plus gros prêteurs dans l’affaire) et les autres pays Nord Européens s’offusquent.

- « On ne cèdera pas à la menace d’une faillite économique qui suivrait un  Grexit » ... tout en menaçant qu’un Grexit ferait exploser l’Europe.

Qui menace qui ? Qui fait chanter qui ? De la politique me direz-vous .... Et après on s’étonnera de ne plus les prendre au sérieux. Là, notre démocratie court un véritable danger : ne plus avoir foi en nos représentants politiques, ce qui laissera le champ libre aux extrémistes et à la dictature.

Savez-vous que du temps de la Rome antique, le débiteur qui ne pouvait plus payer ses dettes devenait l’esclave de son créancier ? ... Et ce, jusqu’à ce qu’il le rembourse totalement ! Initialement, c’était sans doute déjà une règle Grecque. On a quand même évolué depuis, non ?

 

Dans son discours devant l’assemblée Grecque, Tsipras a clairement dit que les vraies responsabilités n’étaient pas à rechercher chez les européens, mais bien en Grèce, du côté des oligarques (faisant référence aux pouvoirs précédents) qui n’ont pas fait ce qu’il fallait faire (sous entendant qu’au lieu de faire les réformes nécessaires, ils avaient mal utilisé l’argent prêté, pour ne pas dire outrageusement détourné pour s’enrichir au détriment du peuple) et que c’est une tâche à laquelle il allait maintenant s’atteler. Le Pasok et la Nouvelle Démocratie ont du sacrément se sentir visés, mais à l’exception des fous-furieux d’extrême droite (l’Aube dorée) et des idéalistes déçus du revirement de leur chef de file, tous les parlementaires raisonnables ont voté pour l’étude d’un nouveau plan parce, sachant pertinemment qu’un choix différent aurait mené le pays à la catastrophe économique, le faisant passer de l’austérité au mode misère.

Deux enseignements à cela :

- les discours populistes sont de véritables attrape-couillons pour ceux qui y croient, avec le risque qu’une minorité mal informée entraine tout le monde dans l’abîme (tenu compte de la participation et des abstentions),

le peuple n’est malheureusement pas prêt pour se prononcer en matière économique et encore moins dans la renégociation des traités, pour peu que leurs leaders y entendent quelque chose ou soient tout du moins correctement entourés (les décisions Européennes sont encore trop techniques pour que les sujets y soient publiquement débattus)

 

Mais où est l’humanité dans tout cela ?

L’entre-aide entre États n’existe que par intérêt réciproque, jamais par altruisme (malgré les apparences), mais ce n’est peut-être pas plus mal car plus efficace et pérenne qu’une simple volonté désintéressée donnée sans contrainte, mais rétractable de la même manière, sans contrainte (aussitôt donnée, aussitôt reprise, ce qui n’est pas le cas des traités).

Entre États, tout n’est que calculs stratégiques et intérêts économiques à plus ou moins long terme. Tel pays aidera tel autre en vue d’échanges économiques ou pour raisons géopolitiques (position stratégique, énergétique, risque de déstabilisation régionale). Nous citoyens Européens, ne rentrons dans l’équation qu’en tant que consommateur/électeur (« unité de compte » comme disait l’un de mes profs de droit). Mais au final, seul ce mécanisme mercantile est garant de création de richesse. Quant à la garantie d’une juste répartition, on peut l’espérer non pas par pure bonté d’âme des décideurs, mais encore par calcul pour une meilleure stabilité politique (après la création de la richesse, il faut réfléchir à sa conservation).

A part les maths, il n’y a pas de science exacte. C’est ainsi qu’en économie seuls les imbéciles peuvent être affirmatifs sur leurs prédictions. Même sur l’analyse du passé, les avis ne sont pas toujours unanimes. La seule chose que l’on peut tenir pour acquise et invariable au cours de l’histoire humaine est que l’économie se résume à la création et à la gestion de richesses (s’entend bien sûr de l’optimisation des ressources naturelles et des avancées scientifiques, et non de « l’argent » ou des métaux et pierres précieuses qui ne sont que l’une de ses représentations), que ce n’est qu’avec celles-ci que la condition humaine progresse et qu’en leur absence, les civilisations se déchirent et disparaissent.

Quant à l’argent, ce n’est pas un mal mais un outil dont la fonction première est de quantifier et fluidifier lesdites richesses (plus pratique que le troc). Que dans tout cela, il y a une grande part de mathématiques, implacables et dénués de toute humanité, dont la compréhension est un passage obligé pour faire les bons choix (ou du moins, les moins mauvais) et au bout du compte, espérer le bonheur de l’humanité.

 

Aux origines de la construction Européenne, les préoccupations étaient d’éviter une nouvelle guerre et de relever les économies détruites. Elle a commencée par un accord énergétique. Ensuite, l’objectif fut de contrer l’hégémonie économique (et politique) Nord Américaine en créant un grand marché de 350 millions de consommateurs capable de discuter d’égal à égal. Actuellement, c’est de pouvoir aussi le faire avec la deuxième économie mondiale (la Chine).

Aucun pays européen pris séparément, ne serait écouté par une puissance économique telle que la Chine ou les USA et bientôt l’Inde. L’Europe, oui !

L’Europe est un projet et une construction économique, avant tout. Le social ne pouvant en être qu’une conséquence.

L’équilibre mondial (et peut-être même le devenir de l’humanité) passe nécessairement par un lissage social (par forcément une juste égalité). Chinois et Indiens vont enfin, peut-être, avoir le minimum vital auquel ils aspirent et ont droit. Nous allons sans doute, au risque de tout perdre, devoir lâcher un peu de nos avantages. On en revient encore et toujours à un problème de partage.

Sept milliards d’être humains à gérer, alors que nous n’étions qu’un milliard et demi au début du XX° siècle, faudra bien en tenir compte ! Sacré problème de partage des richesses, et non pas que d’argent ou d’avantages sociaux, mais simplement de ressources (énergétiques et vivrières, dont l’eau).

L’Europe reste un projet économique, et de mon point de vue, c’est une étape préliminaire à un réel projet social. Cette construction toujours en cours, ne peut se faire sans efforts, sans grincements et sans concessions (fusse avec le « grand capital » dont elle ne peut se passer), sans patience et sans une ferme volonté partagée d’y arriver. Les États-Unis d’Amériques ne se sont pas construits en un demi-siècle, sans moments critiques et sans douleurs. Effectivement, j’imagine l’Europe « finie » un peu sur le même principe : des États avec leurs propres règles dans un ensemble régit par des lois fédérales (surtout fiscales et sociales), doté d’une armée commune et d’une représentation internationale unique.

Tout n’est qu’économie. L’origine des guerres, avant l’avidité ou la folie du pouvoir, est économique. Le partage de la connaissance et la philosophie sont inenvisageables dans une économie déstabilisée (avant de remplir la tête, il faut remplir l’estomac). Tous les troubles de l’histoire et ceux que l’on constate en ce moment ont pour origine un problème économique (partage de richesses, encore et toujours).

 

Pour l’heure, dans cette Europe en construction avec l’économie comme moteur, il est certain que l’on y perd en démocratie. Cette perte n’est pas une volonté des décideurs, mais la nécessité de faire des choix dans une matière complexe dans laquelle la grande majorité des électeurs ne pipe rien. L’économie devrait être une matière obligatoire dans l’enseignement. Ce n’est pas le cas et en plus, ou pour cause, rare sont les personnes qui ne la trouve pas rébarbative.

Alors comment soumettre démocratiquement l’avenir économique d’un peuple ?

La principale raison de l’échec de la constitution Européenne (véritable coup de frein dans la construction Européenne, à laquelle on reproche en même temps de ne pas avancer), fut son incompréhension. C’est ce que je reproche aux politiques : ne pas s’atteler, par des moyens pédagogiques adaptés, à expliquer le pourquoi et le comment du projet Européen. Sans doute que des gens bien mieux placés et bien plus intelligents que moi, ont du estimer que c’était impossible.

Exercice pratique de démocratie européenne :

- la grande majorité du peuple Grec veut l’abandon de l’austérité (stop aux conditions imposées par les créanciers), mais leur porte-parole (après les « belles paroles ») et leur assemblée votent le contraire pour éviter la faillite,

- la grande majorité du peuple Allemand veut le Grexit (marre de casquer et perte de confiance), mais leur chef de gouvernement et leur assemblée votent le contraire pour éviter un risque d’éclatement de l’Europe (avec turbulences sur les marchés financiers en prime, dans une économie mondiale convalescente),

- autrement dit, si les règles démocratiques avaient été scrupuleusement respectées, la Grèce serait entrée dans le chaos et l’Europe dans l’inconnu !

Au niveau de l’Union Européenne, je pense que la démocratie doit s’exercer de manière indirecte : on vote pour nos représentants, qui ensuite décident pour nous sur des sujets qui dépassent nos frontières, dans lesquels s’imbriquent des traités et des visions à très long terme, et qui en tout état de cause, tant sur le plan politique qu’économique, sont bien trop complexes pour que nous puissions avoir un avis éclairé.

 

Les adeptes de la sortie de l’euro, au surplus de n’y voir tels des sorciers, que la source de tous « nos malheurs », n’ont qu’un seul et unique argument économique qui pourrait faire illusion : la possibilité de dévaluer la monnaie nationale et donc de booster nos exportations et ainsi relancer la production interne. Ils oublient l’essentiel :

- si d’autres pays que la Grèce (qui hors le tourisme, n’a pas une économie concurrentielle) sortent de la zone euro, ce sera autant de pays qui dévalueront leur monnaies et essayeront tout comme nous de baisser le prix de leurs produits, gommant du même coup « l’avantage concurrentiel » qu’aurait pu offrir une dévaluation de notre monnaie,

- dans une économie totalement mondialisée, cela fait des lustres que nous ne produisons ou ne fabriquons plus les éléments qui constituent les produits finis que nous exportons (matières premières, composants). L’éventuelle baisse de prix à la vente du fait de la dévaluation, serait balayée par la hausse du prix des matières et composants importés entrainée par cette dévaluation,

- le pouvoir d’achat général de la population, toujours directement tributaire des importations, baisserait dans la même proportion.

Au résultat, une telle opération mènerait à une baisse immédiate des revenus, tant des entreprises que des ménages. Avec plus d’entreprise mettant la clef sous la porte, plus de chômage, plus de mécontentement (grèves, manifestations). Le pays qui sortirait de l’euro subirait de surcroit l’attaque des marchés financiers internationaux (perte de confiance entrainant mécaniquement une hausse fulgurante des intérêts de la dette extérieure), et le tout, sans parler de l’intense spéculation et marché noir qui accompagnerait la mise en pratique de cette sortie de l’euro (double monnaie en circulation pendant un certain temps).

La solution des “sorciers” prônant la sortie de l’euro et les naïfs qui les croient, est en fait le moyen le plus rapide et le plus sûr de mener le pays à la ruine !

 

Je fais partie des optimistes et un regard sur l’histoire de l’humanité me persuade que si parfois nous faisons quelques pas en arrière, nous finissons toujours par avancer dans le progrès social, quoiqu’on en dise. Je crois que c’est en voulant toujours tout trop vite, que l’on casse des mécanismes en marche vers le progrès social, pour au bout du compte retarder les choses, quand ce n’est pas retourner au chaos (multiples exemples dans l’histoire et encore autour de nous hors de l’Europe).

D’un autre côté, l’une des caractéristiques du genre humain, est qu’il agit au mieux quand la situation est au plus mal, au bord des crises ou à leur sortie.

Je suis aussi un cartésien qui estime que quelque soit la façon dont on tourne le problème, il ne peut y avoir de progrès social sans que préalablement, soit constaté un progrès économique (à savoir une augmentation des richesses produites).

Questions à se poser :

- la création de richesse (optimisation économique, avancées technologiques) sans recherche de profits ?

- n’est-il pas utopique d’introduire de la morale et de l’humanité dans la course aux profits ?

- l’ordre économique ne serait pas un préalable ni peut-être même nécessairement lié aux avancées sociales ?

Mais je conviens que la finance mondiale (le système sanguin de l’économie), dans sa dérive actuelle, pousse notre civilisation au bord du précipice, de façon quasi-mécanique et incontrôlée. Mais comment la réguler ?

- trop de régulation et il y a risque d’hypoxie,

- pas assez, et il y a risque d’AVC,

- il faudrait aussi se mettre d’accord à 200 (nb pays monde), alors que nous peinons à le faire à 19 (pays euro-zone).

Nous vivons une époque passionnante qui mérite toute notre attention. En discuter permet de rassembler et ré-analyser ses idées sous différents angles, l’objectif n’étant pas de convaincre mais d’échanger sans perdre de vue que personne ne détient la vérité, seulement une part.

Au niveau européen, et c’est aussi l’une des raisons pour laquelle je suis Européen avant d’être Français, plus nombreux sont les cerveaux se penchant sur la meilleure solution à un même problème. Sous l’œil et la pression de leurs propres électeurs, surveillant mutuellement les risques de leurs propres dérives personnelles (enrichissement, pouvoir), ils suivent un objectif commun : construire une Europe plus efficiente, économiquement et socialement.

 

@+

Jack  

13 juillet 2015

Pas de Grexit, ... bravo ! ... Et content de m’être trompé

Je suis content de m’être trompé dans mon analyse précédente.

Mais j’étais très loin d’imaginer que Tsipas puisse accepter un accord qui aille bien au-delà de celui proposé par les créanciers le 26 Juin et rejeté par le peuple Grec, avec des mesures fiscales et sociales supplémentaires, des contraintes alourdies assorties de mesures de surveillance, le tout accompagné de prises de garanties sur les actifs Grecs qui n’étaient pas aux menus précédents.

Impensable il y a 24 heures, mais tant mieux pour tout le monde (jamais je n’aurais osé y croire).

Si les Grecs se retrouvent dans une situation d’austérité aggravée, contre leur volonté, ils évitent la faillite économique et la misère pour des décennies. En ce sens, je suis donc content pour eux.

L’avantage dissuasif d’une sortie de la zone euro est conservé (idem qu’un Grexit selon mon analyse précédente). Si le gouvernement Grec actuel a fini par accepter des conditions aussi draconiennes pour rester dans l’euro-zone, c’est qu’il a pleinement mesuré les conséquences dramatiques de sa sortie. De plus, le peu de sérieux et les mensonges d’un parti populiste porté au pouvoir, sont mis à jour. Avis aux autres citoyens européens tentés par l’aventure !

En fait, un tel accord conserve les avantages d’un Grexit (renforcement zone euro et cohésion européenne), sans les inconvénients (Grecs plongés dans la misère et le chaos politique) et les risques (si je les minimisais, je ne les écartais pas).

Si l’accord tient, la zone euro confirme son irréversible, l’Europe évite le risque de déchirement et le monde entier la période d’incertitude sur les marchés financiers qui aurait immanquablement suivi un Grexit, pour une période temporaire de mon point de vue. Mais ne sait-on jamais tant il est vrai que la faillite de la banque Lehman Brothers (banque d’affaire de taille moyenne), qui logiquement ne devait être qu’anecdotique dans la crise des subprimes, a eu un effet psychologique dévastateur (les USA « lâchent » une banque !) qui a marqué le coup d’envoi d’une grave crise financière mondiale qui avait les allures de celle de 1929. C’est cela qui, à mon avis, inquiétait le plus les dirigeants Européens. Je suis donc content que ce risque (qui n’est pas certitude) soit pour l’instant écarté (ou repoussé).

Reste à savoir si cet accord va devenir définitif et surtout tenir, avec en toile de fond, l’entente européenne et la pérennité de l’euro. Toute la question est maintenant de savoir si le peuple Grec va accepter des conditions et une austérité pires que celles qu’il avait refusées. J’écrivais que quelque soit l’accord, si accord il y a, il ne serait pas viable, que les Grecs le remettraient en cause aux prochaines élections. Que cette énième remise en cause du énième plan de relance, finirait en plus d’un Grexit, par pourrir plus profondément les relations entre les instances européennes.

J’espère donc me tromper une deuxième fois, souhaitant que cet accord tienne dans le temps, ... pour l’Europe.

Si Mercredi, le parlement Grec vote les conditions et garanties imposées (l’accord du parlement est une condition supplémentaire des créanciers pour palier à la perte de confiance en Tsipas), le peuple va ruer dans les brancards ... ou se résigner.

A y réfléchir, si la majorité nécessaire du parti Syriza avec l’appui des partis d’opposition (droite et centre-droite) votent les conditions de l’accord, je ne vois pas vers qui les Grecs pourraient se tourner. Un nouveau venu, plus extrémiste et plus bonimenteur que Tsipas ? ... Qui, comme lui, finirait par ravaler ses promesses ?

Les Grecs sont donc coincés, l’Europe réconciliée et les marchés financiers rassurés ... pour l’instant.

Mais j’espère très sincèrement que cela durera et suis au final ravi de m’être trompé ... pour les Grecs et pour nous (vu l’accord, certains avantages que je voyais dans un Grexit, sont tout de même réunis).

Reste à ce que nos dirigeants européens s’activent maintenant à consolider les structures de l’union, mettent en place les garde-fous nécessaires à éviter ce genre de crise, et in-fine, aillent plus loin dans l’intégration et la supranationalité de l’Europe.

 

@+

Jack   ... pro-européen convaincu !

12 juillet 2015

Grexit ou pas, réponse ce soir ?

Pour ma part, je crois que ce sera ... « Grexit ». Malheureusement pour les Grecques, heureusement pour l’Europe, ... n’en déplaise aux eurosceptiques.

Cette semaine au parlement Européen (discours du 8 Juillet), Marine a dit à l’intention des eurodéputés, « ... ce dont vous avez peur messieurs des institutions européennes, ce n’est pas que la Grèce fasse faillite, ce dont vous avez peur c’est que la Grèce en sortant de l’euro, démontre que l’on peut s’en sortir mieux sans l’euro qu’avec ... » / http://lci.tf1.fr/videos/2015/crise-de-la-grece-marine-le-pen-appelle-les-yeux-dans-les-yeux-tsipras-8632184.html

Je pense que c’est exactement le contraire qui va se passer. La Grèce va « souffrir » encore pendant plusieurs années des conséquences de ses mauvais choix électoraux, d’abord pour avoir placé au pouvoir pendant plusieurs décennies de suite des oligarques qui les ont ouvertement dépouillés, et dernièrement en portant un idéaliste, charismatique certes (même moi je lui trouve une bonne tête, beaucoup plus sympa que celle de MélenCon) mais doux rêveur, qui de par ses belles promesses a emporté dans son rêve le bon peuple, ... qui va se réveiller sur une réalité cauchemardesque, au mieux en fin d’année ou début de la suivante, juste après un dernier sursaut économique du à un tourisme boosté par la dévaluation (sortie de l’euro), et au pire, dés Lundi par la faillite immédiate des banques.

Quant à l’Europe, après quelques mois de flottement et d’incertitudes (accompagnée d’une petite panique passagère sur les marchés financiers), elle devrait au contraire se renforcer. C’est au cours des tempêtes que les liens se défont ou se resserrent.

D’abord parce que nos décideurs vont enfin s’activer à mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires à la consolidation de l’union dans son ensemble (plus forte cohésion politique, fiscale et sociale, rapidité des décisions, armée commune, renforcement de la supranationalité), et dans l’immédiat faire ce qu’il faut pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise (renforcement des conditions d’entrée dans l’euro-zone et au pire, prévoir des règles d’accompagnement à sa sortie), l’objectif premier étant de rassurer les marchés financiers sur la viabilité et la pérennité de la monnaie unique. La sortie Grecque va l’affaiblir dans un premier temps, pour mieux la consolider ensuite (je ne crois pas un instant à son éclatement).

Ensuite l’épisode Grec et ses conséquences économiques, aura certainement un effet dissuasif sur d’éventuels autres candidats à une sortie de l’euro.

Si j’ai raison, Marine Le Pen va perdre un bon paquet de points en crédibilité pour sa course aux présidentielles de 2017, sauf à ce que d’ici là, son électorat d’intention actuel, ait, en plus de sa totale méconnaissance des réalités économiques, un gros problème de mémoire.

Les trois raisons de ce « Grexit » ? La confiance avant tout, mais aussi ... la confiance, et enfin, ... la confiance.

L’économie c’est 80% de production de richesses et 20% de confiance en l’avenir. Les marchés financiers, le système sanguin de l’économie, c’est 50% de crédibilité et 50% de psychologie. L’argent que nous avons tendance à croire si concret, n’est en fait qu’une virtualité basée sur la confiance et les projections dans l’avenir.

Quel prêteur ouvrirait de nouvelles lignes de crédit à un emprunteur qui ne serait pas à jour de ses emprunts précédents ? La Grèce est emprunteur depuis la fin de la dernière guerre, rentre dans l’euro-zone en truquant les chiffres, et finalement, s’avère totalement insolvable depuis 2010 (nous en sommes au troisième plan de sauvetage). Quel organisme financier continuerait à prêter à une entreprise notoirement insolvable, ... et qui en plus, souhaiterait imposer ses propres conditions d’emprunt ?

Solidarité Européenne ? Ok, mais pas à n’importe quelles conditions, et surtout, pas dans un tel climat de défiance réciproque. Si l’Europe prête à la Grèce depuis si longtemps, tout en sachant que ses capacités de remboursement sont limitées, c’est d’abord pour des raisons géopolitiques (rempart européen aux hégémonies extérieures, d’abord communistes et maintenant salafistes) et ensuite pour des raisons culturelles et affectives (berceau de la civilisation et de la démocratie). Le problème étant que les Grecs (les dirigeants et la classe dominante du moins) se sont installés dans une situation de rente et ont fini par trop tirer sur la ficelle ! Aujourd’hui, si mon analyse n’est pas trop mauvaise, la ficelle va casser !

Comme le dit si bien l’humoriste Aaidou Abatcha, « Si t’es bon une fois, c’est bon ... et c’est bon ! Si t’est bon deux fois, tu deviens bonbon ... et on te suce ! ».

Mais surtout (là est le vrai problème, qui n’existait pas avant le référendum, empêchant tout accord) :

Comment faire confiance à un dirigeant qui ne suit pas ses propres recommandations et les aspirations de son électorat ? Contre toute attente et sans prévenir ses interlocuteurs européens (faute diplomatique importante entachant la crédibilité), Alexis Tsipras appelle son peuple à voter contre les dernières conditions financières des créanciers du 26 Juin (en promettant que ce vote renforcera sa position dans les négociations pour obtenir de meilleures conditions), puis au lendemain du vote pour lequel il est largement plébiscité, s’apercevant que son bluff ne marche pas, finit par proposer aux créanciers des conditions quasi-identiques à celles contre lesquelles il avait fait campagne. Comment le prendre au sérieux ?

Comment faire confiance à un tel gouvernement et à un parlement qui acceptent des conditions clairement refusées par le peuple, avec de surcroit l’appui des partis d’opposition et le désaveu de celui au pouvoir ?

A ce stade et dans ces conditions, aucun pacte, quelque soit sa teneur et sa forme, n’est viable. Tout ce que le gouvernement Grec actuel signerait, risque une remise en cause à la prochaine élection anticipée qui ne manquera pas d’avoir lieu, la rue ayant déjà manifesté la « trahison » du parti qu’elle a porté au pouvoir.

Par ailleurs, comment ne pas risquer l’éclatement de l’Europe en accordant des facilités financières refusées à d’autres (tels l’Irlande et le Portugal), qui commencent à s’en sortir après avoir vécu l’austérité dont les Grecques ne veulent pas ? Ce sont les privilèges qui pourrissent de l’intérieur les systèmes politiques, quelques soient-ils.

Mais bien sûr, je peux me tromper (nul ne peut avoir de certitudes, et qui plus est, en matière politique et économique) et ce soir (ou dans la semaine, le « jour de la dernière chance » étant régulièrement repoussé) nous apprendrons que finalement, difficilement mais quand même, le plan d’aide à la Grèce a enfin été accepté. Si tel est le cas, je crois que ce serait une fausse et dangereuse avancée, promise à une nouvelle remise en question qui pourrait être pire que l’actuelle, avec en toile de fond une forme de gangrène du climat politique Européen dont la santé est encore fragile.

Certains pensent que la sortie de la Grèce signerait l’éclatement de l’euro-zone et à terme de l’Europe. Je pense exactement le contraire (à tort peut-être) : son maintient forcé à coup de plans voués aux dérapages, génèrera de l’incertitude sur les volontés politiques, puis de la défiance et enfin une discorde généralisée.

Le problème n’est pas trop que la Grèce soit rentrée à tort (« partagés ») dans la zone euro, et certainement pas le principe de l’aide financière à un partenaire européen, mais l’énormité de la dette par rapport à la taille du pays emprunteur, de son PIB. Le premier plan de 1010-2011 a eu sa « session de rattrapage » en 2012 (2ème plan, dans lequel les prêteurs internationaux privés ont perdu 90 Mds€ et les actionnaires de titres côtés à la bourse d’Athènes, 70 Mds€). Maintenant c’est trop lourd (317 Mds€ + demande de rallonge de 74 Mds€), trop tard, trop disproportionné (177% du PIB), trop incertain (instabilité politique). Ce n’est sans doute pas par hasard que « le tonneau des Danaïdes » soit un conte mythologique Grec.

« La Grèce se retrouve dans la situation du Soudan et de la Somalie » - Figaro économie : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/06/30/20002-20150630ARTFIG00278-la-grece-bientot-dans-la-situation-du-soudan-et-de-la-somalie.php (Publié le 30/06/2015 par Mathilde Golla).

Le peuple Grec va passer de l’austérité au déraillement économique. Le tourisme pour se relever (avec une monnaie dévaluée) ? Oui, mais largement insuffisant.

L’Europe aidera néanmoins le pays pour l’empêcher de couler en continuant de lui prêter par l’intermédiaire de certains mécanismes financiers européens, dans le cadre de l’Europe, et non plus dans celui de l’euro-zone, espace financier duquel la Grèce va sortir de fait. Pour rappel, il ne s’agit pas d’une expulsion de la zone, ni d’une volonté d’en sortir (les traités européens ne prévoient pas ces cas de figure), mais de la dure réalité des marchés financiers : plus personne ne voulant prêter à la Grèce, celle-ci n’aura pas d’autre choix que de frapper sa propre monnaie (le temps de réimprimer la Drachme, le gouvernement Grec émettra des lettres de créance, une version moderne des assignats Français de 1791), ce qui mécaniquement, entrainera une forte dévaluation monétaire suivie d’une inflation pouvant devenir incontrôlable, à l’image de l’Allemagne d’avant-guerre et du Zimbabwe d’aujourd’hui.

Tant que l’Europe existera (et non la zone euro), elle soutiendra ses membres et ainsi, la Grèce ne dérivera pas à l’image de la Somalie ou du Zimbabwe qui pour l’anecdote, a émis en 2009 un billet de cent mille milliards de dollars Zimbabwéens ... valant 30 dollars US ! (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_au_Zimbabwe). ... Mais bien sûr, ... tant que l’Europe existera ... ! ... Sans perdre de vue que la fin de la zone euro pourrait signer la fin de l’Europe (avis aux Eurosceptiques).

 

Toujours est-il que les 61% de votants Grecs qui ont fêté leur victoire sur le « non à l’austérité », vont très rapidement se réveiller dans une austérité pire que celle vécue et annoncée.

Mais le plus inquiétant est que 60% de votants sur 40% d’électeurs exprimés, veut dire que 20% du peuple Grec poussent les 100% vers la misère, en espérant que ce ne soit pas vers le chaos et le « retour des colonels ».

De mon point de vue, ce n’est pas la démocratie qui est en cause (comme disait Churchill, « La démocratie est le pire des systèmes, ... à l'exception de ceux que l'on a déjà essayés »), mais l’absence de culture économique de ceux qui votent. Améliorons et partageons la connaissance, nous améliorerons le monde et lisserons les inégalités.

Dans la partie de poker qui se joue depuis plus de cinq mois, Alexis Tsipras a tenté un bluff qui a échoué. Et les joueurs de poker le savent, rien n’est plus couteux qu’un bluff découvert. Mais dans cette partie, Alexis n’a pas joué avec son argent, mais avec celui de son peuple ! ... Et comme d’hab., pas celui de ceux qui en ont le plus (ceux-là se sont barrés depuis un bon bout de temps déjà).

Les Grecs vont-ils « apprendre » à faire de meilleurs choix électoraux dans l’avenir ? Les autres citoyens européens vont-ils enfin se méfier des beaux discours distillés par les « populistes », ceux qui ont toujours des solutions simples pour résoudre des problèmes complexes ?

Wait and see ...

21 juin 2015

Expérience et emploi

Que vaut l’expérience sur le marché de l’emploi ?

Soyons réaliste : l’expérience est avantageusement remplacée par des connaissances universitaires toutes fraiches, un gars motivé, moins bien payé et surtout, bien plus malléable.
Étant retourné à la FAC à 42 ans et ressorti à 45 avec une maîtrise en droit des affaires, même des connaissances universitaires fraiches adossées à de l’expérience, ne faisaient pas le poids face à la « malléabilité », au formatage d’entreprise possible chez un jeune de 25 ans, fut-il sans expérience. Il faut ensuite prendre en compte « la durée d’amortissement » de « la recrue ». 25-60 et 45-60, c’est du simple au double.

Traiterait-on les gens comme du mobilier ! Presque. Mon excellent prof de droit commercial nous disait que l’homme était passé du statut « d’individu » à celui « d’unité de compte ». Désolé, mais il faut se rendre à l’évidence.

En fait, l’expérience serait bien prise en compte si le coût du travail était moins élevé. La malléabilité en est l’une des composantes (tout se chiffre) ... tout comme notre code du travail (et oui). Encore une fois, ce que les syndicats voient comme une rétrogradation sociale et au contraire une avancée (là ce n’est plus la malléabilité de l’individu, mais celle de l’emploi).

A trop vouloir protéger, on déprotège. C’est un peu comme cette loi imbécile qui surprotège l’emploi des plus de 50 ans. Pas étonnant qu’un employeur ne soit pas trop intéressé par « l’expérience » !
D’un autre côté, à la vitesse où les technologies avancent, que tout à tendance à s’automatiser, que peut bien valoir l’expérience ? Pas grand-chose au final. ... Ce qui ne veut pas dire « rien », mais plus aussi nécessaire qu’avant. L’entreprise peut s’en passer.

Ayant été employeur avant de me retrouver de l’autre côté, à rechercher un poste salarié, j’en avais honnêtement déduis qu’à leur place j’aurais fait les mêmes choix.

Les employeurs peuvent être humanistes, mais pas au détriment de leur rentabilité. Contrairement à ce que l’on entend trop souvent, la majorité des employeurs ne cherchent pas à se remplir les poches vite fait, mais à pérenniser leur boite face à la concurrence.

Quant aux entreprises qui ont dépassées la « taille humaine », ces gigantesques transnationales (improprement appelées “multinationales”), elles sont dirigées par un conseil d’administration représentant des actionnaires (ayant le même objectif bien compris que leur entreprise : être rentable). Mais les administrateurs de ces conseils se font éjectés encore plus rapidement que les salariés s’ils ne vont pas dans le sens de la recherche du profit. Le salarié lambda écœuré de tant de débauche financière, oubli qu’il est lui aussi l’un de ces actionnaires au travers de ses placements dont il attend lui aussi le meilleur profit.

En fait, plus personne ne maîtrise totalement notre système économique, déjà déshumanisé. Par contre, ces systèmes, cette recherche de rentabilité, de profits, doit être encadrée par l’État ou des instances administratives indépendantes. Il ne faut pas non plus oublier que ces entreprises et leurs conseils d’administration, ont un supérieur : le consommateur (bon d’accord, faudrait lui apprendre à être un peu moins benêt, à avoir l’esprit plus critique et être plus exigeant. Internet y contribue).

Il n’en reste pas moins que le système est encore beaucoup trop inégalitaire pour pouvoir encore fonctionner ainsi bien longtemps. Il est urgent de trouver une autre forme de fonctionnement de nos sociétés. Je crois que la réflexion est sérieusement en cours, car le chômage et les revenus de substitution, qui sont déjà un vrai casse-tête, vont devenir impossibles à gérer dans les vingt ans qui viennent.

J’écrivais au sujet du « revenu de base » que laisser croire aux gens que le chômage pourrait se résorber un jour, était une monstrueuse hypocrisie politique. Je parlais de l’automatisation et ne pensais à l’époque, qu’aux industries lourdes (écrivant que quelques ingénieurs de plus pour surveiller des robots, ne pourrait jamais remplacer les milliers d’emplois perdus sur les chaines de montage). Depuis les choses se sont encore accélérées. On a commencé à voir les services comme ceux de la banque, s’automatiser. Dernièrement j’ai lu que les professions de juristes, comme la dernière que j’ai exercée, commençaient à s’automatiser (services grand public) !

Plus fort : un économiste informaticien a écrit il y a un moins d’un an, que toute tâche humaine qui peut se répétée ne serait-ce qu’une fois, est automatisable. Je crois qu’il a raison et que c’est bien la direction que nous prenons. Le premier atelier du monde qu’était la Chine, est en train de s’automatiser à tout va, bien plus vite que nous (pays Européens et d’Amérique du Nord).

Mais n’est-ce pas l’objectif premier de l’automatisation : faciliter de labeur de l’homme pour qu’il se consacre à autre chose que de travailler bêtement comme une bête de somme, augmenter les richesses en quantité et en qualité, éradiquer la faim et la misère dans le monde ?
Reste bien sûr le problème de la juste redistribution de ces richesses produites. C’est un impératif pour la survie de nos sociétés démocratiques.
  
Je pense que la valeur « travail-argent » comme l’entendait nos pères et ancêtres, ne sera plus la valeur de référence au 22ième siècle, peut-être avant (une régulation et une stabilisation des échanges économiques internationaux est un préalable).

@+
Jack

14 juin 2015

Syndicalisme et lobbying

Plus dogmatique qu’un délégué syndical de la CGT ou de FO, est-ce bien possible ?

Si « patrons tous pourris » n’est pas l’un de leur dogme, je ne m’y connais pas en dogmes. C’est pourtant la première raison, si ce n’est la seule, qui fait que je sois athée (à ne pas confondre avec agnostique) et me méfie des religions, quelles qu’elles soient.

Il y a des « pourris » dans tous les groupes, toutes les cultures, toutes les classes sociales, de toutes les couleurs et de toutes les nationalités. Celui qui bourlingue un peu à travers le monde et s’intéresse de prés aux gens (plus qu’aux monuments), discute avec eux, même et d’autant plus s’ils ne sont pas issus des mêmes « couches sociales » (à ce titre, l’armée des conscrits était une très bonne école d’apprentissage et de communication), de la même culture et nationalités, le savent très bien.

Malheureusement, tant que l’on n’aura pas trouvé un vaccin contre la connerie, la jalousie, la frime, la haine de celui qui est différent ou pense différemment, on ne se débarrassera pas de ces êtres mal intentionnés (quelque soit le milieu).
Quoiqu’il en soit, personne n’a la recette pour une société parfaite et pouvoir en discuter librement, démontre au moins qu’il y a bien pire que la notre.

SYNDICATS :

Pour la petite histoire, j’ai été conseiller prud’homal pendant plus de 15 ans. C’est un tribunal paritaire. En tant que représentant « employeur » j’étais donc régulièrement en contact avec les représentants « salariés » (membres actifs et catapultés par les différents syndicats, dont la CGT et FO). Nous arrivions toujours à trouver le bon compromis pour nous mettre d’accord sur la finalité, celle de rendre un jugement (dans toutes les instances auxquelles j’ai participé, les « partages » nécessitant l’intervention d’un juge départiteur ont été très rares). Il nous arrivait plus souvent qu’on pourrait le croire, d’être immédiatement d’accord (sans avoir à en discuter longtemps) et j’ai un très bon souvenir, sur le plan moral et humain de ces personnes. Pas sûr que j’aurais pu discuter avec elles librement dans l’une de leur manif.

Il m’arrive souvent de penser que ce n’est pas les idées qui séparent les hommes, mais leur engagement vis-à-vis d’un groupe, de leur appartenance à tel ou tel organisme, telle ou telle confrérie, raison pour laquelle je ne ferais jamais parti de l’une d’elle. Pour prendre un exemple extrême, je pense (l’idée n’est pas de moi) que certaines exactions commises en 39-45 par les membres nazis, n’ont très souvent tenues qu’à un simple serment.

Citation pour l’occasion :
"Les hommes deviennent fous en masse, mais retrouvent la raison un par un." (Charles Mackay)

Je trouve important de rester libre penseur, honnête dans ses idées, non pas qu’envers les autres mais encore et surtout envers soi-même.
Pour bien comprendre un système social et savoir dans quelle mesure il est réformable, il faut s’analyser soi-même ainsi que notre façon personnelle de participer à ce système. Si on le fait sans la moindre hypocrisie, on s’aperçoit que nous sommes tous, à notre niveau, dans une logique de défense de nos propres intérêts. Pourquoi donc le reprocher à ceux qui ont plus ?
Il est dans la nature humaine de défendre ses intérêts, seul ou en se regroupant, des pauvres comme des riches.

LOBBYING :

Définition (Wikipédia) :  
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lobby
« Un lobby (ou un groupe d'intérêt, un groupe de pression ou encore groupe d'influence, plus traditionnellement un intriguant ou un réseau d'intrigues) désigne un réseau de personnes créé pour promouvoir et défendre les intérêts privés d'un groupe donné en exerçant des pressions ou influences sur des personnes ou institutions publiques détentrices de pouvoir. Pour ce faire, il exerce une activité, le lobbying, qui consiste « à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement l'élaboration, l'application ou l'interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, toute intervention ou décision des pouvoirs publics »1. Ainsi, le rôle d'un lobby est « d'infléchir une norme, d'en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes » ... ».

Ce n’est donc pas réservé aux groupes industriels ou financiers. Les syndicats en sont. D’une manière ou d’une autre et sous différentes appellations, les lobbys ont toujours existés.

INÉGALITÉS :

On ne peut nier que nous sommes dans un système inégalitaire. J’ai déjà écrit par ailleurs que plus notre civilisation est inégalitaire, plus elle s’approche de son autodestruction.
Il y a un an ou deux aux USA, une pétition de milliardaires avaient demandée à l’État de les imposer plus lourdement. Cette pétition affirmait qu’il n’était pas normal qu’ils soient aussi riches et que d’autres aussi pauvres. Je reviens assez souvent sur le sujet (intolérables écarts dans la redistribution des richesses, sur le plan moral bien sûr, mais aussi extrêmement dangereux pour l’équilibre mondial).

Mais le problème ne se résoudra pas parce que quelques’uns se dépouilleront (et certains le font réellement) pour aider les plus démunis. Les choses n’iront pas mieux, si ce n’est que très localement et éphémèrement. C’est le système en son entier, son mode de fonctionnement qu’il faut changer ! Mais comment ?

Je passe ma journée à m’intéresser aux transactions financières et l’économie qui les sous-tendent, à lire des théories et des propositions de solutions pour résoudre telle ou telle crise, et pas que celle de notre pays. Une fois écartées les plus farfelues, toutes les théories sérieuses sont plus contradictoires que complémentaires, et pourtant elles sont toutes logiques et tiennent la route. Le seul problème, c’est le détail et notamment la nature humaine par essence imprévisible, qui fera qu’on ne pourra jamais affirmer qu’une solution marchera mieux qu’une autre. Or l’imprévisibilité de la nature humaine est justement toute sa richesse.

SOLUTION ?

Il y a de nombreuses années (années 70), alors que j’étais étudiant et que mes idées étaient beaucoup plus libérales que maintenant (n’étant pas dans la vie active, je n’avais pas conscience de l’ampleur des excès et déséquilibre d’une économie non régulée), j’avais discuté avec un autre étudiant qui lui était très à gauche, engagé même (parti trotskiste, il me semble).
Il était intelligent, non agressif et savait écouter comme je l’écoutais. On essayait vraiment de comprendre nos points de vue respectifs. Nous étions tous les deux de bonne volonté et avions comme idéaux l’équilibre social et le bonheur de l’humanité. Nous souhaitions le même résultat ... mais n’avions pas les mêmes recettes pour y arriver. Je ne croyais pas plus aux chances de réussite des siennes que lui des miennes. La discussion a durée une bonne dizaine d’heures (du couché au levé du soleil).
Nous n’avions donc trouvé aucune solution, mais avions au moins compris que ce n’est pas parce que quelqu’un a des idées diamétralement opposées aux nôtres, que c’est un enfoiré, que l’entente est impossible, que ce que l’on croit juste est inébranlable. La vérité est toujours relative, fonction de circonstances, du lieu et du moment. Personne ne la détient.

La solution émergera, petit à petit au fur et à mesure de la transmission du savoir et de la connaissance, quand enfin une certaine sécurité et que le minimum vital sera assuré pour tous, que l’argent ne sera plus la valeur première et essentielle. Alors sans doute, l’humanité aura une chance de trouver son équilibre.

Je ne vois pas d’autre alternative. Même la tyrannie du partage obligatoire et du bonheur imposé, n’en est pas une (l’histoire l’a maintes fois démontré). Les révolutions n’arrangent rien. Elles rebattent les cartes un temps, détruisent plus qu’elles ne construisent, libèrent les plus bas instincts sur le moment et fond souffrir beaucoup de gens pour finalement retourner vers les mêmes travers, les mêmes déséquilibres. Une fois la tempête passée, les mécanismes de l’exploitation de l’homme par l’homme reprennent leur place, avec des décideurs différents, ... et des haines en plus.

Qu’il soit économique ou purement social (quoique l’un n’aille jamais sans l’autre), il n’y a pas et il n’y aura jamais un système idéal pour l’humanité, seulement des équilibres acceptables.

En fait, je crois aux vertus d’une économie libérale à condition qu’elle soit encadrée. Aux entrepreneurs de s’occuper des profits (produire des richesses) et à l’État (ou d’autres systèmes parallèles) de contrôler la manière dont ils sont produits et redistribués.
Ne pas oublier que dans « libéral » il y a le mot « libre ». Conscient que la liberté n’est jamais totale, et même plus, qu’elle ne peut exister sans règles la restreignant (l’encadrant).
  
Une chose est certaine : il faudra du temps pour changer la nature humaine, et s’il y a bien une façon de faire que je n’approuverai jamais, c’est d’essayer de la formater.

  
@+
Jack 

15 avril 2015

Protectionnisme intelligent, une idée du FN

Entre idées reçues et réalités économiques :

http://www.boursorama.com/actualites/que-cache-le-protectionnisme-intelligent-du-fn-video-fe9e10ea896ff99be469f9ca70ccf1c0

 

Pour ma part, si je savais que le FN prônait le protectionnisme économique, je ne savais qu’il l’avait nommé « protectionnisme intelligent ».

Ha mais oui mais c’est bien sûr ! ... Il fallait comprendre « protection contre l’intelligence » (suis-je bête).

En matière économique, ce parti n’est pas avare de très mauvaises et dangereuses idées (dont celle de la sortie de l’euro).

Et si le FN arrêtait de distiller des conneries, y aurait-il moins de cons ?

31 mars 2015

Sortie de l’eurozone (proposition FN)

Un dossier « Le Monde » : « Sortir de l'euro ? Le scénario du FN à l'épreuve des faits »

Le Monde.fr | 20.09.2014 à 18h42 • Mis à jour le 29.09.2014 à 11h19 | Par Maxime Vaudano

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2014/09/20/sortir-de-l-euro-le-scenario-du-fn-a-l-epreuve-des-faits_4488587_4355770.html

 

Ce dossier explique assez simplement pourquoi la sortie de la zone euro prônée par Marine est :

- soit un gros mensonge pour enfumer l’électeur, sachant très bien qu’in fine cela n’aura pas lieu, car extrêmement difficile, pratiquement et juridiquement,

- soit une vraie catastrophe pour le pays si par extraordinaire cela se faisait quand même. Une cata non seulement pour les finances publiques, mais également pour les entreprises comme le rappelle l’article. Tout ce beau monde empruntant à l’étranger, verrait sa dette augmentée ou le robinet international du crédit coupé brutalement, dans une crise de confiance telle que la Grèce la connaît en ce moment, avec en prime, une énorme crise de confiance internationale sur toute la zone euro, suivie d’un possible éclatement de l’Europe elle-même (retour aux années trente, car l’Europe n’est pas qu’une zone économique, si vous voyez ce que je veux dire).  

 

Les tenants d’une sortie de l’Euro, en France comme en Grèce, ne mettent en avant que le seul argument de la dévaluation monétaire qui boosterait l’économie du pays (par l’exportation). Cela ne durerait que quelques mois, avant une dégringolade générale de l’économie toute entière plongeant le pays dans une véritable dépression (crise de confiance, assèchement des financements internationaux, hausse générale des taux de crédit, perte de pouvoir d’achat pour tout le monde avec risque d’inflation galopante).

Une telle proposition si elle n’est pas un mensonge éhonté, ne peut émaner que de véritables nazes en économie (la Marine qui, comme la majorité de ses électeurs, ne doit pas piper grand-chose en économique, ne parait pas mieux être entourée et conseillée en la matière). Dans un cas comme dans l’autre, menteurs ou incompétents, les politiques qui soutiennent une sortie de la zone euro sont dangereux (un comble pour un parti qui axe ses campagnes sur la sécurité).

Le seul aspect rassurant dans tout cela, c’est que d’après les sondages, la grande majorité des Français n’est pas dupe (ne le veut pas et n’y crois pas).

 

@+

Jack  

04 mars 2015

Pire que le crime !

... Est de tuer l’histoire, car sans elle nous ne sommes rien, tel un homme sans mémoire, sans passé. Sans connaissance de son histoire, aucune civilisation n’aurait pu voir le jour. Sans la comprendre aucune ne peut perdurer, condamnée à répéter les mêmes erreurs.

La preuve que rien n’est plus invariable et répétitif que la bêtise humaine :

Irak : les images d'un musée saccagé par des djihadistes
Le Monde.fr | 26.02.2015 à 21h12 • Mis à jour le 27.02.2015 à 17h43
http://www.lemonde.fr/international/article/2015/02/26/une-video-montre-l-etat-islamique-ravageant-un-musee-en-irak_4584260_3210.html

Nous avons tous vu ces images au JT et nous avons tous étés indignés.
Après la démolition des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan en 2001, celles perpétrées à Tombouctou (Mali) en 2012 et toutes les autres qui ne font pas toujours la une du JT, on ne peut pas dire que les islamistes innovent. Mais « pensent-ils » vraiment ?

Ce que j’ai le plus de mal à comprendre, c’est comment ces fous de je ne sais quel dieu peuvent encore avoir un auditoire, hormis quelques débiles mentaux qui ne peuvent faire une armée, même pas un escadron.
Comment les familles, les pères et les mères de ces jeunes hommes incultes, peuvent encore les soutenir dans leurs folles actions ?

Tuer notre civilisation c’est bien ce qu’ils cherchent à faire, sans comprendre qu’ils se tuent eux-mêmes, oubliant que le livre sur lequel ils justifient tous leurs crimes, est également une partie de l’histoire humaine qu’ils saccagent.


Rappelez-vous le film « Les aventuriers de l’arche perdue », quand Indiana Jones se ravise avant de lancer sa roquette sur l’arche d’alliance, et le vilain archéologue à la solde des nazis lui réplique « nous ne faisons que passer dans l’histoire, alors que ceci (désignant l’arche) est l’histoire ».

... « Nous ne faisons que passer dans l’histoire » ... A méditer, n’est-ce pas ?










03 mars 2015

Enjeu économique et politique à horizon 2017

Économie-Politique (jamais l’un sans l’autre) certes, mais raconté par François DE CLOSETS, c’est beaucoup plus digeste.

 

Programme du FN : pour François de Closets, "Faire croire aux Français que les problèmes viennent de l'extérieur est un mensonge fondamental"

Ecorama le 02/03/2015 à 14:30

http://www.boursorama.com/actualites/programme-du-fn--pour-francois-de-closets--faire-croire-aux-francais-que-les-problemes-viennent-de-l-exterieur-est-un-mensonge-fondamental-934bdc66d1582b0598ee14fa9fcdd46c#comments

 

Il résume très simplement et clairement tous les enjeux actuels ... et ceux de 2017 !

Je partage à 100% cette analyse, tant sur l’aspect économique que politique. Franchement, rien trouvé à redire (et vous me connaissez, si c’est le cas, je ne me gène pas, vis-à-vis de quiconque).

26 janvier 2015

Valons-nous vraiment ce que nous gagnons ?

Rare sont les entreprises qui, hors information aux actionnaires, publient la rémunération de leurs dirigeants.
Exemple celle-ci :
http://www.fortuneo.fr/fr/actualites/-/397410/cgg-veritas-d-eacute-tails-sur-les-r-eacute-mun-eacute-rations-des-dirigeants-.jsp

CGG VERITAS (ex GEOPHYSIQUE) est une entreprise de "bonne" taille (compartiment A), mais reste encore loin des plus importantes (en France du moins) et n'est pas cotée au CAC40 (40 plus importantes entreprises Françaises de par leur capitalisation boursière).

Comme tout le monde s'en doute, la rémunération d'un dirigeant est généralement proportionnelle à la taille de "son" entreprise (CA ou autre paramètre lié), beaucoup moins souvent à ses résultats et encore moins à son endettement. Cet exemple de rémunération n'est donc pas exceptionnel, loin s'en faut, la moyenne annuelle dépassant très largement 2 à 5 millions d'euros par an pour un dirigeant d'une entreprise du CAC, qu'elle "gagne" ou "perde" (dernier exp : Patricia RUSSO, pdg d'Alcatel, rémunérée 1.8 M€/an + prime de départ et quelques millions d'euros de stock-options, alors que depuis son plus haut et pendant son mandat, le titre de la société a dévissé de plus de 98% !) . 

Pour Mr BRUNCK, pdg de CGG VERITAS, nous disions donc 526.840 € fixe + 687.230 € variable, soit un salaire annuel (donnant bien sûr droit aux ASSEDIC à proportion si il est licencié ou si l'entreprise coule) d'un million deux cent mille euros (100.000 €/mois). Si on le vire, il percevra une indemnité supplémentaire de 200% de cette rémunération. A ce salaire, s'ajoute 200.000 actions gratuites ("stocks-options") d'une valeur actuelle d'environ 10 € (le titre, dans ses plus bas historiques oscille entre 8 et 10), soit 2 millions d'euros.
http://www.zonebourse.com/CGG-VERITAS-4653/actualite/-13147859/

Sachant que l'action a déjà atteint plus de 45 €, on peut estimer sa valeur à environ 30 €. dans 5 ans quand il pourra en décider la vente. Valeur : 6 millions d'euros.   
Pour les dirigeants de plus grandes entreprises européennes vous pouvez multiplier ces rémunérations et avantages par 5 et 10 pour celles des USA.

Le PDG de 3M a été rémunéré 12,9 millions de dollars en 2008
Le PDG du groupe industriel 3M George Buckley a été rémunéré au total 12,9 millions de dollars en 2008, dont plus de 2,8 millions de dollars de primes de performance, selon un document de la société adressé aux actionnaires daté de mercredi.
Cette rémunération est le quadruple de celle attribuée au deuxième dirigeant le mieux payé, le directeur financier Patrick Campbell (3,9 millions).
Mais elle est en baisse de 25% par rapport à la rémunération de M. Buckley en 2007 (17,3 millions).
L'année 2008 a notamment été marquée pour 3M par une chute de 32% de la valeur de l'action, et un recul de 14% du bénéfice net à 3,5 milliards de dollars.
Le groupe avait annoncé début décembre la suppression de 1.800 emplois et des réorganisations sur 10 sites de production et administratifs à travers le monde, mesures devant permettre 225 millions de dollars d'économies en 2009.
Des négociations difficiles sur les réductions d'effectifs prévues sur le site français de 3M-Santé à Pithiviers (centre de la France) ont entraîné la séquestration d'un cadre-dirigeant du groupe durant une journée et demie, entre mardi et jeudi.
L'action 3M gagnait 3,67% à 50,82 dollars jeudi à 17h45 GMT à la Bourse de New York.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=42d895f43879c70b74201f208a3f0630

Société Générale : 1 million d'euros par an pour la retraite de Daniel Bouton
La Tribune.fr - 30/03/2009
.../... Daniel Bouton a par ailleurs conservé ses droits au régime surcomplémentaire de la retraite des cadres, selon l'Express.fr. Or, "à la date du 12 mai 2008, M. Bouton avait ainsi acquis des droits à pension à la charge de la Société Générale représentant 58,2% de sa rémunération au titre de 2007", laquelle s'élevait à 1.250.000 euros, indique le document de référence 2009.

http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20090330trib000361329/societe-generale-1-million-deuros-par-an-pour-la-retraite-de-daniel-bouton.html

J'avais noté un lien sur "la forte baisse de salaire des dirigeants d'UBS" (banque Suisse en difficulté). Rien que les montants "restants" à ces dirigeants maladroits donnaient une idée de l'échelle dans laquelle il faut se situer quand on parle de rémunérations à ces niveaux. Ce lien a disparu ... bien sûr ! Après le scandale des primes contractuelles pour les traders d'AIG (banque-assurance sauvée de la faillite par le contribuable américain à coups de milliards), on se fait de plus en plus discret sur les "hautes" rémunérations.

Dans une émission télévisée vue dernièrement, un économiste estimait qu'il était normal qu'un patron gagne 10 à 20 fois ce que gagne son employé, mais moins acceptable que ce soit plus. Les convives de l'émission, toutes tendances confondues, partageaient cet avis (tout comme moi, cela dit en passant).

La réalité est bien supérieure, et carrément astronomique quand on fait une comparaison de la "distribution des richesses" à l'échelle mondiale. Pour rappel, la poignée d'hommes les plus riches du monde gagnent en moyenne (à la louche) prés de 50 Millions de fois ce que gagnent les plus pauvres (pour eux, le smic est déjà un très très haut salaire).

Un homme peut-il valoir, par son travail, son intelligence et ses autres qualités, plusieurs millions de fois un autre ?
Si oui, je n'ai certainement pas tout compris.
Si non, c'est bien que contrairement à ce que nous ont appris nos parents et maîtres d'école quand nous étions petits, personne n'est rémunéré en fonction de son travail et de sa valeur, mais bien en fonction d'autres paramètres beaucoup moins volontaires (opportunités, chances, naissance, ...).

Cela dit (je me répète), je ne suis pas jaloux et loin d'en vouloir à ces messieurs (j'en ferais et en profiterais tout autant), mais ne fait que montrer du doigt un système qui le permet. C'est aussi ma façon d'exprimer mon exaspération sur les "petites jalousies franchouillardes moyennes" qui se manifestent "entre voisins" (employés et cadres) pour des différences de rémunération qui n'ont rien à voir avec les proportions que je cite. Rien de nouveau sous le soleil : quand les "petits" se battent pour quelques miettes, les "grands" se régalent.

Méfions-nous des moralistes, des hypocrites et des imbéciles ("le travail c'est la santé", "nous n'avons que ce que nous méritons", "la valeur se juge à ce que l'on gagne").
Non non, je ne suis pas trotskiste, ni même de "gauche" (ou de "droite" d'ailleurs, cela n'ayant pas vraiment de sens pour moi).











25 janvier 2015

Richesses produites et partage, mécanisation et chômage

Il est peut-être temps de réviser et réadapter les vieux raisonnements ancestraux, qui aujourd’hui n’ont plus aucun sens.

On ne résoudra pas des problèmes nouveaux avec de vielles solutions. Le danger n’est pas dans la vitesse avec laquelle les choses changent (d’autant que c’est une marche que personne n’arrêtera), mais la rigidité d’esprit de ceux qui y participent, ne serait-ce par un simple vote.
Comme le disait une parlementaire Allemande, « il faut en finir avec cette idée fausse selon laquelle seul le travail rémunéré constitue une contribution méritoire à la société, alors qu’en réalité, c’est souvent exactement l’inverse ».
Vous n’êtes pas convaincu ? Pensez donc aux « bienfaits sociaux-économiques » apportés par les personnes les mieux rémunérées sur la planète, … qui seraient donc les plus « méritoires » ! … N’est-ce pas ?
Sans oublier toutes les personnes qui se dévouent à des tâches caritatives ou dans l’humanitaire international, avec comme seul « salaire », leur propre satisfaction (en plus de celle de ceux qu’ils aident).
A celui qui perçoit un revenu et qui estime qu’il n’a pas à cotiser pour celui « qui ne fout rien » (sans même chercher à savoir si la possibilité « de faire » lui est seulement offerte), j’ai toujours eu envie (et l’ai déjà fait) de lui demander d’aller au bout du raisonnement, au bout de sa logique. Celle-ci répond au concept que « tout ce qui est inutile doit disparaître » (citation de je ne sais plus qui). Les chômeurs et les retraités étant inutiles, il faut donc les faire disparaître (… rouvrir les camps de concentration ?).

Il n’échappera qu’aux plus demeurés que l’accès au travail est de nos jours une véritable course qui relève plus de la ruse et de la chance, que de la volonté. C’est le jeu des chaises musicales, avec quatre chaises et dix participants. La charité pour les malchanceux ou la solidarité de ceux qui comprennent qu’ils auraient pu se retrouver à leur place ?

Il y a cinquante ans on pouvait encore dire, et encore il fallait être sacrément égoïste, qu'un sans emploi n'avait que la part de richesse qu'il avait contribué à produire, c'est à dire rien ou presque. Dire la même chose aujourd’hui, reviendrait à reprocher à un Bangladeshi de crever de faim. Si quelqu'un ne mange pas à sa faim, c'est bien évidemment qu'il ne le peut pas. Cela tombe sous le sens. Et encore, on pourrait se poser la question de savoir s'il n'est pas volontairement privé de nourriture par quelques mains accaparantes au bord de l'indigestion.
A l'heure actuelle, le raisonnement devait être le même vis à vis d'un sans emploi (indemnisé ou pas). Tout comme celui qui a faim, le privé d'emploi l'est tout simplement parce qu'il y a pénurie en la matière. Il ne l'est pas par volonté ou par plaisir. Et personne, hors ceux qui n'ont rien compris ou vivent encore sur leur douillet nuage, ne peut sérieusement dire que l'on peut volontairement se contenter d'aides sociales pour vivre. D'abord parce qu'elles sont loin d'être suffisantes pour y arriver, et ensuite parce qu'il faudrait être sacrément masochiste pour s’en satisfaire, matériellement comme moralement.

Quant aux tricheurs, que ce soit en ce domaine ou dans d’autres, il y en aura toujours et ils ne constitueront toujours qu’une toute petite minorité, l’incontournable exception qui ne peut être un prétexte pour refuser de voir le principal. Même en Somalie il y a des tricheurs. Est-ce une raison pour refuser l’aide humanitaire au reste de la population ? Seuls ceux qui ont le vendre plein et pensent naïvement qu’ils n’auront jamais faim un jour, opposent la tricherie au devoir de solidarité. Seuls ceux qui en accaparent que les avantages, peuvent croire qu’un système social peut se concevoir sans solidarité. L’un ne va pas sans l’autre et il en est ainsi dans tous types de systèmes, même dans le règne animal.

Mais pourquoi une pénurie d'emplois ? Pensez-vous vraiment que ce soit une question de choix politique, en France ou ailleurs ? Ceux qui continueraient à le penser, auraient sans doute raté quelques épisodes de l'évolution humaine.
Qu'une entreprise ait remplacé 1000 ouvriers par une machine et 10 secrétaires par un ordinateur, le tout pour produire plus et mieux, personnellement je trouve cela génial. C'est un bien pour l'humanité et c'est bien le but profond de tous systèmes organisés. Toute « l’organisation humaine », depuis ses origines, tend à seul objectif : produire plus et mieux à moindre effort. La première tribu de l’histoire de l’homo sapiens a réparti le travail entre ses membres, selon qu’ils étaient plus ou moins doués pour la chasse, la pèche ou la culture, dans un objectif d’efficacité. Ce n’est que bien plus tard que cette répartition des tâches fut détournée par les plus forts pour s’accaparer une part plus importante des richesses produites. Il n’en reste pas moins que dans l’ordre des choses, l’organisation produit la richesse, et ce n’est qu’ensuite que celle-ci crée les castres. Supprimer la richesse pour supprimer la jalousie et l’injustice, serait bien sûr la plus stupide des solutions.

Avec une cadence d’automatisation exponentielle, une démographie en hausse et une population vieillissante, la proportion « actifs-inactifs » risque bien de passer de 4/10 aujourd’hui à 1/10 demain. Quant aux richesses produites, constamment en augmentation, elles seront largement suffisantes pour les dix.
Or aujourd’hui, emploi veut toujours dire revenu (mérité), ce qui revient à dire « droit à une part des richesses produites ». Est-ce à dire que tous ceux qui sont empêchés à cet accès emplois-richesses doivent en être privés, exclus ?

Une meilleure organisation est créatrice de plus de richesses. Nous ne pouvons que souhaiter qu’il en soit toujours ainsi, que notre société soit encore plus imaginative et qu’en émerge toujours plus de génies pour produire plus et mieux. Non seulement on ne pourra jamais arrêter ce progrès, mais en plus nous avons tout à gagner à ce que les avancées technologiques se multiplient. Tout cela pour notre confort et notre plaisir, en plus de pouvoir peut-être éradiquer des maladies, permettre aux plus démunis de manger à leur faim et d'avoir accès à l'eau potable. N'est-ce pas le but ?

Alors pourquoi, dans cette course à la mécanisation et à l'automatisation certaines personnes y voient  un mal ? Certainement parce que d'autres personnes continuent, à tort ou à dessein, à le leur faire croire. A leur faire croire que la valeur essentielle est "le travail". Un de ces quatre, ils vont déclencher "la guerre du travail". Ha pardon, on est déjà en plein dedans, quoiqu'il n'y ait pas encore de morts … quoique (suicides).
Non ! La valeur essentielle est la production et la richesse qu'elle génère. Que cette production soit assurée par des bras ou par des machines, n'est pas la question. Préférons qu'elle soit assurée par des machines, ce sera moins fatiguant pour les bras.

La vraie question est bien sûr : comment seront partagées les richesses produites ?

« Partage » ne veut pas dire « égal ». Que les plus méritants aient plus, tombe sous le sens. Mais que ceux qui ne peuvent avoir accès au système productif, faute d’emploi ou parce qu’ils en sont empêchés, n’aient rien ou presque, n’a rien de logique. Ou du moins, c’est la logique d’une minorité accaparante qui continue à justifier son accumulation de richesse du fait qu’elle soit la seule à conserver et à gérer, voire même à faire prospérer, mais qu'elle n'a pas créée de toute pièce car préexistante à elle, ce qui fait qu'elle n'en est pas la seule "propriétaire".


C’est le cas des richesses du sol, dans les pays très riches en ressources énergétiques ou minières (Iran, Congo, …), richesses naturelles qui ne sont exploitées et distribuées qu’à la seule petite minorité au pouvoir ou proche de lui, aux côté de laquelle tout un peuple meurt de faim du simple fait qu’il n’est pas autorisé « à participer », donc « à bénéficier » du produit de son sol.
C’est exactement la même chose pour une société hautement automatisée, la richesse n’étant pas celle de son sol, mais celle de son savoir accumulé au fil des siècles.

A l’heure du partage, les richesses du sol ou les avancées technologiques ne sont pas au mérite de quelques’ uns, mais de plusieurs et sur plusieurs générations. Il s’agit donc, ici aussi, d’une richesse commune appartenant à tout un peuple et non à la seule minorité exploitante du moment.

Dans un système ne permettant plus l’accès à l’emploi pour tous, avec une cadence d’automatisation exponentielle, une démographie en hausse et une population vieillissante, la proportion « actifs-inactifs » risque bien de passer de 4/10 aujourd’hui à 1/10 demain. Aucun régime politique ne pourra rien y faire, sauf à arrêter la marche du progrès. La bonne nouvelle, c’est que les richesses produites, constamment en augmentation, seront largement suffisantes pour les dix.

Si nous continuons à raisonner « travail = accès à la richesse produite » nous pourrions bien retourner au féodalisme, tel nombre de pays qui y sont encore, d'Afrique ou du moyen orient où seule une toute petite minorité de privilégiés nage dans l’opulence, alors que la majorité de la population meurt de faim.

Sincèrement, je pense que ceux qui ont le plus intérêt à faire perdurer le concept d’un partage de richesses produite entre « actifs-inactifs », selon un raisonnement dépassé et inadapté à notre époque, est la minorité accaparante qui cherche à cumuler « travail et richesses ». Tant que le bon peuple se déchire pour des questions d'emploi, les plus riches sont tranquilles. Et si cela ne suffit pas, ils pourront toujours agiter le spectre du collectivisme inopérant de l’ex-URSS. Enfermer la pensée humaine dans la peur et les stéréotypes, est la méthode habituelle des manipulateurs.

Crise ou pas, le constat est le même dans tous les pays depuis une trentaine d'années : une minorité d'être humains est de plus en plus riche, alors que la majorité s'appauvrit toujours plus. Personne de sensé ne conteste ce fait établi. Quoique j'en sois moins certain, les richesses mondiales produites auraient augmenté plus vite que la démographie. Ce qui semble sûr, c'est qu'elles n'ont pas diminuées.

Un petit film … pour mieux comprendre le film qui se déroule en ce moment même dans les sociétés occidentales. Un reportage en fait, proposant une solution réaliste, comparée et chiffrée, pour réconcilier les tenants de la juste récompense du travail et ceux du juste partage des richesses :http://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0
Je m’étends sur ce concept dans un autre post consacré au "revenu de base".

En attendant, bossez bien, tout en vous libérant des raisonnements préconçus, prémâchés.
« Se libérer du connu » est aussi un autre concept (de Krishnamurti), mais là c’est un peu plus long à développer (j’en ai déjà parlé par ailleurs et j’en reparlerai encore).

13 janvier 2015

De la bonne foi des imans

On pourrait légitimement douter de la totale bonne foi de certains imans quand ils affirmaient publiquement, à l’occasion de la grande manifestation du 11 Janvier 2015, leur attachement aux valeurs républicaines et laïques de la France et autres pays occidentaux qui ont choisi de faire passer les croyances et convictions religieuses de chacun au second plan, au rang de la philosophie.

Mais si personne ne commence à faire confiance à l’autre, on ne s’en sortira jamais.

Nous attendons d’eux qu’ils dénoncent l’intégrisme, non seulement publiquement (vis-à-vis de nous, l’écrasante majorité des laïques Européens, quelque soit la religion de baptême) mais surtout à l’intérieur de leur propre communauté, qu’ils participent avec nos institutions (services secrets notamment) à faire la chasse aux fanatiques, et ce non seulement en France, mais partout dans le monde.

Jusqu’à présent, de par leur silence, on ne savait pas trop ce qu’ils en pensaient. Aux dernières manifestations leur message semblait clair. Voyons s’il sera suivi d’effets, à savoir une réelle coopération avec nos institutions, une franche déradicalisation de leur prêche dans les mosquées et leurs médias (journaux, blogs, ...).

Si dans un deux ou trois ans, on constate toujours autant de jeunes de chez nous, en Occident, Europe et Amérique du Nord, partir faire le Djihad, c’est qu’il aura un problème, soit d’efficacité dans leur message, soit d’hypocrisie entre paroles et pensée.  

Ailleurs, dans les pays arabes ou en Afrique, la problématique est très différente. Les imans modérés d’Occident ne pourront rien faire pour arrêter la guerre de l’état islamique en Syrie et en Irak, s’agissant avant tout d’une guerre entres arabes, entre chiites et sunnites, d’influences géopolitiques (Pakistan par exemple) ou de simples guerres clans des pays où il n’y a plus d’État (Somalie par exemple), avec en toile de fond, en Afrique comme au moyen Orient, une dispute de pouvoir et de richesses locales (pétrole, eau et mines).

Je n’écarte pas une part de responsabilité des pays occidentaux dans ces conflits, pour des raisons économiques bien évidemment. C’est donc aussi à nous, citoyens de la République, de faire pression sur nos politiques pour qu’ils moralisent de façon contraignante les décideurs de nos hautes sphères de pouvoir, publiques et privées.

Je n’évacue pas non plus que nos interventions extérieures servent de prétexte aux salafistes pour embrigader au djihad de jeunes épris d’une naïve justice planétaire. Mais si nos médias, nos institutions et les imans font bien, chacun à leur façon, leur boulot d’information, l’engouement à l’islam radical devrait se tarir, devenir ultra marginal et sans influence, comme le sont tous groupuscules extrémistes dans le monde.

Au point où nous en sommes, nous avons tous, eux comme nous, tout à gagner à laisser les imans faire le ménage dans leur propre maison. Je suis persuadé que la grande majorité de cette « confession » (et comme les catholiques ou protestants, ils sont loin d’être tous pratiquants) a vraiment envie de vivre comme nous, de partager nos valeurs, démocratiques, républicaines et laïques.

 

« Wait and See » … !

 

@+

Jack 

11 janvier 2015

Ne ratez pas le tirage de CHARLIE HEBDO Mercredi 14 prochain !

... Non spécifiquement pour le lire, non parce que vous appréciez leur humour (personnellement je n’ai jamais été fan, ni de Charlie, ni de son prédécesseur Hara-Kiri, limite vulgaire et mauvais goût de mon point de vue), ... MAIS parce qu’il mérite de survivre justement en raison de son humour extrême qui est la preuve que nous vivons dans une société où la liberté d’expression est bien réelle (quant à l’humour extrême, il est parfaitement adapté pour répondre aux extrémismes de tous bords).
Également pour saluer le courage de ces journalistes-dessinateurs qui malgré les menaces, ont continué à s’exprimer comme ils l’entendaient, donnant la priorité à la libre expression sur leur propre vie (« la liberté ou la mort » comme le scandaient les révolutionnaires Français de 1790). 

Mais encore et surtout pour poursuivre cet élan massif et international de soutien, toutes confessions et opinions philosophiques ou politiques confondues, à nos valeurs républicaines, à notre attachement à la liberté de la presse, quelque soit-elle par définition, sans laquelle il n’y aurait pas de liberté tout court.

Ce message international, intercommunautaire, qui comme moi a du vous réchauffer le cœur, démontre à l’évidence que les fondamentalistes religieux ne sont qu’une infime minorité tapageuse et agissante. Minorité qui fait mal, certes, mais dont les idéaux ne rencontrent dans nos sociétés dites « modernes » qu’un écho insignifiant (quelques individus gravement instables, abrutis ou parfaitement inculte).

Les assassins que nous oublierons vite, ne sont que les petites mains, pour ne pas dire les « outils à usage unique » de bien plus intelligents qu’eux, poursuivant une stratégie beaucoup plus subtile et insidieuse qu’il n’y parait au premier abord.

Pensez-vous que les stratèges fondamentalistes cherchent à convertir les non musulmans ? Certainement pas !
Leur objectif bien compris de tous, est la démolition par l’intérieur de notre civilisation en dressant les communautés les unes contre les autres.

En agissant au nom de la religion musulmane, comme les nazis agissaient au nom du socialisme et de la démocratie (parti « social démocrate ») avec pour finalité de détruire les deux, les maîtres pensants du fondamentalisme espèrent que les occidentaux non musulmans se laissent aller aux amalgames d’ordre religieux ou racial. Il s’agit d’une stratégie politique aussi vieille que la civilisation pour déstabiliser un ordre établi : celle de la terreur et de la division en désignant (ou faisant émerger) une communauté bouc émissaire.

La subtilité stratégique est qu’ils s’attendent à ce que les non musulmans désignent eux-mêmes cette communauté bouc émissaire pour installer la division sociale, nous dresser les uns contre les autres, justement par le biais des amalgames.
Autrement dit, les intégristes sacrifient les membres de leur propre communauté religieuse vivant sur nos sols et partageant nos valeurs (les « apostats » comme ils disent, qui ne respectent pas leur interprétation stricte et imbécile du coran ... justification hypocrite pour motiver leurs guerriers, mais qui n’est en fait qu’une manipulation de plus pour atteindre le but final).

A nous, laïques et croyants modérés de tous ordres de ne pas nous faire berner, de tenir et de continuer à croire en nos valeurs républicaines dont le multiculturalisme fait partie.

Ne cédons pas à la peur et aux amalgames. Au contraire, rassurons et encourageons dés que nous le pouvons l’immense majorité des musulmans avec qui nous partageons le même mode de vie, à poursuivre leur mouvement de désapprobation de l’intégrisme, en Europe comme partout dans le monde.
Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons espérer que les organisations djihadistes finissent par se déliter faute de combattants, les musulmans tentés par l’aventure du djihad comprenant enfin qu’ils sont manipulés d’un bout à l’autre pour servir des intérêts particuliers, voire carrément mafieux et en tout cas, très éloigné de leur religion.

Il existera toujours des groupuscules tout aussi ultra-violents qu’ultra-minoritaires comme les néonazis, skinheads ou autres dégénérés, l’important étant qu’ils restent sans audience.
Vu le tsunami de désapprobation auquel nous venons d’assister, je pense que le mouvement intégriste musulman finira par se réduire à la dimension des autres mouvements intégristes religieux et sectaires, dans la marginalité des aberrations intellectuelles.   

Depuis la nuit des temps humains, la religion n’a été qu’un outil de manipulation, de pouvoir, voire un commerce rentable. C’est encore le cas dans les pays où règnent toujours la misère matérielle et morale.
En apparence c’est une guerre entre le savoir et l’obscurantisme, alors que dans le fond c’est une révolte des plus démunis, de ceux qui n’ont rien contre ceux qui détiennent tout, de la connaissance aux richesses matérielles.

La crise exacerbe encore plus ces écarts. Si dans l’urgence nous devons énergiquement défendre notre civilisation par les armes comme nous le faisons (coalition en Irak-Syrie, déglinguer les terroristes sur nos sols), à plus long terme il est essentiel que les États les plus riches de la planète aident les plus pauvres à lutter, d’abord contre la faim et la corruption, et ensuite contre l’ignorance. Non seulement par charité, mais aussi par simple calcul économique et social pour stabiliser le monde et garantir le mode de vie auquel nous tenons.

En attendant, le phénomène étant mondial, aucun pays ne sera à l’abri. C’est une nouvelle forme de guerre mondiale, contre un ennemi multinational et multiforme, qui se fond dans la population et dont la cible prioritaire est cette même population.

Pour l’heure et c’est rassurant, la majorité est enfin sorti de son silence coupable pour dénoncer les théories malsaines et aberrantes d’une minorité bruyante.

En tout état de cause, si au moins une chose devait être sacrée en ce monde, c’est bien la liberté de penser et de s’exprimer, non par la violence mais par la parole, l’écrit et le dessin.
Les religions et leurs dieux ne sont d’ailleurs qu’une expression de la pensée humaine et la liberté de culte est tout aussi essentielle que la liberté de critiquer le culte.
 
Alors bien évidemment que je suis CHARLIE !
Lequel ou laquelle d’entres vous aurait-il pu en douter ?

 
@+
Jack  
 
... Que demeurent les caricatures de toutes les expressions de la bêtise !